Fameuse guerre des primes au Bénin

 

 

     Malgré l’accalmie apparente, l’administration béninoise tourne toujours au ralenti et au rythme des guerres de primes. L’élan revendicatif des marcheurs a sans doute baissé. Mais ce n’est pas pour autant que l’administration publique tourne réellement à plein régime. La décision de la suppression de la prime exceptionnelle de motivation a plongé 13 départements ministériels dans le cycle interminable des grèves hebdomadaires de 72 heures. Le gouvernement, à certains niveaux, semble avoir opté pour l’usure. Ce n’est peut-être pas la meilleure option, en ce moment de crise où le pays a besoin de travailler pour accroître les richesses nationales. Récemment, une mission du Fonds Monétaire International avait relevé un dépassement exagéré dans les primes accordées aux travailleurs. Le gouvernement a le dos au mur, et doit par conséquent reprendre l’initiative du dialogue social, pour pouvoir négocier et relancer le consensus nécessaire aux sacrifices à consentir pour faire face à la situation. Pour que ces sacrifices soient facilement acceptés de tous, le gouvernement doit jouer sur la fibre de la vertu de l’exemple, en réduisant, de façon sensible, le train de vie de l’Etat. L’heure ne se prête plus aux hypocrisies. Le chef de l’Etat doit ouvrir un dialogue franc avec les partenaires sociaux pour vider le dossier des primes qui vicie l’ambiance de travail dans l’administration publique depuis plus d’un an. C’est la condition sine qua non pour remettre véritablement la nation au travail.

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