Projet de budget controversé exercice 2010/La part de responsabilité du gouvernement

( Le budget général de l’Etat exercice 2010 est au cœur de tous les commentaires depuis quelques jours. La session budgétaire qui s’est ouverte au parlement ce mardi en a rajouté la polémique. Mais c’est la colère des partenaires techniques financiers contre le gouvernement qui focalise plus l’attention. Et pour cause par Jacques Segla Le budget général d’un Etat est a priori une question de souveraineté qui ne devrait tolérer aucune interférence étrangère. Chaque pays a la souveraineté de ses options économiques et financières. Mais depuis que le Bénin est assujetti au Programme d’Ajustement structurel auprès du Fonds Monétaire International (FMI), et que notre pays n’est plus capable de boucler son budget sans garantie financière extérieure, la souveraineté est devenue relative. Le budget général de l’Etat est chaque fois tributaire de lourdes dettes extérieures. Dans ce cas, comment peut-on souverainement exécuter le budget sans trébucher sur des obstacles de parcours.

Exceptionnellement, le projet de budget en étude est frappé cette année par les effets pervers de la crise économique internationale. Cela devrait inspirer au gouvernement des précautions particulières dans son élaboration. Mais de toute évidence, cela n’a pas été de mise. Même les députés proches du pouvoir ne sont pas tous au même niveau d’informations préalables sur ce projet de budget.

Le contexte socio-politique tendu ne peut pas ne pas induire des difficultés de taille pour le consensus à réaliser dans l’étude du budget. L’opinion est préparée aux débats houleux qu’annonce l’étude du projet du budget exercice 2010. Il faut ajouter à tout cela la colère et l’indignation des partenaires techniques financiers contre le gouvernement. En effet, ce budget prévoit un endettement de 396 milliards de F.CFA dont plus de 62% sont attendus des bailleurs de fonds qui n’ont pourtant pas été consultés avant que le projet ne soit bouclé et envoyé à l’Assemblée Nationale le 20 octobre dernier, un délai limite qui montre d’ailleurs que le gouvernement a été surpris par le temps.

Ce qui laisse entrevoir des précipitations de dernière heure dans le bouclage du dossier. Qu’on ne s’étonne donc pas si à l’étude de ce projet de budget général de l’Etat, les députés en viennent à relever des détails susceptibles de bloquer le processus. On ira peut-être à une ordonnance. Et Boni Yayi en perdra inévitablement des plumes. Pour un homme d’Etat qui rêve de rempiler à la fin d’un premier mandat, gouverner par ordonnance paraît comme un suicide politique. Les choses sont compliquées pour Boni Yayi qui n’est plus assuré du consensus politique des lendemains de sa victoire en 2006. S’il doit aussi subir la hargne des bailleurs de fonds, juste par simple maladresse, il y a de quoi parler d’un cauchemar pour le chef de l’Etat accusé de toujours mettre la charrue avant les bœufs. Mais, gouverner n’est-il plus prévoir ?

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