L’affaire de la disparition d’un cadre du ministère des finances a connu un rebondissement ce début de semaine. Alors que les syndicalistes projetaient radicaliser cette semaine les mouvements de grève, on apprend subitement que le corps du disparu a été retrouvé sans vie à Womé, commune d’Abomey-Calavi, au domicile d’un charlatan, un certain Codjo Alofa. Malgré l’exhumation du cadavre découvert, le mystère reste entier sur la disparition de Pierre Urbain Dangnivo avec un lot d’interrogations. A qui profite le crime ? Le cadavre découvert est-il vraiment celui de Pierre Urbain Dangnivo? Ou est passé son véhicule ? Peut-on croire aux déclarations du présumé meurtrier ?
Par Lorys S.C HOUNON
Disparu il y a un peu plus d’un mois, le corps sans vie de Pierre Urbain Dagnivo a été retrouvé lundi dernier à Womè, commune d’Abomey-Calavi, au domicile d’un jeune charlatan qui aurait déclaré être l’auteur du crime. C’est du moins ce qu’a affirmé le ministre de la justice Grégoire Akoffodji, soutenu dans ses déclarations par le Procureur de la République qui a adressé un peu plu tard dans la soirée de ce lundi une lettre de condoléance à la famille du disparu. Pour Grégoire Akoffodji, il s’agirait d’une affaire de grosse somme, la trentaine de millions. Le meurtrier, un récidiviste connu dans son milieu comme un charlatan réputé, serait passé aux aveux en dénonçant des complices qui l’ont aidé dans l’accomplissement du crime. Le ministre parle également d’une ‘’excellente piste’’ trouvée et envisage même le test d’ADN pour l’identification du corps retrouvé dans un état de putréfaction très avancé. Seulement, malgré l’assurance notée dans les propos du garde des sceaux, cette découverte fait planer un nuage de mystères sur l’affaire. Lorsqu’on passe en revue le film de la scène de l’exhumation du corps, on est tenté de conclure à une mise en scène savamment orchestrée, qui a cependant manqué de tenir compte de certains détails. Le scénario tracé manque de pertinence, les acteurs choisis pour la mise en scène aussi. En paraphrasant l’autre, on parlerait d’un ‘’vari faux macchabée’’. Si non, comment comprendre q’u jeune de 25 ans, soit capable d’abattre froidement un homme, l’inhumé lui-même, dans sa propre maison derrière sa propre chambre et avoir le coeur tranquille ? Comment peut-on comprendre que qu’in individu appréhendé le 23 aout 2010 pour vol à mains armées, mise en garde prolongée, écouter par les éléments du petit palais, puis déféré à la prison civile de Cotonou, passe subitement aux aveux ce 26 septembre 2010, plus d’un mois après, après avoir toujours nié connaître le disparu ? Il y a là quelque chose qui cloche. On a du mal à gober ce scénario qui semble être monté de toutes pièces.
D’abord, depuis quand les autorités béninoises détiennent-elles la piste qui a conduit à la découverte du cadavre? Pourquoi avoir entretenu le silence autour ? pour raison d’enquête nous dira-t-on. Qu’est-ce-qui fait croire alors au ministre et au procureur de la République qu’il s’agit bien du corps de Pierre Dangnivo ? Quel médecin légiste a certifié le corps retrouvé et pourquoi le procureur de la République s’est empressé d’envoyer une lettre de condoléance à la famille du disparu, sans même attendre les résultats des tests médicaux ? Peut-on croire aux propos du présumé meurtrier, un récidiviste de surcroît? Comment peut-on comprendre alors son attitude ? Voila autant de questions qui ramènent au principe ‘’a qui profite le crime’’. Avec cette nébuleuse autour de l’affaire, la thèse d’un assassinat politique ne parait-elle pas la plus plausible ?