Valse des nominations dans les cabinets ministériels:Le nouveau gouvernement rejeté aux calendes grecques ?
Depuis plusieurs semaines, les nominations ont repris de plus bel dans les cabinets ministériels et à la présidence de la république. Entre temps, les spéculations avaient fait état de ce que l’imminence de la formation d’un nouveau gouvernement aurait bloqué la formation de chaque cabinet. Maintenant que tout a repris, peut-on croire que la formation du nouveau gouvernement serait rejetée aux calendes grecques ?
A priori, aucun principe constitutionnel ne tient Boni Yayi dans l’obligation de constituer une nouvelle équipe gouvernementale, à un an de la fin de son mandat. Tout le reste relève de supputations dictées par certaines contingences économiques, sociales et politiques. Les partenaires au développement aurait imposé au Bénin certaines contraintes budgétaires comme conditions de leur appui à la gestion du pays au cours des trois années à venir. Au nombre de ces mesures, nous avons les grandes réformes pour rendre l’administration et l’économie compétitives, la dépolitisation de l’administration, la réduction du train de vie de l’Etat et un accord sur une trêve sociale. Tout ceci impliquerait au premier chef une réduction de la taille actuelle du gouvernement. Au plan politique, Boni Yayi se devrait d’envisager une équipe de combat avec les critères en phase avec l’enjeu électoral de 2011. Voilà ce qui sous-tend la spéculation autour de la formation d’un nouveau gouvernement. Seulement, de toute évidence, le chef de l’Etat éprouve une grande peine à se séparer de ses partisans loyaux, même ceux qui sont politiquement affaiblis dans leurs fiefs supposés. C’est ce qui explique le recasement progressif de presque tous les collaborateurs dont il s’était préalablement séparé. C’est la recette vertueuse pour consoler des proches politiques remerciés par la force des choses. Le dernier acte en date, c’est la vague de nominations au conseil des ministres du 10 avril dernier. Et on peut comprendre le chef de l’Etat, lui qui essuie, depuis plusieurs mois, l’adversité obstinée d’une opposition résolue à lui compliquer la gouvernance en cette fin de mandat. La formation d’un nouveau gouvernement pourrait favoriser l’émergence de nouveaux mécontents. Alors, manque d’audace politique ou attentisme stratégique, c’est la fin qui justifie les moyens. La formation du nouveau gouvernement rejeté aux calendes grecques ne manquera pas de conséquences aussi fastes que néfastes. Boni Yayi est seul à apprécier le sens du choix qu’il faille faire. L’heure est aux calculs politiques. Et il faut savoir ménager les susceptibilités lorsqu’on est lié par un enjeu politique à inconnus variables.

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