Création du DURR-BARKA à Parakou:Gbadamassi arrive trop tard dans un monde trop vieux
La création, samedi dernier à Parakou, du parti des Démocrates Unis pour la Restauration de la Relève (Durr-Barka) de l’honorable Rachidi Gbadamassi vient compléter la longue liste des nouveaux partis qui soutiennent l’action du chef de l’Etat. Bien qu’ayant été la première autorité municipale de la cité des Kobourous, l’honorable ne semble pas prendre la mesure de son impopularité de plus en plus grandissante dans une ville dont il avait le contrôle. Constitutionnellement, l’animation de la vie politique relève des prérogatives des partis politiques ; et que l’option du multipartisme intégral faite par le Bénin à la faveur de l’historique conférence nationale de février 1990 donne libre cours à tous les citoyens de se constituer en partis politiques, la création de certains de ces partis donne de plus en plus à réfléchir, surtout quand ils sont l’ouvre d’une certaine catégorie de concitoyens. En effet, il est vrai qu’en tant que bénéficiant pleinement du statut de citoyen béninois, l’honorable Gbadamassi a le droit de s’associer avec d’autres béninois pour mettre sur les fonds baptismaux samedi dernier le Durr-Barka. Mais étant donné que la géopolitique de Parakou, le fief naturel de l’homme, a connu au cours de ces quatre dernières années de profondes mutations, l’ancien maire devrait savoir qu’il partait d’avance perdant par rapport aux forces et personnalités politiques actuellement en présence dans cette ville. On y compte par exemple de l’honorable Sam Adamby, Mme Babony, El Hadj Sassif, la Coalition Abt-2011, le Fard Alafia, le G13 de l’honorable Issa Salifou et bien d’autres qui ont déjà quadrillé le terrain. Dans ces conditions, face aux réseaux savamment tissés par toutes ces personnalités et surtout compte tenu de la versatilité de Rachidi Gbadamassi, on se demande bien par quelle alchimie ce dernier parviendra à se recréer sa ‘’petite république d’antan’’ ? Qui de ces ténors et formations politiques lui laissera la main libre pour créer et étendre son hégémonie sur la ville la plus convoitée du septentrion ? Au cas où il compterait sur les appuis personnels du chef de l’Etat, il peut dores et déjà être certain qu’il se construit des châteaux en Espagne. Car, avec les difficultés politiques actuelles de Boni Yayi, il ne prendrait certainement pas le risque de heurter la sensibilité de ceux de ses partisans qui, contre vent et marrée, lui sont restés fidèles en leur demandant de faire place à celui que tout le monde craint. Du côté des partis hostiles au chantre du changement, l’adversité contre Rachidi Gbadamassi sera davantage corsée. Inutile de s’attendre à voir un Sam Adambi ou un Issa Salifou dérouler le tapis rouge à leur collègue député dont ils ont chacun fait l’expérience de la duplicité. Il est donc clair que le moment choisi par Rachidi Gbadamassi pour créer le parti des Démocrates Unis pour la Restauration de la Relève (Durr-Barka) est très mal choisi. Puisque non seulement c’est à un moment où il n’y a quasiment plus de terrain à occuper à Parakou qu’il a pointé son nez ; mais surtout parce qu’à y bien réfléchir, il n’est en odeur de sainteté auprès d’aucune obédience politique sur l’échiquier national. A moins d’un miracle, l’ancien maire peut commencer par penser à laisser son testament politique, son avenir politique étant incertain.

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