Fidélité renouvelée des Soglo au G4

(La solidarité entre leaders politiques n’induit pas forcément une solidarité entre militants de base)

 

Face aux rumeurs persistantes faisant état de l’entrée prochaine de la Renaissance du Bénin au gouvernement, Léhady Soglo apporte le démenti formel depuis les Etats-Unis où il séjourne depuis plusieurs jours. Solidarité de l’alliance oblige, les leaders politiques du G4 se formalisent et s’accommodent d’une hypocrisie politique inqualifiable, pour masquer une solidarité relative. Mais la clarification s’imposera d’elle-même de fait.

 

Par Jacques SEGLA

 

Deux raisons fondamentales expliquent l’hypocrisie ambiante au sein du G4. Primo, c’est la vie interne effervescente de chaque parti en alliance au sein du G4 qui pose problème. Les querelles politico familiales ont installé le doute, doute qui a emporté les convictions des militants RB qui ne savent plus à quel saint se vouer. La Renaissance du Bénin est traversée par des courants politiques contradictoires qui obligent chaque jour les militants à se demander de quel côté pencher. Autrement dit, la cause n’est plus commune ; et chaque militant choisit son camp en fonction de ses affinités personnelles avec ‘’Maman’’ ou ‘’Papa’’.

Aussi faut-il remarquer que les crises répétées au sein des partis qui composent le G4 ont souvent donné lieu à des dissidences qui ont fragilisé la RB, le PRD, le PSD, et le MAEP. Aujourd’hui, militants à la base ne sont plus en ordre de bataille. C’est plus qu’un secret de polichinelle. Et alors, au nom de quels militants les leaders G4 osent-ils parier avec tant d’assurance. Cela paraît parfois ridicule.

Car, ces leaders ne tiennent la légitimité de leur engagement que de leurs militants à la base ; ces militants qui ne partagent pas forcément l’idéal de ‘’l’Union fait la Nation‘’ qui n’a de sens que dans la tête de Léhady Soglo et de Me Houngbédji. Et pour cause. Les deux tiennent toutes leurs espérances politiques de la matérialisation de cet idéal.

 

Secondo, il y a cette rivalité sournoise entre Léhady Soglo et Me Houngbédji, dans la perspective de la présidentielle de 2011 pour laquelle le G4 souhaite présenter un candidat unique. Mais comment choisir ce candidat qui puisse faire l’unanimité ? Deux hypothèses divisent le groupe. La première tient au droit d’aînesse qui donnerait la chance à Me Houngbédji au détriment de Léhady Soglo qui devra différer ses ambitions pour plus tard. Pour diverses raisons, les renaissants s’offusquent de cette hypothèse jusqu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années.

Ils évoquent un hypothétique devoir de mémoire et l’influence des Soglo dans le Littoral, pour tenter d’incliner Léhady Soglo à opposer l’hypothèse des primaires à celle du droit d’aînesse. Et même dans l’hypothèse des primaires, d’autres difficultés subsistent. Comment recenser le corps électoral et définir l’organe de supervision sans provoquer de contestations à la base.

Dans le jeu politique, les susceptibilités sont très vives. Car, l’intérêt inhibe la raison. En clair, la solidarité proclamée à cor et à cri ne relève que d’apparence hypocrite. La solidarité entre les leaders n’induit pas nécessairement une solidarité active entre les militants de base.

Alors, personne ne peut aujourd’hui parier sur l’effectivité d’une candidature unique du G4 à la présidentielle de 2011. Encore que là nous faisons abstraction du silence inquiétant du MADEP et du PSD sur cette question de candidature unique.

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