Pierre Osho sur l’émission ‘’Zone Franche’’ de Canal3 Bénin hier:L’homme est déçu par l’impréparation du cinquantenaire et la gouvernance sous Yayi
L’ancien ministre Pierre Osho, le fidèle des fidèles du Général Mathieu Kérékou, a signé son retour dans l’actualité politique nationale. Hier dimanche, il était l’invité de l’émission ‘’Zone Franche’’ de Canal3. Au menu des échanges, un bilan sommaire des cinquante ans d’indépendance du Bénin et un regard critique sur la gouvernance à l’ère du changement.
Témoin vivant de l’histoire du Bénin indépendant, Pierre Osho regarde le cinquantenaire de l’indépendance de notre pays très sceptique et avec un sentiment de déception. Selon lui, le cinquantenaire qui est quelque chose de particulier serait mal préparé. Les travaux de préparation devraient être engagés à bonne date avec l’implication de l’Assemblée Nationale et de la société civile. Ce faisant, on aurait évité la précipitation que l’on note actuellement. Appréciant les cinquante ans d’indépendance du Bénin, il a identifié trois grandes périodes qui correspondent aux trois Républiques qu’a connues notre pays. D’abord, la période de 1960 à Octobre 1972 marquée par une instabilité politique chronique. C’est que l’intelligentsia avait été confrontée aux problèmes de la consolidation des fondements de l’Etat, à travers l’administration, la justice et l’armée. C’et pourquoi l’ex-quartier latin d’Afrique est malheureusement devenu l’enfant malade de l’Afrique, avec les errements et les multiples coups d’Etat des premières années d’indépendance. L’analyse faite par Pierre Osho ne manque pas de pertinence. Selon lui, en 1972, le pouvoir politique avait atteint
Une déliquescence avancée qui menaçait la vie et la survie de l’Etat. C’est pourquoi, le coup d’Etat du 26 Octobre 1972 avait suscité un engouement populaire. Il fallait tourner les pages sombres de l’histoire du Bénin indépendant. La révolution du 26 octobre 1972, de l’avis de Pierre Osho, a comblé les attentes du peuple, en ceci qu’elle a jeté les bases d’un système de pouvoir participatif qui tire sa source de la démocratie populaire dont il reste fier et jaloux. Mais il reconnaît tout de même que certains esprits vils et certaines contingences économiques avaient finalement contraint le pouvoir révolutionnaire à des réformes politiques à la fin des années 80. Et Pierre Osho de se vanter : ‘’Nous avons eu le mérite de notre propre remise en cause’’. Enfin Pierre Osho voit trois moments dans la troisième République qui court depuis février 1990, notamment le mandat de Nicéphore Dieudonné Soglo, la décennie du retour au pouvoir du général Mathieu Kérékou et l’ère du changement sous la commande de Boni Yayi. De façon péremptoire, le ministre Osho a noté que le changement n’a rien de comparable au quinquennat de Nicéphore Soglo et aux deux mandats successifs de Mathieu Kérékou. En fait, il a été essentiellement question d’un procès très acerbe de la gouvernance Yayi, qui pour lui est fortement marqué par une guéguerre entre le parlement et l’exécutif, des débauchages politiques tous azimuts sur fond d’achat de conscience, des atteintes répétées aux libertés syndicales, la corruption à grande échelle au sommet de l’Etat l’incitation au régionalisme et à l’ethnocentrisme, la perversité du principe de la laïcité de l’Etat, bref la gouvernance sous Yayi est marquée par des scandales à répétition. Il conclut donc que le Bénin est malade de sa gouvernance, et que cela relève de l’imposture que le peuple saura conséquemment sanctionner le moment venu. Au sujet de sa tournée actuelle à l’intérieur du pays, l’homme dit qu’en tant que citoyen, il a des convictions qu’il voudrait partager avec les populations du Bénin profond. ‘’J’ai éprouvé le désir de rencontrer les populations du pays profond, pour leur parler, afin de connaître leur état de conscience après cinquante ans d’indépendance et vingt ans de renouveau démocratique’’. L’affaire Icc est également revenue dans le débat. Pour Pierre Osho, malgré la responsabilité irréfutable du gouvernement dans ce dossier, il faut saluer et encourager les mesures conservatoires prises par l’Etat, mesures qui pourraient soulager quelque peu les épargnants grugés si elles étaient mises en œuvre avec toute la sérénité requise. Par conséquent il en appelle à la coopération des victimes avec les structures officielles mises en place à cette fin.

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