Difficile fin de mandat pour Boni Yayi:Dieu a-t-il lâché le chef de l’Etat
Alors qu’à son investiture, Boni Yayi avait placé son mandat sous le signe de Dieu, tout semble se liguer contre lui à quelques mois de la fin de mandat. Il est acculé par une opposition devenue très farouche, et par une fronde sociale sans cesse croissante. Dieu a-t-il lâché le chef de l’Etat en ce moment très critique de son mandat ? L’espoir suscité par l’avènement du changement en 2006 n’aura duré que le temps d’une rosée matinale. Les promesses mielleuses qui ont fait la trame des discours de campagne ont vite passés de l’euphorie à l’angoisse puisque, fondamentalement rien n’a changé si ce n’est que le règne des érigé en système. La lutte contre la corruption annoncée comme cheval de bataille a tourné court. Et chaque jour des ingrédients sont concoctés pour rendre Boni Yayi impopulaire. Les partisans ne lui rendent pas la tâche facile. A peine le chef de l’Etat sort d’une crise qu’une nouvelle s’installe. Sous le changement, on a connu une résurgence du régionalisme et de l’ethnocentrisme, alors qu’il y a bel et bien d’autres manières plus élégantes de faire la politique sans réveiller les démons de la division, de l’exclusion et de l’intolérance radicale. Aussi une guéguerre permanentes s’est installée entre l’exécutif et le parlement avec, à la clé, une ambiance de travail délétère à l’hémicycle et des ordonnances présidentielles à répétition. L’acharnement politique à peine voilé sur les opposants n’est pas pour arranger les choses. Jamais un président de la république n’a été si coupé de son peuple par des maladresses de style dans la gestion quotidienne dans les affaires. Avouons-le. Boni Yayi a de nobles ambitions pour le Bénin. Mais il est mal conseillé par des politiciens amateurs très rusés. On continue de parler en bien du président Hubert Maga, le père de l’indépendance de notre pays. Malgré le tableau très sombre qui avait sonné le glas de la révolution populaire du Bénin à la fin des années 80, le général Mathieu Kérékou a trouvé les moyens de se réconcilier avec son peuple qui aujourd’hui l’adule et vénère ses mérites d’homme de vertu, épris de paix et d’unité nationale. Pourquoi Boni Yayi n’irait-il pas à ces écoles de référence. En tout cas, 2011 est déjà là. Le Chef de l’Etat gagnerait donc à reprendre l’initiative s’in tient vraiment à rempiler en 2011. Il devra alors changer de méthode de gestion. Car, lui seul sera comptable devant l’histoire à l’heure du bilan. Les griots qui lui suggèrent aujourd’hui l’aventure et le suicide auront eu le temps de retourner leur veste. C’est une évidence naturelle que seul l’échec est orphelin. Dès que vous avez un genou à terre, vos partisans d’hier sont prêts à vous lâcher. A qui sait comprendre peu de mots suffisent.

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