Refus des ratifications au parlement:Les choses se compliquent pour Boni Yayi
L’opinion publique est profondément troublée par les différents évènements qui émaillent l’actualité politique nationale depuis peu. Après l’accalmie relative sur le front ‘’Lépi’’, s’ouvre maintenant la saison des refus des ratifications à l’Assemblée Nationale. Le dos au mur, le chef de l’Etat Boni Yayi n’a plus qu’à négocier, même au prix de lourds sacrifices pour préserver ses chances dans la perspective de 2011.
Par Jacques SEGLA
Le rejet du rapport d’activité du président de l’Assemblée Nationale , Mathurin Nago n’a surpris personne. C’est d’ailleurs le contraire qui aurait étonné. Mais personne ne pouvait penser que ce projet inaugurait une série de contestations qui, à terme, finiront par compliquer les équations au Président Boni Yayi, à quelques mois des échéances à venir. Si l’on peut considérer Mathurin Nago comme souffre-douleur, donc martyr de l’allégeance à Yayi, il est évident que les hostilités directes sont désormais ouvertes, avec une opposition résolue à refuser toutes ratifications demandées par l’exécutif. Ceux qui ont pris la mesure de la menace perçoivent déjà des jours difficiles pour le président Boni Yayi, qui aura de la peine à gérer le pays dans un avenir très proche. Avec une majorité confortable de députés, l’opposition veut en découdre âprement avec le régime au pouvoir. Pourquoi donc ne pas sacrifier par exemple Nago, ou l’amener à déposer le tablier ? Cela détendrait un peu l’atmosphère au parlement, et contribuerait à restaurer un climat de confiance. Sinon, on veut engager Boni Yayi dans une logique de recours intempestifs aux ordonnances qui le rendrait inévitablement impopulaire. Tout le monde sait que le recours aux ordonnances est un principe constitutionnel d’exception. En obligeant le chef de l’Etat à en faire une règle, l’opposition gagnerait ainsi une grande bataille politique. Car, aucun Béninois ne veut plus d’un dictateur au pouvoir… Boni Yayi, déjà exposé à la prédation des taupes de sa propre famille politique risque de craquer, s’il ne se dote pas d’un mental d’acier. Aussi devra-t-il prendre le risque audacieux de provoquer son propre destin politique par des décisions de choc inattendues. Un remaniement ministériel par exemple. Il y aurait certes des grincements de dents qui pourraient a priori déteindre sur 2011. Mais le peuple qui a maintenant découvert le vrai visage de la mouvance avisera. Et c’est lui qui tranchera à travers les urnes. Qu’on ne se voile pas la face. C’est pour l’élite que les débats politiques actuels ont de sens. Sinon, Boni Yayi tient toujours le bon bout dans le Bénin profond qui apprécie à leur juste valeur les actions à mettre à l’actif du régime du changement. Alors, il faut s’en saisir, pour en tirer le meilleur profit. Désormais, c’est quitte ou double. Il suffit de ne rien laisser au hasard, et de savoir négocier selon les intérêts et les contingences du moment. C’est la seule voie pour éviter le piège de l’impopularité, qui semble lui tendre l’opposition maintenant confortée par une large majorité stable au parlement.

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