Crise permanente à l’assemblée nationale:La responsabilité du président Nago

Après l’ouverture manquée de mardi dernier, la plénière s’est ouverte vendredi dernier, inaugurant ainsi la première session parlementaire de l’année 2010. Cette fois-ci, trente députés ont accompagné les vœux intimes du président Nago. A titre formalitaire, cette plénière s’est tenue sans les députés de l’opposition et une bonne frange des députés de la mouvance. Les textes disposent qu’après une ouverture manquée, quorum ou pas, la session doit s’ouvrir. Et la session s’est ouverte à la grande satisfaction du président Nago. Mais c’est la suite qui importe. Cette session ordinaire s’annonce très houleuse, vu l’ambiance de crise qui a définitivement enveloppé l’hémicycle, avec des sujets sur lesquels aucun consensus n’est perceptible. Le président Nago s’aura-t-il bien managé pour ramener l’entente au sein de l’hémicycle ? Bien malin qui pourrait y répondre au stade actuel de la crise au parlement.

Ce n’est pas la première fois que les députés de la 5ème législature s’entendent dans une large majorité, pour exposer une piètre image aux diplomates et aux corps consulaires accrédités au Bénin. C’est devenu presque une mode qui ne devrait inquiéter personne. Mais c’est le contexte qui confère à la situation une acuité angoissante et préoccupante. Nous sommes à moins d’un an des échéances électorales qui marqueront un tournant décisif dans l’histoire de notre pays. Tout le monde sait que la polémique autour de la Lépi liée à ces élections est loin de connaître son épilogue. L’UN s’oppose foncièrement à sa réalisation pour 2011. Sur le même registre, il y a un imbroglio politico-juridique qui pollue l’ambiance de travail au parlement. Les députés ont abrogé la loi 2009-2010 portant RENA et établissement de la Lépi, en introduisant concomitamment une nouvelle proposition de loi substantive portant RENA et établissement de la Lépi. La cour constitutionnelle a cassé la loi abrogatoire. Une session extraordinaire avait été ouverte aux fins de l’étude de cette nouvelle proposition de loi. Depuis, la présidente de la commission des lois joue une mauvaise passe, en s’abstenant de convoquer les membres de la commission pour les préliminaires devant servir de base à la séance plénière. Rien n’y fit. La session extraordinaire ouverte à cet effet n’a même pas été clôturée. Et c’est dans ce contexte que les députés ont été convoqués pour la session ordinaire de l’année 2010. Ce chevauchement de deux sessions parlementaires est inédit et provocateur. C’est une dangereuse option risquée qui vient envenimer l’ambiance de travail déjà délétère au parlement. Les débats seront houleux ce jour au parlement. Cela n’arrange pas les choses pour Boni Yayi. Et c’est le président Nago qui l’aura ainsi voulu.

A L’heure de la vérité des prix

La spéculation malveillante a fini par contraindre le gouvernement à la vérité du prix du ciment. Il y longtemps que le renchérissement des coûts du Klinker à l’international, du prix de l’électricité et autres avaient généré une spéculation sauvage autour du ciment. L’importation des matières premières est, elle aussi, frappée de TVA. Toutes choses qui devraient normalement justifier un réajustement du prix du ciment comme c’est souvent le cas avec l(électricité et les produits pétroliers. L’autorité a tergiversé, ne voulant pas choquer la conscience collective déjà suffisamment meurtrie par une inflation sans cesse galopante. Mais en matière économique, les réalités sont têtues. On a beau masquer la vérité, elle finit toujours par triompher. C’est pourquoi le gouvernement a fini par céder à la pression de la vérité des prix. Depuis ce jeudi, la tonne du ciment est passée de 80.000Fcfa à 90.000Fcfa. Le communiqué du conseil des ministres précise que c’est pour mettre fin à la spéculation. Les consommateurs ne demandaient pas mieux, même si cette décision devra malmener davantage leur bourse. Pourvu que la décision règle en même temps la question cruciale de la pénurie du ciment sur le marché national. Sinon, le calvaire du consommateur se poursuivra. Et lorsqu’on apprend que des autorités insoupçonnables seraient complices de la spéculation, les appréhensions restent entières. On attend donc de voir.

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