Boni YAYI sur deux fronts de lutte simultanés:Les exigences fondamentales pour une sortie de crise honorable
“Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes“. C’est le titre de l’ouvrage d’un compatriote qui résume pleinement le climat délétère qui assombrit actuellement la vie nationale. Boni YAYI se retrouve sur deux fronts de lutte qui l’empêchent de se concentrer suffisamment sur la crise économique financière qui malmène les économies du monde depuis 2008.
Jacques SEGLA
La tension politique a des répercutions négatives sur la tension sociale ; non pas que les mouvements de grève soient forcément sous-tendus par des mobiles politiques secrets. C’est le contexte qui se prête à toutes sortes de supputation. En s’éparpillant sur ces deux fronts de crise atypique, il n’est pas sûr que Boni YAYI s’en sorte avec aisance. Personne ne peut aujourd’hui prévoit l’issue de cette bataille simultanée sur deux fronts. Notre pays est en crise profonde. Et cette crise, en raison de certaines analogies, nous replonge dans les cauchemars de l’année 1989. Le général Kaméléon devrait ouvrir les yeux à l’actuel locataire du Palais de la Marina, et lui inspirer la sagesse qui avait permis d’éviter au Bénin de l’époque les violences et les atrocités d’une guerre civile. Les historiens nous rappelleraient d’ailleurs volontiers qu’il y a bien longtemps que la conjugaison frond social-crise politique se solde toujours par un changement de régime. Le président feu Hubert MAGA en avait fait les frais en 1963. En 1972, l’affaire Kovacs, accompagnée d’une fronde sociale, avait précipité le départ du président feu Justin AHOMADEGBE. La dévaluation du franc cfa en 1994, un peu comme la crise économique financière actuelle, avait provoqué l’échec du président Nicéphore Soglo en 1996, dès que ses adversaires s’en étaient mêlés, en récupérant la situation socio-économique à leur compte. Il faut y prendre garde. Dans les mêmes conditions, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le pays va mal ; et il faut une volonté politique courageuse qui serve d’électrochoc pour ramener l’entente et la paix sociale. Boni YAYI doit par conséquent prendre de la hauteur, et s’armer d’un mental sans tourment, pour triompher de la présente situation nationale embrouillée. Ce qui lui impose à priori de se débarrasser de l’obsession de 2011 ; et à postériori de sacrifier une bonne part de son égo pour redonner vie et espoir à la Nation. Il devra donc éviter des propos qui frisent la démission et le désespoir. Boni YAYI reste le père de la nation béninoise jusqu’au 5 avril 2011. Toute défaillance ou défection aujourd’hui apparaîtrait comme un parjure.

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