De nouvelles recrues pour suppléer à la défaillance des enseignants grévistes:Une option à haut risque

(Le déni de grève confirmée ?)

Face à la radicalisation du mouvement de grève dans le secteur éducatif, le gouvernement envisage de recruter de nouveaux enseignants de circonstance parmi les chômeurs titulaires du CAP, du CEAP, du CAPES ou du CAPET, ou même parmi les démobilisés du service militaire d’intérêt national, désireux de faire carrière dans l’enseignement. L’initiative parait très embrouillée et équivoque. C’est une option à haut risque.  

Par Jacques Segla

         L’expérience de recrutement de douaniers “patriotes“  pour contourner les douaniers grévistes avait –elle été si concluante pour que l’option fasse école dans la gestion de la crise qui paralyse actuellement le secteur éducatif ? ce n’est pas évident ; puisque les finances publiques trainent encore les séquelles de cette aventure hasardeuse dans la gestion des affaires de la nation. Le recours à des retraités pour remplacer les douaniers grévistes avait donc montré ses limites, et ne devrait plus inspirer nos gouvernants. L’opinion très avertie n’en revient pas encore. Cette option est une déclaration de guerre, et équivaut à un déni du droit de grève. Elle étouffe l’élan des bonnes volontés qui se sont invitées ces derniers jours pour une médiation salvatrice. L’option de nouvelles recrues dans l’enseignement obéit simplement à une logique d’affrontement et de confrontation, qui ne répond aucunement aux préoccupations réelles exprimées par les élèves qui ont manifesté toute l’autre semaine pour revendiquer des cours de qualité à plein régime.

  En 1989, Mathieu KEREKOU n’est pas allé à cette extrémité avant d’exposer les briseurs de grève au vitriol. De nombreux citoyens portent encore les stigmates. Le pays n’a plus besoin de çà. Une telle initiative risque de donner raison aux détracteurs du régime du changement qui dénoncent chaque jour une navigation à vue, et aux syndicalistes du front d’action des syndicats des trois ordres  de l’enseignement qui ont toujours relevé au passif du régime YAYI  un manque de vision globale et prospective des problèmes de l’école béninoise. Boni YAYI doit donc refuser le saut dans l’inconnu que lui suggèrent les ministres en charge de l’éducation. La voie du dialogue est plus assurée pour éviter toute escalade de la violence.

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