Arrêt prématuré du service militaire d’intérêt national/ Encore une gaffe de Yayi
(L’honorable Sèhouéto avait raison)
Après deux années d’expérience sous le changement, le service militaire d’intérêts national (SMIN) est désormais noyé dans une politique d’improvisation et d’aventure risquée. Le gouvernement a décidé d’arrêter l’expérience, vu que les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. L’expérience n’a pas été concluante. Les appelés n’ont servi que de cobayes.
Leurs cris de détresse répétés ne tombent que dans des oreilles de sourd. Le pouvoir a fini par se rendre à l’évidence des revers des effets d’annonce. Jeudi dernier, lors de la démobilisation de la deuxième promotion des appelées, le ministre Armand Zinzindohoué a, sans ambages, signifié aux appelés que la loi ne leur a jamais garanti l’emploi ou l’intégration sociale. A tous égards, le ministre de l’intérieur confirme qu’il reste l’homme des missions délicates. Sinon, les jeunes appelés n’ont jamais dit que c’est la loi qui leur garantit l’insertion sociale. Pour toutes fins utiles, il faut rappeler que c’est le chef de l’Etat en personne qui leur a fait miroiter de promesses mielleuses le 29 janvier dernier, parce que séduit par l’engagement et la ferveur des braves appelés de la première promotion.
Par leur grogne répéter, ces derniers n’ont fait que rappeler au président de la République les privilèges qui leur ont été promis. Jeudi dernier, les uns et les autres ont pris acte du revirement de la situation. Le ministre Zinzindohoué, émissaire attitré du chef de l’Etat, est allé remercier en monnaie de singe les appelés du SMIN au nom du gouvernement.
Il ne faut pas regretter après que ces militaires ratés versent paradoxalement dans la grande criminalité pour jouer leur survie. Ventre affamé dit-on n’est jamais sensible aux vertus, même les plus élémentaires. Les appelés, démobilisés dans les conditions que nous connaissons actuellement sont des malfrats virtuels. Nous sommes à deux pas de 2011 où ces jeunes peuvent être récupérés à des missions les plus folles, pour assouvir des fins politiciennes peu recommandables. On ne leur en voudra pas pour autant.
Dans la nécessité, on n’a pas le choix. L’honorable Lazare Sèhouéto en particulier, et tous les députés de l’opposition en général qui avaient émis des réserves sur la relance de l’expérience du SMIN, avaient donc raison de n’avoir pas voulu accorder leur caution à une initiative mal mûrie. Nous sommes au cœur de ce que l’autre a appelé ‘’gouvernement ventilateur’’.
Qu’on ne dise donc plus que l’opposition ne fait pas de propositions alternatives au gouvernement. Boni Yayi n’a jamais pris au sérieux les réserves émises par ses adversaires sur des initiatives jugées trop hasardeuses par ces derniers. Nous sommes loin de la gouvernance concertée que l’on clame sous tous les cieux dès que le gouvernement a le dos au mur. La gouvernance est moins dans les discours que dans les actes.

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