Pour prévenir les crises socio-politiques au Bénin:La nécessité d’une cellule d’analyses politiques et de proposition de stratégies s’impose au président Boni Yayi

Avec la reprise des cours, quoique timide depuis hier, l’espoir a regagné le secteur éducatif. Le régime du changement a réussi l’exploit d’étouffer une fronde sociale qui prenait des proportions très alarmantes. Mais le plus dur reste à prévenir, puisque la crise politique n’a pas fini de livrer ses secrets. Il faut donc trouver les moyens de prévenir les crises qui viennent souvent embrouiller le changement.

     Par souci d’une gouvernance démocratique apaisée, le chef de l’Etat a eu de géniales initiatives en matière d’institutions capables de soutenir l’idéal. Dans la foullée, le haut commissariat à la gouvernance concertée a vu le jour. Boni Yayi a même gagné, non sans peine, la bataille de l’institutionnalisation de l’organe présidentiel de médiation. En décembre dernier, il a mis sur pied une commission nationale permanente de concertation et de négociations gouvernement centrales et confédérations syndicales, commission dont la mission est d’encadrer le dialogue permanent entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Ces initiatives devraient a priori calmer le climat socio-politique dans notre pays. Néanmoins, le climat socio-politique reste en permanence délétère. C’est la preuve que certains problèmes cruciaux résistent encore aux initiatives pertinentes du chef de l’Etat. Le diagnostic de la situation présente suggère la nécessité de créer une cellule spéciale d’analyses politiques et de proposition de stratégies appropriées, face à certaines crises tenaces. Une telle cellule spéciale devra impliquer des intellectuels compétents, imbus d’expériences multidimensionnelles avérées, capables de transcender leurs humeurs primaires et leurs intérêts égoïste inavouables. Une telle cellule, bien qu’investie de la mission d’analyse politique des faits sociaux, devra exclure les courtisans zélés va-t-en guerre, de même que les politiciens aventuriers qui n’ont d’inspiration que nuisibles. Pour cette cellule, il faut des cadres convaincus d’une neutralité certaine et d’intégrité morale confirmée. Boni Yayi doit y penser au plus pressé. Ce faisant, il ne verrait plus obligé de toujours prendre les devants des négociations avec les partenaires socio-politiques. Si la rencontre du 9 mars dernier autour de Lépi avait trébuché c’est parce que, au regard des intérêts contradictoires en jeu, l’ombre du chef de l’Etat dans ce concert était mal vue par les adversaires du régime du changement. Le chef de l’Etat leur est toujours apparu comme juge et partie car, il est concerné par la présidentielle de 2011, déjà que bien des indices attestent qu’il veut rempiler. Alors, Boni Yayi doit sonder cette piste d’une cellule d’analyses politiques neutre qui pourra analyser les faits en toute objectivité sans parti pris. Le régime en a besoin pour soigner l’image du changement qui ne peut continuer à composer avec le fanatisme politique ambiant. Boni Yayi doit prendre ses responsabilités devant l’histoire. On a tourné la page de la crise qui a secoué le secteur éducatif pendant deux mois, et qui a fait planer le spectre d’une année blanche sur l’école béninoise. Le pire est désormais derrière. Mais doit-on s’asseoir sur ses lauriers, pour se laisser surprendre en octobre prochain avant de commencer à rechercher de solutions alternatives pour juguler ponctuellement de nouvelles crises éventuelles. Ce prémunir très tôt, pour parer à toute éventualité. Gouverner, dit-on, c’est prévoir. Autrement dit, le jeu en vaut la chandelle. Personne n’en voudra donc à Boni Yayi s’il entreprend de s’engager dans cette voie. Le salut et l’accalmie socio-politique peuvent venir de là.

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