Situation socio-économique nationale préoccupante:Le Bénin court-il le risque d’une cessation prochaine de paiement des salaires
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Même nue, dame rumeur court les rues au Bénin, avant de se parer de ses meilleurs habits, pour se confirmer comme réalité. En effet, plus qu’une alerte, la rumeur de plus en plus persistante d’une cessation imminente des salaires enveloppe la situation socio-politique déjà délétère au Bénin.
Où en sommes-nous ? Le Bénin court-il réellement le risque d’une cessation prochaine de paiement des salaires ?
Le réalisme politique impose aujourd’hui à nos gouvernants de ne plus faire économie de vérité. Depuis plusieurs mois, le bruit court que le Bénin sera bientôt incapable de payer les salaires à ses agents permanents de l’Etat. L’intensification de la rumeur avait obligé, en mai dernier, le président du RMP,
le Bâtonnier Jean Migan, à se rapprocher du Trésor Public pour, avait-il rassuré, constater qu’aucune menace ne planait sur les salaires des fonctionnaires de l’Etat. Mais dame rumeur ne démord pas ; elle résiste aux assauts fébriles de partisans politiques habitués à la force ; et, à mesure que le temps passe, elle accroche l’opinion qui se déconnecte de plus en plus des espoirs suscités par le changement à l’avènement du président Boni Yayi. Occasion pour les adversaires du régime de faire de la récupération, en amplifiant davantage la rumeur.
Nous sommes sur un terrain politique où le moindre faux pas de l’adversaire est toujours la bienvenue. C’est la fin qui justifie les moyens. Ainsi, on parle de rackette des sociétés et entreprises d’Etat, de la vente de la part de l’Etat dans Continental Bank, d’un deal avec certains opérateurs GSM, et des frais de l’escorte des véhicules d’occasion qui permettraient à l’Etat de tenir le pari du paiement régulier des salaires depuis le mois de mai dernier.
L’opposition s’en saisit conséquemment pour acculer le gouvernement de soupçons d’indiscipline budgétaire. Ironie du sort, c’est dans cette confusion indescriptible qu’intervient le rapport « DOING BUSINESS 2010 » de la Banque Mondiale peu favorable à notre pays comme pour amplifier la psychose. Il suffira désormais d’un petit retard des salaires pour que la tension explose, vu que tous les ingrédients psychologiques ont déjà assaisonné le menu. Il ne faut pas plus pour que le gouvernement monte au créneau pour apporter toutes les clarifications objectives nécessaires à rassurer l’opinion. En tout cas, l’heure n’est plus à l’hypocrisie, encore moins à la démagogie. Il faut anticiper les crises.

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