Malaise au sein de la mouvance présidentielle:Les partisans de Boni Yayi veulent-ils vraiment de sa victoire en 2011 ?

 

   L’ambiance délétère au sein de la mouvance présidentielle n’est plus un secret pour personne.

Par Jacques  SEGLA

C’est par simple scrupule qu’on n’a pas encore assisté à des affrontements physiques entre les membres d’une même famille politique. Mais le malaise est profond et flagrant. La mouvance présidentielle s’effrite. La barque cauris est entrain de tanguer et on se demande si vraiment les partisans de Boni Yayi veulent de sa victoire en 2011.

 

Au moment où l’alliance des G et F s’emploie à tenir le pari d’une solidarité politique inédite, la famille cauris se fragilise chaque jour, à l’épreuve de la gestion de ses avantages actuels. La malaise s’intensifie sur fond de graves dissensions indécentes, entretenue par des rivalités préjudiciables à l’union souhaitée par le président Boni Yayi, dans la perspective de 2011. L’espoir suscité par l’avènement de l’UMPP s’est érodé au gré d’humeurs fumantes et contradictoires dans tous les coins du pays où on assiste à une décentralisation des rancoeurs. L’autre semaine, Zè s’est affiché malheureusement dans le palmarès des intrigues politiciennes. Les partisans cauris de la localité s’entredéchirent sous le regard complice de personnalités politiques bien connues. A Abomey-Calavi la naissance du parti pour l’Union Républicaine du ministre Tokpanou est venue confirmer le malaise cauris dans cette commune qui fait l’objet de grandes convoitises politiques, et qui abritait déjà de vives rancoeurs entre FCBE de première heure et mouvanciers de la 25ème heure. Dans la région Agonlin, c’est à peine que le ministre Roger Dovonou et l’honorable Janvier Yahouédéou entendent les appels répétés des populations à la réconciliation. Les deux frères ennemis sont tenus dans la rigueur d’une lutte politique sans merci. Sur le plateau du Zou, les partisans cauris se regardent en chiens de faïence. Eloi Aho, Francic Aguénoukoun et l’honorable kindjanhoundé entretiennent des antagonismes à peine voilés, qui ne manquent pas de déteindre sur les programmes alléchants de développement que propose le gouvernement central pour la région. Personne n’a encore oublié la lourde de Nicaise Fagnon à Dassa où la lutte politique se réduit aujourd’hui à un clivage Fagnon-Dassoundo. Cette lutte effrénée au sein de la mouvance a d’abord fraternellement divisé Savalou en deux blocs. L’est supposé contrôler par Désiré Adadja et l’ouest contrôler par Mr Affo Dendé. Ensuite, l’honorable Edgar Alia s’affiche comme le père incontesté des FCBE à Savalou. Savè enregistre également cette même guéguerre entre le député Dénis Obachabi et le coordonnateur du PPMA André Biaou Okounlola. Parakou n’échappe pas cette rivalité de clans où l’honorable Rachidi Gbadamassi et le député Samou Adambi apparaissent comme des figures de prou des mises en scène politique. De l’autre côté du septentrion, le député Justin Sagui et le président du MOFED David Nawan sont subtilement opposés par un théâtre inouï de destruction réciproque. Dans l’ouémé, les adversités politiques sont plus atypiques entre Ataou Sofiano et l’honorable Sofiatou Tchanou qui sont dans la logique du ‘’je t’aime moi non plus’’. Dans le plateau, l’atmosphère politique n’est pas reluisante. Le ministre François Abiola joue tous les atouts pour supplanter ses frères politiques avec qui il aurait dû négocier une synergie d’action pour l’efficacité des stratégies politiques dans la perspective de 2011. Quant au ministre Bernard Lani Davo, il joue en solitaire dans son couffo natal longtemps considéré comme une citadelle imprenable. Mais c’est trop tôt de se laisser aller à un triomphalisme béat. Le PSD reste le maître du jeu malgré les ferveurs populaires qui ont accueilli Boni Yayi lors de sa récente tournée dans la région. Comme quoi, le ministre Davo doit changer le fusil d’épaule et de stratégie s’il tient à faire des percées notables en faveur de Boni Yayi en 2011. Comme on le voit, la mouvance présidentielle est sérieusement fragilisée par des querelles de clochet dont Boni Yayi pourrait faire les frais si dès maintenant il ne mettait pas un frein aux parades solitaires à travers des slogans et incantations qui n’ont de sens que dans les tintamarres folkloriques fortement médiatisées. Ce n’est pas à l’aune des shaws politiques qu’il faut mesurer l’assise politique d’un homme d’Etat, surtout au Bénin où les politiciens ont coutume de porter des masques qui ne laissent pas transparaître leurs convictions premières. Boni Yayi doit reprendre son destin politique en main car, la cause n’est plus commune au sein la mouvance présidentielle.

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