Les grands faits politiques marquants de l’année 20009
L’année 2009 égrène désormais ses derniers jours. Après une course folle 365 jours, elle se plie à la loi de la nature qui impose aux êtres vivants un renouvellement constant de leur espèce. Avant que 2009 ne cède désormais sa place à 2010, il convient de marquer une pause et jeter un regard rétrospectif sur les grands faits politiques ayant marqué cette année finissante, très riche en événements politiques.
La démission de Gbadamassi
L’un des faits politiques le plus surprenant de cette année finissante aura été la démission de l’honorable Rachidi Gbadamassi du G13. Au départ, l’information a circulé comme une simple rumeur avant d’être confirmée par l’intéressé lui-même à l’aéroport international Cardinal Bernadin Gantin de Cotonou. Pour justifier cette volte-face politique atypique, le transfuge affirme avoir fait la volonté de ses électeurs qui veulent désormais qu’il accompagne le Chef de l’Etat dans son action d’émergence.
Affaire Cen-Sad
L’année 2009 a eu le mérite d’enregistrer le plus grand scandale financier sous le règne du Docteur Boni Yayi. L’affaire Cen-Sad ou la Cen-sad Gate, il s’agit d’une affaire de mal gouvernance et de mauvaise gestion de plus de 6 milliards de nos francs lors du 10ème sommet de Cen-Sad organisé par le Bénin. Au centre des faits et actes qui ont constitué cette grande bévue financière, la première du genre sous le régime du Docteur Boni Yayi, les nombreux chantiers ouverts et investissements opérés dans le cadre dudit sommet sans le respect scrupuleux de l’orthodoxie financière. Il s’agit notamment des travaux liés à la réfection du Centre International des Conférence (CIC) et du Palais des Congrès de Cotonou. Lesdits travaux ont coûté au contribuable béninois la bagatelle somme de plus de 6 milliards de francs CFA contre une prévision d’un milliard environ.
Nicéphore Soglo démissionne de la RB
L’autre grand fait de l’année 2009 est la démission du président maire, leader charismatique, Nicéphore Soglo du parti la Renaissance du Bénin. Après les nombreuses démissions de militants enregistrés par ce parti politique depuis les présidentielles de 1996, c’est au tour du leader charismatique de claquer la porte. A l’origine de cette démission, la discorde entre le président Nicéphore Soglo et ‘’sa tendre épouse’’, l’honorable Rosine Soglo Présidente du parti de la Renaissance du Bénin (RB), sur l’exclusion de l’un des deux fils du couple, en occurrence M. Galiou Soglo, actuellement ministre de la culture du 3ème gouvernement YAYI, . Ce dernier aura commis de graves dérapages qui méritent son exclusion du parti. Comme la sanction retenue tardait à s’appliquer, Soglo le père claqua la porte pour que reste Soglo le Fils.
L’incarcération du maire de Dangbo
Le sujet a défrayé l’actualité nationale pendant des semaines, et continuent d’être le chou gras de la presse. Le maire de la commune de Dangbo, Dona Clément Gnolonfoun est mis aux arrêts pour une affaire de 2 millions de francs CFA. Malgré la grande marche de la Coalition Union fait la Nation, la deuxième du genre au cours de l’année 2009, tout porte à croire que sa libération n’est pas pour demain, bien que le juge ait décidé de le relâcher.
De quoi donner raison à ceux qui pensent qu’il s’agit d’une détention politique.
La marche de protestation de l’Un sur le ministère de la Santé
jeudi 28 mai 2009, à travers cette gigantesque marche de protestation, les forces de l’alliance l’Union fait la Nation ont dénoncé l’attitude du gouvernement dans sa gestion de la crise dans le secteur de la santé. Ce fut une véritable déferlante humaine composée de jeunes, de personnes âgées et d’enfants conduite en personne par les présidents Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Lazare Sèhouéto, Léhadi Soglo, Idji Kolawolé et Séfou Fagbohoun qui s’était déversée dans les rues de Cotonou. Une fois au ministère de la santé, A Une fois sur les lieux, une motion a été également lue. Après cette démonstration de force, nombre de béninois sont convaincus que plus rien ne pourra arrêter la volonté manifeste de l’opposition non déclarée d’opérer l’alternance en 2011.
Le pardon de la dernière chance
Dimanche 29 novembre 2009, le président-maire Nicéphore Soglo fête ses 75 ans d’existence. Pour commémorer cet heureux événement, le couple Soglo a donné une fête privée en son domicile, avec comme seul invité de marque le couple Adrien Houngbedji. Une occasion en or pour le leader des Tchoco-tchoco de sortir l’as de pique. Contre toute attente, l’homme fait publiquement son méa-culpa à l’heureux du jour, pour l’offense à lui faite directement ou indirectement 13 ans plus tôt. Tel un chrétien fervent qui demande pénitence au bon Dieu, Me Adrien Houngbédji, dans son discours, s’est confessé à ‘’Papa houézèhouè’’ pour la rémission de son péché. Très touché par ce geste inédit, l’emblématique personnage du renouveau démocratique du Bénin, n’a pas attendu d’autre protocole pour accorder ce ‘’cher’’ pardon qui scelle la réconciliation entre les Ainonvi et les Houégbadjavi. Et comme on pouvait s’y attendre, cette inédite scène empreinte de pardon et de réconciliation n’a pas tardé à créer le branle-bas dans le camp d’en face.
Le missile à tête chercheuse de Gbadamassi contre Houngbedji
Seulement 24 heures après l’historique pardon de Me Adrien Houngbedji, le griot du changement est monté au créneau. Cette fois-ci dans un rôle de Kamikaze, l’honorable Gbadamassi s’est empressé de se lancer contre le ‘’repenti’’ pour anéantir ‘’au plus vite’’ les effets de ce pardon qui pourrait donner l’insomnie au prince. L’homme des ‘’missions indésirables’’ s’est évertué à démontrer qu’il s’agit d’un acte intéressé qui ne vise qu’à attendrir le cœur de Soglo père pour le désistement de son fils au profit de ‘’l’homme repenti’’ à la candidature unique de ‘’G et F’’.
Au-delà de toutes ces considérations, il faut reconnaître cependant que le pardon de ‘’la dernière chance’’ de Me Adrien Houngbédji n’a pas tardé à porter ces fruits dans un camp comme dans l’autre.
Le pardon de Yayi au président Séfou Fagbohoun
Quelques semaines après le pardon très polémiqué de Me Adrien Houngbédji, c’est au tour du Chef de l’Etat d’aller présenter le sien au président du Madep, l’honorable Séfou Fagbohoun.
Comme le pardon de Houngbédji à Soglo, ce nouveau pardon n’a pas tardé à faire le chou gras de la presse locale. Visiblement le pardon de Me Adrien Houngbedji a ‘’vachement’’ inspiré le père de la nation qui s’est plié tout volontiers à l’exercice. Deux pardons historiques en l’espace de quelques semaines seulement, ceci donne la preuve que nos hommes d’Etat sont dans la tourmente du pardon. 2011 dicte sa loi, et tous les sacrifices sont de mise. Mais le sens et le poids du pardon dépendent de l’avenir. Cela dépend à la fois tant de celui qui demande pardon que de celui à qui le pardon est adressé. Car, au regard des avancées inscrites à l’actif du G4, personne ne peut encore parier du destin du pardon de Boni Yayi à Séfou Fagbohoun.
L’incarcération de Simon Pierre Adovèlandé
Le dernier grand fait politique de l’année 2009 aura été l’interpellation spectaculaire, un 25 décembre, du coordonnateur du Bénin pour le Millenium Challenge Account, Simon Pierre Adovèlandé. Pour une affaire immobilière qui remonte aux années 2002-2004, l’homme est privée de sa liberté le jour même où les chrétiens du monde entier célèbrent la fête de la nativité.
En effet, en sa qualité de président du conseil d’administration du Groupe Betsaleel Building (GBB), il serait trempé dans une affaire de plusieurs milliards avec la Société pour l’Habitat et le Logement Territorial en Afrique (Shelter-Afrique) et l’OFID (Fund for International Development). Le plaignant, c’est Me Sadikou Alao, avocat conseil des bailleurs. Les faits remontent à 2002 et 2004, années au cours desquelles le GBB a contracté des prêts auprès de Shelter-Afrique et de l’Ofid. Le 20 septembre 2002, pour un montant de 525 millions de francs CFA et le 19 avril 2004 pour un montant de 900 millions de francs CFA, tous deux avec Shelter-Afrique, et le 13 décembre 2004 pour un montant de 1.372.000 Euros avec l’Ofid. Les prêts contractés devraient servir à la réalisation de logements économiques à Abomey-Calavi, 98 par Shelter-Afrique et 225 par les deux bailleurs à GBB. Mais, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Ce qui a conduit à la faillite de l’entreprise.
Ce qui a valu l’arrestation du gestionnaire émérite, reconnu comme tel par les USA, un jour aussi symbolique dans sa vie de chrétien fervent. Pour son avocat conseil, Me Joseph Jogbénou, il s’agit d’une erreur de procédure et d’orientation juridique car il s’agit d’une affaire purement commerciale et non pénale. Au moment où nous étions sous presse, l’homme passait deux jours en geôle et l’actualité n’a guère évolué de ce côté.
par Lorys Hounon

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