Regard sur le projet de Budget Général de l’Etat exercice 2010:L’honorable Basile Ahossi expose de sérieuses incohérences

Le budget général de l’Etat exercice 2010 s’équilibre en recette et en dépense à la somme de 1.346 milliards de francs CFA contre 1.238 milliards pour l’année 2009 qui s’achève. Ce chiffre qui nourrit beaucoup de polémiques depuis son annonce officielle n’a pas laissé indifférent le député Léon Basile Ahossi, qui s’est prononcé sur la question samedi dernier

 

Lorys S.C HOUNON

 

Le siège national du G13 a servi  de cadre samedi dernier à une conférence de presse animée par le député G13 Basile Léon  Ahossi. Au menu des échanges avec la presse, un seul point : le regard du député G13 sur le projet de budget général de l’Etat exercice 2010.

Dans une analyse réaliste et très objective, le conférencier expose les incohérences qui émaillent le budget de l’Etat exercice 2010 actuellement sur la table des députés à l’Assemblée Nationale. Comme incohérence, il relève les montants trop faramineux inscrits dans certaines rubriques, qui n’apportent rien en terme d’investissement pour le peuple béninois. Ainsi, le regard critique du député lui a permis de constater que comparativement à l’année 2009, les dépenses de transfert ont curieusement augmenté dans le budget exercice 2010 alors qu’en terme de réalisation, il est unanimement admis que les recettes ont baisé. Aussi, pour ce qui est  des dépenses de qualité telles que la part de l’agriculture, seulement 4,1% a été retenu, contre 4,7% dans le budget exercice 2009, alors que la CEDEAO et l’UEMOA préconisent un seuil minimum de 10 à 15 % dans le cadre de la relance de la production agricole pour autosuffisance alimentaire. Outre ces incohérences, il est également constaté que dans le domaine de la décentralisation, le gouvernement a prévu dans ce budget 19 milliards pour l’ensemble des 77 communes du Bénin, soit environ 246.753.000 par commune alors qu’une ville comme Dakar au Sénégal bénéficie des plus de 10 milliards. Et ceci n’est que la face visible de l’iceberg, car selon les analyses de l’honorable Basile Ahossi, les dépenses de transfert qui sont des fonds non spécifiquement affectés et constituent une sorte de réserve pour des ‘’financements à gré’’ passent à plus 161 milliards soit 12% du budget 2010 alors que ce type de dépenses n’a aucun impact sur l’activité économique.

Il dénonce également les dispositions contenues dans ce budget qui constituent en réalité une escalade dans la pression fiscale ‘’pour ruiner les opérateurs économiques déjà fragilisés par une situation économique délétère’’.  

En conclusion, il invite l’Assemblée Nationale à prendre du recul face au refus des bailleurs de fonds et les incertitudes évoquées dans les recettes pour s’assurer du niveau d’engagement réel des partenaires vis-à-vis du budget exercice 2010 avant de voter.

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