Défalcation sur salaire pour fait de grève légitime:Le gouvernement viole la loi sur le droit de grève et engage un bras de fer suicidaire
Face à la grève qui paralyse l’administration publique depuis plusieurs mois, le gouvernement a fait l’option de la stratégie de l’usure et de l’impasse. Il avait cru pouvoir venir à bout du radicalisme des syndicalistes en jouant au pourrissement, par la menace de ponction sur les salaires des travailleurs grévistes. Mais l’arme agitée n’a pu altérer l’engagement des travailleurs en grève, dont la résistance repose sur l’esprit de la loi N° 2001-2009 du 14 mai 2001, portant conditions de jouissance du droit de grève au Bénin. Par Pius Zongo Le gouvernement a fini par mettre sa menace à exécution. En effet, des agents de l’Etat en grève ont connu des défalcations drastiques sur leurs salaires de novembre 2009. Le week-end écoulé, le sujet était au cœur de toutes les concertations syndicales. Les travailleurs ont renouvelé leur engagement à poursuivre la lutte sans repit, jusqu’à la satisfaction totale de leurs légitimes revendications. A l’occasion, les responsables syndicaux ont rappelé le contenu de la loi 2001-2009 du 14 mai 2001, portant conditions de jouissance du droit de grève au Bénin. Et que dit cette loi ? « TITRE 1 : Du droit de grève Article 1er : Conformément à la constitution, l’Etat reconnaît et garantit à tous les travailleurs du Bénin le droit de grève TITRE II : Du champ d’Application Article 2 : les dispositions de la présente loi s’appliquent aux personnels civils de l’Etat et des collectivités territoriales, ainsi qu’aux personnels des établissements publics, semi-publics ou privés, à l’exception des agents à qui la loi interdit expressément l’exercice du droit de grève. TITRE VI : Dispositions diverses et finales Article 24 : Toute grève entraîne une réduction proportionnelle du traitement ou salaire et des accessoires, à l’exception des allocations familiales. Aucune réduction moins d’une journée Article 25 : les grèves ayant pour motifs la violation des libertés fondamentales et des droits syndicaux universellement reconnus ou le non-paiement des droits acquis par les travailleurs, ne donnent lieu à aucune réduction de salaire ou de traitement. Sont considérés comme droits acquis ceux qui sont travailleurs et à défaut de cet accord, ceux qui sont déclarés tels par une décision de justice passée en force de chose jugée. » En clair, le gouvernement vient ainsi de violer la loi en son article 25. On ne peut pas faire des ponctions sur salaire à des travailleurs qui réclament, des droits acquis dont on veut les priver injustement, à des travailleurs qui refusent d’inhaler le ciment pour se taper un cancer de gorge et de poumons. Autrement dit, au lieu de négocier, le gouvernement a fait l’option d’un bras de fer inutile dont il ne peut sortir sans perdre des plumes. Car c’est l’avenir du dialogue social qui est ainsi compromis, dans un contexte de triple crise économique, politique et sociale.

Laisser une reponse