Polémique autour de la réalisation de la LEPI:A quoi jouent réellement les acteurs politiques ?
Le processus de réalisation de la Lépi continue d’enflammer les passions politiques. Dans ce feuilleton Lépi, chaque jour s’enrichit d’un nouvel épisode qui menace la paix et la cohésion sociale. Tout se joue sur un fond de ruse politicienne et de calculs machiavéliques. Aucun des protagonistes ne semble disposé au dialogue franc qui devrait amener le consensus nécessaire à la réalisation d’une Lépi.
Après les bégaiements du vote de la loi sur la Lépi, tout le monde croyait que le pire était désormais du passé, et que plus rien ne devrait entraver la réalisation de ce précieux instrument électoral, dont la finalité est de réduire les contestations post-électorales souvent sources d’imprévisibles atrocités. Le Bénin a jusqu’ici trouvé le génie nécessaire pour éviter les escalades de violence post-électorales dont nous avons toujours été témoin à distance. Mais ce n’est pas tout le temps que Dieu va nous assister, sur tout lorsque les bêtises sont susceptibles d’être évitées par simple attitude conséquente de prévoyance. Ce qui se passe actuellement autour de la Lépi est extrêmement grave et inquiétant.
Les faits semblent donner raison à l’honorable Lazare Sèhouéto qui, lors de l’étude de la loi sur la Lépi, avait émis de pertinentes réserves, balayées d’un revers de la main par une majorité parlementaire artificiellement euphorique à l’idée que la Lépi était la panacée pour garantir en 2011 des élections transparentes et crédibles. Pour sa part, le député Janvier Yahouédéou avait lui aussi soutenu que notre pays n’était pas techniquement prêt pour réaliser cette Lépi.
Ceux-là, qui avaient été stigmatisés comme des oiseaux de mauvaise augure hostiles à la modernité, peuvent aujourd’hui être loués comme des prophètes émérites. Depuis l’installation de la commission politique de supervision, le processus de réalisation de la Lépi n’a cessé de trébucher.
Le consensus peine à se réaliser autour des grandes questions à polémique. Cette commission qui devrait être indépendante par essence s’est vite affaiblie par un clivage Mouvance-Opposition. Du coup l’intérêt de la Lépi est baisé à l’autel des considérations philippiques. Depuis quelques jours, l’opposition ne cesse de tirer la sonnette d’alarme, en émettant des réserves quant à l’issue heureuse du processus. Elle ne cesse non plus de mettre garde les partenaires au développements qui sont prêts à financer l’opération. Plusieurs fois, elle est montée au créneau pour accuser vertement le supervisuer général Epiphane Quenum d’être de mèche avec le gouvernement qui s’apprêterait à offrir au peuple béninois une Lépi à polémique qui à terme, sera source de vives contestations.
Mais apparemment, le gouvernement, accusé d’implication maladroite, joue à l’indifférence face aux jérémiades de cette opposition qui met en garde contre une Lépi tronquée. Le chef de l’Etat, dans sa détermination jusqu’auboutiste à réaliser cette Lépi contre vent et marées, ne parvient pas à se mettre au-dessus de la mêlée. Les rancoeurs s’amplifient du côté de l’opposition qui tranche avec les scrupules d’usage. Avec le démarrage manqué du recensement lundi dernier, les inquiétudes sont grossies de façon atypiques.
Mais le gouvernement rassure toujours, et le superviseur général Mr Epiphane Quenum se veut très optimiste. Il va falloir que tous les protagonistes ramènent la balle à terre pour négocier le consensus pour une Lépi acceptée par tous. En tout état de cause, il est impérieux d’éviter à notre pays des troubles socio-économiques qui pourraient mettre à mal la stabilité politique et la cohésion sociale que le reste du monde nous envie avec convoitise. Sacrée Lépi qui a déjà envoyé en prison Alain Adihou pour trois ans, et qui nous réserve encore des soubresauts inquiétants, aux dimensions multiples.
Les protagonistes de cette polémique inutile devraient se garder de l’offre d’un tel cadeau empoisonné au peuple béninois qui, à défaut du pain, veut être au moins assuré de la paix sociale. Vivement donc le consensus.

Laisser une reponse