Le mal de la crise de confiance

 

La crise socio politique chronique que traverse le Bénin n’est en réalité que la cristallisation d’une autre crise, la crise de confiance devenue une pandémie. Depuis l’avènement du renouveau démocratique, les intérêts politiques divergents ont conforté les Béninois dans une tragique culture de la méfiance réciproque. On doute de l’autre et même de soi même. On doute de tout. De tout et de rien. L’adage  est consacré dans l’opinion  comme un mode de représentation  collective :’’les promesses de campagne n’engagent que ceux qui y croient’’ ! Ces propos  lâchés  au détour  d’une interview improvisée ont accentué la crise de confiance entre les acteurs socio politiques, entre qui le dialogue  sincère est devenu une gageure. Entre syndicat et pouvoir, le dialogue social est toujours dans l’impasse. Les travailleurs longtemps abusés par des promesses non tenues, ne créditent plus le gouvernement d’aucune bonne foi. Le climat est si vicié que de partout ne fume que du faux. Toutes les controverses autour de la Lépi tiennent de ce malaise premier qu’est la crise de confiance. Tout se joue dans une cruelle logique de la suspicion mutuelle. Conséquence, les lois sont taillées sur mesure, au gré de la majorité mécanique toujours variable. L’esprit de consensus qui a été à l’origine du succès de la conférence nationale de Février 1990 semble avoir déserté le débat socio politique. On distrait simplement l’opinion avec de pseudo dialogues et de faux fuyants qui constituent aujourd’hui une menace pour la paix et la cohésion nationale. Dans l’intérêt supérieur de la nation, nous devons guérir de ce mal funeste qui empêche d’évoluer. Il faut donc maintenant travailler à assainir l’environnement socio politique qui, dans la morosité actuelle, ne favorise guère le développement.

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