Procédure de mise en accusation de ministres devant la Haute Cour de Justice:

Profitant de l’affaire ICC où l’ex-ministre Armand Zinzindohoué est abondamment cité, le chef de l’Etat Boni Yayi a exhumé de vieux dossires de malversation qu’on croyait définitivement étouffés. Il vient d’enclencher la procédure de mise en accusation de quatre anciens ministres devant la Haute Cour de Justice. On s’en rejouit tout en dénoncant une odeur d’inachevé dans la démarche.

Les faits reprochés aux mis en cause
Il faut remonter loin en arrière pour comprendre ce qui est reproché à chacun des mis en cause dont les dossiers ont été envoyés à l’Assemblée Nationale. Le malheur de Zinzindohoué tient de l’affaire ICC. Celui de Soulé Mana Lawani est lié au scandale de la CEN-SAD. C’est le dossier des groupes électrogènes qui a fini par rattraper Kamarou Fassassi. Enfin, Adolphe Biaou est cité comme acteur principal dans le feuilleton de la vente d’une parcelle sur le domaine de l’ambassade du Bénin à Washington. A priori, les députés devaient bondir sur ces dossiers de ml gouvernance pour les examiner en urgence, et autoriser la procédure de saisine de la Haute Cour de Justice. Mais nous sommes en politique où les choses sont plus compliquées dans leurs détails pratiques que dans les principes théoriques. Au parlement, les avis sont discordants. Les députés dénoncent des amalgames et un dossier de saisine incomplet.

Amalgames et dossier incomplet
Les députés ne comprennent pas que le gouvernement ait fait l’option d’amalgames si ce n’est que pour étouffer l’affaire ICC. C’est donc aurait choisi de mélanger torchon et serviette. Les quatre affaires que Boni Yayi voudrait déférer devant la Haute Cour de Justice n’ont rien d’identique, déplorent les députés. Chaque dossier devrait faire l’objet de procédure séparée. Pourquoi alors avoir attendu le scandale ICC Service avant d’exhumer les autres dossiers ? Les parlementaires continuent de s’interroger et relèvent un dilatoire savant pour distraire l’opinion, et la détourner de l’essentiel. Aussi, réclament-ils d’autres grands dossiers à scandale pour que la liste soit complète. Le ministre Noudégbessi encore en exercice n’avait il pas été cité dans l’affaire CEN-SAD ? Pourquoi faire main basse sur son cas ? Mieux, l’actuel ministre des transports Nicaise Fagnon est lui aussi accusé de détournement à la SONAPRA où à l’époque, les commissaires aux comptes avaient catégoriquement refusé de certifier les comptes. Pour raison d’équité et de justice, les députés réclament ces deux dossiers qui devraient d’ailleurs prouver la bonne foi et l’intention résolue du chef de l’Etat d’en découdre enfin avec la mal gouvernance. Autrement dit, ils refusent de cautionner la politique de deux poids deux mesures. Ce qui ne les empêches guère de déclarer recevable la requête du chef de l’Etat. C’est dire que malgré les réserves, la procédure de mise en accusation devant la Haute Cour de Justice, peut prospérer. Dans le contexte pré-électoral actuel, quel acteur politique peut-il se payer le risque de porter la responsabilité d’un quelconque blocage de la lutte contre l’impunité et la mal gouvernance ? La mouvance s’en saisirait pour vouer l’opposition aux gémonies, et la livrer à la vindicte des urnes. Mais les députés ne sont pas des néophytes pour ne pas déceler ce piège. Ils tiennent seulement à ce que le chef de l’Etat profite pour assainir l’écurie en vidant tous les dossiers de malversations relevés par les audits que Boni Yayi avait commandités au début de son mandat.

Une procédure à relent d’ABT
L’autre maladresse du gouvernement dans ce dossier de saisine de la Haute Cour de Justice, c’est l’odeur ABT que dégage la démarche. En effet, de sources concordantes, on raconte que dans cette affaire, Soulé Mana Lawani et Rogatien Biaou seraient appelés à payer leur accointance avec Abdoulaye Bio Tchané, probable challenger de Boni Yayi dans la course présidentielle de 2011. si cela était avéré, on conclurait à un acharnement politique gratuit qui tranche avec les principes élémentaires de démocratie, et qui consacrent la liberté de conscience et d’opinion. Le Bénin ne peut pas tolérer un tel recul. Et il faut aussi craindre un revers de la médaille ; puisque jusqu’ici, Soulé Mana Lawani n’a pas encore parlé. Et Dieu sait que nombre de Béninois attendent de lui de grands déballages. Lorsqu’on pousse l’ennemi à son dernier retranchement, il finit par reprendre soudainement force et courage, et est prêt à tous les risques pour sauver le brin d’honneur qui lui reste. Alors, il faut prendre garde. Non pas qu’il faille étouffer la procédure. Mais il faut savoir raison garder pour ne pas souiller le dossier avec des intrigues politiciennes qui pourraient vicier la procédure.

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Un response à “Procédure de mise en accusation de ministres devant la Haute Cour de Justice:”

  1. BIAOU Eliane Dit :

    il s’agit de Rogatien BIAOU et non de Adolphe BIAOU veillez rectifier s’il vous plais.

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