Entretien avec Mohamed Dabara, alias Aladji Grand Boubou:
« Le présent me décourage, l’avenir m’inquiète et je me demande quel Bénin Yayi veut laisser aux béninois en 2011 » Depuis un certain temps, Aladji Grand Boubou s’invite dans les débats politiques surtout ceux qui concernent son pays. Ce bond lui vaut tous les noms et des inimitiés. Certains pensent qu’il est couturier et qu’il ne devrait pas s’immiscer dans les affaires politiques. D’autres estiment qu’il affabule parce que n’ayant pas la culture nécessaire pour aborder avec sérieux les questions politiques. Votre journal l’a rencontré pour vous. Lisez plutôt.
La Nouvelle Génération : Aladji Grand Boubou, que répondez-vous à ceux qui pensent que vous êtes couturier et que vous ne devriez pas vous vêtir d’un boubou politique ?
Aladji Grand Boubou : je ne suis pas couturier de profession. Je suis promoteur d’une industrie de couture. Je ne pense pas qu’il existe déjà au Bénin, une école où on va pour apprendre à être politicien et sortir avec des diplômes exclusivement politiques. La politique est l’art d’organiser la cité. Je suis membre de la cité. Ceux qui veulent m’écarter de la chose politique ont leur raison qui doit être irraisonnée.
LNG : Et à ceux qui disent que vous affabulez ?
AGB : Ils sont contre la vérité. C’est vrai qu’elle blesse, mais il vaut mieux l’accepter et se faire gouverner par elle.
LNG : 2011 n’est pas loin même si elle n’est pas proche. Que dites-vous de la gestion du Bénin par Dr Boni Yayi ?
AGB : J’ai comme l’impression que le Chef de l’Etat n’a pas lu Joseph Ki-Zerbo qui a déclaré dans son ouvrage ‘’A quand l’Afrique’’ que : Plus le pouvoir est partagé, plus il grandit, et que le pouvoir est comparable à un œuf qui se casse entre les mains lorsqu’il est serré trop fort ou glisse de la main et se casse aussi lorsqu’il n’est pas tenu suffisamment ferme. Tous les maux dont souffre le pouvoir Yayi viennent de cette pensée de Ki-Zerbo.
LNG : Voulez-vous dire que le bilan à mi-parcours est négatif ?
AGB : Les béninois sont déçus par les maladresses répétées du Chef de l’Etat. Le changement prôné n’a pas eu lieu. Le discours de campagne s’est révélé contraire aux pratiques réelles. Le Bénin est dépiécé, et dépecé. L’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé. Il faut une nouvelle solution pour les problèmes auxquels font face les Béninois.
LNG : de quelle solution voulez-vous parler ?
AGB : je veux parler de la solution ABT en 2011. Abdoulaye Bio Tchané, actuel président de la Boad est celui qui redonnera espoir. Il incarnera le vrai changement. Il n’aura pas la tâche facile, en raison de l’état délabré dans lequel Boni Yayi laissera le Bénin en 2011. Mais, il sonnera la fin de la recréation et mettra le pays au travail.
LNG : vous parlez de quelqu’un dont la candidature à la présidentielle de 2011 n’est pas encore sûre ?
AGB : Elle est plus que sûre. C’est d’ailleurs pour cette raison que son fils a échappé à un assassinat et que la route Djougou-Ouaké-Frontière Togo a été inaugurée sans lui.
LNG : Pourquoi pensez-vous à un duel entre Yayi et Tchané alors que la coalition G et F aura aussi son mot à dire ?
AGB : la candidature qui fait le plus peur à Boni Yayi, ce n’est pas celle qui sera issue des G et F, mais celle de Bio Tchané. Il en est ainsi parce que le Nord ne sera plus la chasse gardée de Yayi et il sait très bien qu’il n’a rien à espérer du Sud.
LNG : Vous semblez être trop remonté contre Yayi ?
AGB : j’avais placé confiance et espoir en lui. Il m’a déçu et m’a laissé à mes larmes. Il m’a abandonné dans un présent qui me décourage, avec un avenir qui m’inquiète et je me demande quel Bénin Yayi veut laisser aux Béninois en 2011.
LNG : Vous avez le secret des résultats du scrutin de 2011 ?
AGB : Je ne suis pas devin encore moins charlatan. Mais, la raison hypothético-déductive me fait dire que la Marina connaîtra un nouveau locataire en 2011.
LNG : votre mot de fin.
AGB : j’exhorte les béninois à la patience et au courage car la délivrance n’est plus loin. Propos recueillis par Pius Zongo.

Laisser une reponse