Présidentielle de 2011/ Et si Boni Yayi se déclarait non partant?
Devant le fait accompli, les opposants farouches étaleraient leurs tares congénitales
L’effer
vescence de l’actualité politique nationale atteste bien que 2011 est déjà dans tous les débats. Boni Yayi essuie le courroux de ses adversaires politiques de l’heure dont le seul souci est de l’évincer en 2011.
Tous s’acharnent sans pitié sur le locataire du palais de la Marina, croyant avoir déjà bien maîtrisé tous les impondérables de cette compétition politique qui s’annonce comme un combat de gladiateur.
Quelqu’un a-t-il déjà soupçonné le cas de figure où Boni Yayi ne serait pas partant ? Ce n’est pas évident. Et pourtant…
La solidarité apparente des opposants au régime Yayi ne paraît pas absolument très efficace et porteuse d’espoir d’une alternance crédible. Mais l’adversaire Yayi étant de taille, ils font semblant de s’entendre pour faire leur activisme ambiant, ils prévoient tout sauf l’hypothèse d’une non-partance de l’adversaire commun en 2011. Alors, ils oublient ainsi d’aplanir les divergences internes qui affaiblissent leur rage commune.
Et si en 2011, Boni Yayi décidait de laisser les politiciens faire leur jeu, et se mettait délibérément à l’écart ? Il sortirait royalement honoré par la grande porte. Il rentrerait ainsi, un peu comme Nicéphore Soglo qui, après la période transitoire, n’avait fait qu’un seul mandat où il avait engagé de grandes réformes macro-économiques que tout le monde apprécie aujourd’hui à leur juste mesure. L’histoire, dit-on, commence toujours à retardement. Nicéphore Soglo aura mis le pays, économiquement déclaré, sur l’orbite du développement. Autrement dit, si Boni Yayi se résout à se contenter d’un seul mandat, il sera salué comme un héros. Mais tout de même, il aura déjoué tous les pronostics, avec des opposants déboussolés devant le fait accompli. Avec tous les schémas faussés, la face à face du second tour deviendrait une gageure.
Bio Tchané – Andrien Houngbédji au second tour donneraient du fil à retorde aux partisans de chacun d’eux. Un face à face Léhady – Houngbédji ne serait pas non plus à écarter, puisque, Boni Yayi non partant ferait voler en éclat l’homogénéité du G4, en même temps que l’idée de la candidature unique. Le désarroi serait total ; l’opinion aurait le temps d’apprécier, et Boni Yayi en tirerait un nouveau crédit de popularité. La gestion des affaires de la Nation est comme l’été qu’on ne regrette qu’en automne car, on jouit moins de ce qu’on gagne que de ce que l’on perd. Le Chef de l’Etat comprendrait également qu’il faut savoir laisser les choses avant que les choses ne vous quittent. Nelson Mandela a été grand en se satisfaisant d’un seul mandat présidentiel en Afrique du Sud. L’entrée dans l’histoire ne se mesure donc pas à l’aune du nombre de mandat présidentiel.
Par conséquent, Boni Yayi gagnerait à jouer ce tour inattendu en 2011. Dans cette perspective, il devrait multiplier pour l’heure les opérations de charme et les propositions alléchantes à l’endroit de ceux qui le vouent aujourd’hui aux seules questions essentielles de développement. Pourquoi le Bénin ne ferait-il pas cette nouvelle surprise au monde ?

19 octobre, 2009 @ 11:07
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