Bénin/ climat social délétère:Surtout pas une révolte populaire !

Avec l’éclatement du scandale Icc-Services et ses imbrications, le Bénin est rentré dans une nouvelle ère de crise socio-politique très aigüe qui laisse entrevoir l’effritement de la paix sociale et l’imminence d’une insurrection populaire. Tous les indicateurs clignotent le rouge. Le dossier Icc est devenu un champ de bataille politique où opposition et mouvance s’affrontent. Par l’entremise de la presse, on s’accuse mutuellement pendant que les populations grugées dans cette affaire continuent de soigner les blessures. Les syndicalistes n’ont pas tardé à rentrer dans la danse. Ils n’entendent rater pour rien au monde cette occasion en or d’en ‘’finir’’ avec le gouvernement. Gaston Azoua et les autres ont récupéré la balle au fond et ne cachent plus leurs intentions de ranger au placard de l’histoire le régime du changement et son chef. A travers deux sorties publiques toutes musclées, ils ont déversé leur bile. L’atmosphère est viciée, le mercure a tellement monté au point où le thermomètre est sur le point d’exploser. Nostalgique de la révolution civile de 1963, Gaston Azoua se met en tête du peloton pour, non pas seulement prophétiser la guerre civile, mais appeler la masse ouvrière à la révolte pour ‘’chasser’’ Yayi du pouvoir. Lors de la dernière sortie des confédérations syndicales, il a martelé haut et fort que c’est la révolution des travailleurs qui a pu triompher du gouvernement du premier président de la République, Hubert Koutoukou Maga. Ces propos incendiaires en une période aussi critique que celle pré-électorale que nous traversons, n’augure rien de bon. D’ailleurs, certaines sources informent que des travailleurs spoliés s’activent déjà pour investir la rue. Visiblement, le Bénin va mal. Le changement très mal. Et il faut parer au plus pressé pour ne pas voir ce pays basculer dans une escalade de violence. Les anciens présidents Emile Derlin Zinsou, Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo ont déjà posé l’acte patriotique en s’invitant très activement dans la résolution de la crise. Mais cela ne saurait suffire pour étouffer les passions machiavéliques de certains béninois enclins au désastre dans la cité. Que l’on soit syndicaliste, opposant, mouvancier ou client grugé, nous sommes tous béninois. Le Bénin nous appartient tous et personne n’a intérêt que ce pays bascule dans le noir. Le retour de la paix est un devoir patriotique qui incombe à nous tous. En 50 ans d’indépendance, le Bénin a déjà vaincu la fatalité pour renouer aujourd’hui avec une révolte populaire.

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