Le mot du DP

Par Achille AHOSSINOU

« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». (Albert LONDRES 1929)

Plus que les paramédicaux, le gouvernement a péché

Au niveau de l’intersyndical des paramédicaux en grève, la cause n’est plus la même. Le Syntra-CNHU de Théophile DOSSOU a appelé ses militants à reprendre service dès cette semaine. Il dit avoir sondé sa troupe qui, visiblement, serait fatigué du mouvement. Mais ce serait trop d’y voir un sursaut patriotique, après avoir laissé mourir plusieurs dizaines de malades. Tout le monde avait lancé le cri de détresse : comment réparer les dommages qui auraient été causés si un jour les paramédicaux venaient à être eux-mêmes fatigués du mouvement. Les grévistes avaient affiché un jusqu’auboutisme débordant face aux différents appels à l’apaisement et au réalisme. Maintenant sous la menace de la défalcation sur salaire pour fait de grève, les grévistes baissent la tension et veulent être applaudis pour un prétendu sursaut patriotique. Qui veulent-ils tromper après avoir sacrifié plusieurs vies humaines pour question de primes ? Et c’est le gouvernement qui a le plus péché, pour n’avoir pas pensé assez tôt au recrutement de paramédicaux ad hoc. Ils sont des milliers formés dans ce sens qui attendent d’être recrutés pour un premier emploi dans le secteur public. Mieux, le gouvernement aurait dû évoquer très tôt la menace légale de la défalcation sur salaire que le mouvement n’aurait pas duré si longtemps ; le fonctionnaire béninois étant naturellement très sensible à son salaire ne lui suffisait pas. C’est donc le gouvernement qui a péché même si rien ne saurait excuser cette bêtise criminelle de grévistes radicaux.

En tout cas, il est écrit quelque part dans la Bible que nous vivons par l’esprit. Tâchons de marcher aussi selon l’esprit. Il est des excuses qui sont difficiles à accepter. Comment consoler la famille de cette pauvre dame morte avec deux de ses bébés ? Au-delà de l’appel du Syntra-CNHU, c’est toute une conscience professionnelle qui est à re-façonner ; c’est tout un secteur qui est à repenser. C’est tout un corps qui est à re-créer ; c’est tout un serment qui est à re-prêter. Ce dernier verbe peut ne pas exciter ; vous le comprenez quand-même. Carton rouge donc à ces grévistes qui, après avoir escorté majestueusement Satan, veulent maintenant dîner avec le bon Dieu. Bon appétit quand-même, messieurs !

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