Affaire GBB:Qui veut la tête de Simon Pierre Adovèlandé ?
Depuis vendredi 25 décembre dernier, Simon Pierre Adovèlandé est dans les mains des RAID (unité spécialisée de la police). En effet, en sa qualité de président du conseil d’administration du Groupe Betsaleel Building (GBB), il serait trempé dans une affaire de plusieurs milliards avec la Société pour l’Habitat et le Logement Territorial en Afrique (Shelter-Afrique) et l’OFID (Fund for International Development). Le plaignant, c’est Me Sadikou Alao, avocat conseil des bailleurs.
Par Pius Zongo
Les faits remontent à 2002 et 2004, années au cours desquelles le GBB a contracté des prêts auprès de Shelter-Afrique et de l’Ofid. Le 20 septembre 2002, pour un montant de 525 millions de francs CFA et le 19 avril 2004 pour un montant de 900 millions de francs CFA, tous deux avec Shelter-Afrique, et le 13 décembre 2004 pour un montant de 1.372.000 Euros avec l’Ofid. Les prêts contractés devraient servir à la réalisation de logements économiques à Abomey-Calavi, 98 par Shelter-Afrique et 225 par les deux bailleurs à GBB. Les choses ne se sont pas passées comme prévu. GBB a, entre temps, traversé de graves crises qui ont eu des effets néfastes sur l’échéancier retenu de commun accord avec les bailleurs pour le remboursement des prêts. Entre temps, le PCA est appelé à faire valoir ses compétences à la tête du MCA-Bénin. Cette nouvelle responsabilité a certainement agi sur la promptitude qui devrait être la sienne dans l’effort de remboursement. De toutes les façons, Me Sadikou Alao, de rappel en rappel, est passé à l’acte vendredi passé. Un regard pointilleux sur la forme de l’arrestation du Coordonnateur Adovèlandé fait penser à un acharnement contre sa personne. En effet, après réception de la convocation à lui adressé par l’avocat conseil, c’est M. Adovèlandé lui-même qui s’est porté ce 25 décembre vers le commissariat central de Cotonou. C’est arrivé là-bas qu’il constate qu’il devrait être conduit chez les Raid. A ce niveau précis, on se demande d’abord pourquoi une affaire purement commerciale bascule dans le pénal sans autre forme de procédure ? Ensuite, si tant est que le présumé coupable pouvait fuir, pourquoi s’est-il lui-même porté vers le commissariat ? Enfin, pourquoi c’est précisément le jour de Noël qui a été retenu pour l’arrêter, sachant que celui qu’on arrête est un homme de Dieu et surtout père d’enfants dont la seule joie est de voir leur père à leur côté? Ces trois questions renvoient à la thèse de l’acharnement surtout que Simon Pierre Adovèlandé n’est pas n’importe qui. Une chose est sûre, c’est que, compte tenu de son rang, une telle arrestation ne peut avoir lieu sans que le Chef de l’Etat n’en soit informé. Qu’à-t-il fait alors pour empêcher au Bénin l’humiliation ? Avait-on vraiment besoin de priver Adovèlandé de sa liberté avant que de l’écouter dans cette instruction ? Et d’ailleurs, il s’agit d’une affaire économique et financière dont devrait connaître la Brigade Economique et Financière (BEF). Pourquoi l’implication des Raid ? Il y a dans cette arrestation comme anguilles sous roche. Quel que soit le fond du dossier, c’est l’image du Bénin qui prend un coup devant les américains qui ont pourtant félicité le coordonnateur du Mca-Bénin pour sa bonne gestion du projet. En tout cas, ce dossier hautement commercial, a pris une allure politique que seuls les jours à venir clarifieront. En attendant, les supporters de Simon Pierre Adovèlandé, probable candidat à la course de 2011 refusent qu’on fasse boire la ciguë à leur leader charismatique. L’on se demande à qui son incarcération profiterait. Wait and see !

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