Compaoré, Soro, Gbagbo et Ouattara samedi 27 novembre à Abidjan. © AFP / Issouf Sanogo

La sécurisation du second tour de l’élection présidentielle et l’instauration d’un couvre-feu en Côte d’Ivoire jusqu’à mercredi prochain étaient au cœur des négociations qu’a menées hier, jusqu’à la dernière minute, le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dans la crise ivoirienne. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara s’affrontent aujourd’hui dans les urnes pour la magistrature suprême.
Le président Blaise Compaoré avait initialement prévu de quitter Abidjan sur le coup des 16 heures, le samedi 27 novembre. Le médiateur de la crise ivoirienne n’a finalement regagné son pays que peu avant 23 heures, au terme d’une journée marathon où il a rencontré tous les acteurs impliqués dans le deuxième tour du scrutin. Une journée bien longue au cours de laquelle il a tenté de désamorcer la crise liée à l’instauration dans la matinée d’un décret présidentiel instituant un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire à compter du soir même jusqu’au mercredi 1er décembre.
Le président Gbagbo a justifié sa décision par des raisons de maintien de l’ordre, l’armée l’ayant sollicité pour éviter de nouveaux affrontements entre militants des deux camps. Mais le décret a fortement irrité l’opposition qui y voit une volonté de manipuler le résultat final. L’autre finaliste de la présidentielle, Alassane Dramane Ouattara (ADO), et son allié houphouétiste Henri Konan Bédié, ont même demandé à leurs militants de braver l’interdiction nocturne.
Tous contre Gbagbo
Peu après 17 heures, ADO est arrivé au palais présidentiel pour une série d’entretiens, dont un huis clos avec le chef du gouvernement, Guillaume Soro, le médiateur Compaoré et le président sortant-candidat Laurent Gbagbo. Tous ont tenté d’infléchir la position de ce dernier. La Commission électorale indépendante (CEI) a également demandé l’assouplissement des mesures de sécurisation pour ne pas voir son travail entravé. En vain, semble t-il, même si Blaise Compaoré a expliqué que le président ivoirien avait « une très forte disponibilité pour envisager des mesures dans ce sens-là », sans en dire plus.
Dans la journée, de nombreux heurts entre militants des deux camps et avec les forces de l’ordre ont éclaté dans différents quartiers d’Abidjan provoquant le décès d’au moins trois personnes. Afin d’éviter les débordements ce dimanche 28 novembre, les deux finalistes ont finalement lancé un appel au calme lu par le Premier ministre : « Nous demandons à tous nos électeurs et nos militants de s`abstenir de tout acte d`agression sur les personnes et les biens ainsi que sur le matériel électoral, en vue de permettre l`organisation du scrutin dans un climat apaisé nécessaire à des élections transparentes ».
Et le président Gbagbo de finir par donner une franche accolade à son rival, en le taquinant au passage : « Il [ADO, NDLR] est en train de me dire qu’il m’appellera pour me féliciter de ma réélection », a-t-il lancé, dans un grand éclat de rire, à l’attention des journalistes. Le sourire aux lèvres, ADO s’est empressé de rectifier en affirmant que c’était le contraire… Les 5,7 millions d’Ivoiriens qui sont appelés aux urnes dimanche donneront raison à l’un… ou à l’autre.
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28/11/2010 16:43

ABIDJAN (AFP) – Les Ivoiriens votent dans le calme après les violences

Les Ivoiriens se rendaient dimanche aux urnes pour le second tour d’une élection présidentielle historique qui doit clore une décennie de crises politico-militaires, un scrutin dans le calme après une semaine de violences parfois sanglantes.
Quelque 5,7 millions de personnes ont commencé à 07H00 (locales et GMT) – ou un peu plus tard, en raison notamment de manque de matériel électoral – à départager le sortant Laurent Gbagbo et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara, qui avaient réuni 38% et 32% des suffrages au premier tour le 31 octobre.
La participation avait alors été exceptionnelle (83%), mais dans de nombreuses zones l’affluence semblait moindre ce dimanche à la mi-journée.
« Je suis venue pour que mon pays soit libéré avec ces élections », « libéré de la guerre, la violence », a expliqué à l’AFP Elisabeth Ahoussi, commerciale, dans le quartier administratif du Plateau à Abidjan.

Naguère rare exemple de stabilité en Afrique de l’Ouest, le pays a plongé dans la tourmente après le coup d’Etat de 1999 et le putsch raté de 2002, qui a entraîné des affrontements et la prise de contrôle du nord par une rébellion rebaptisée Forces nouvelles (FN).
Etudiante venue spécialement d’Abidjan pour voter dans sa ville de Bouaké (centre), fief des FN, Aminata Coulibaly reconnaissait avoir « peur »: « on vient voter mais on ne sait pas comment ça va se terminer ».
Le scrutin, à l’issue totalement incertaine, se déroulait dans le calme et sous la surveillance de discrètes forces de l’ordre.

Ce climat contraste avec la campagne, marquée par des affrontements entre partisans des deux camps qui ont causé la mort d’un militant pro-Gbagbo et fait de nombreux blessés.
Samedi après-midi dans le quartier populaire d’Abobo, fief de M. Ouattara à Abidjan, au moins trois personnes ont été tuées lors de heurts entre police et opposants qui protestaient contre le couvre-feu instauré pour la nuit et jusqu’à mercredi.
La mesure a été décrétée à la surprise générale par le chef de l’Etat, qui a dit vouloir « dissuader quelques extrémistes ».
Si le camp Ouattara y a vu aussitôt une volonté de « fraude », les longues discussions de samedi entre les candidats et le médiateur, le président burkinabè Blaise Compaoré, n’ont abouti pour l’heure à aucun changement concernant le couvre-feu.
Les deux prétendants ont lancé ensemble un appel au calme et se sont engagés à respecter le verdict des urnes.
Durant la semaine écoulée, ils avaient eux-mêmes créé un climat électrique en s’accusant à longueur de meetings de toutes les épreuves qu’a connues le pays en une décennie, et en se traitant mutuellement de « putschiste ».
Chacun s’est livré à d’impressionnantes opérations de séduction en direction de l’électorat d’Henri Konan Bédié, esse ntiellement son ethnie baoulé (centre).
Arrivé troisième avec 25%, l’ex-président a voté « tout naturellement » pour Alassane Ouattara, « candidat du RHDP » (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), alliance qu’ils ont forgée en 2005 après des années de déchirements.
« Nous sommes confiants », a-t-il dit dans un quartier chic d’Abidjan. Mais le camp Gbagbo estimait que la base de M. Bédié ne suivrait pas en masse sa consigne de vote.
De fortes pressions se sont exercées sur la commission électorale en vue d’une annonce des résultats plus rapide qu’après le premier tour, où l’attente avait créé tensions et rumeurs. Elle ne s’est pas cependant engagée formellement sur ce point, et a trois jours pour proclamer le vainqueur sur la base des données provisoires.

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Grève meurtrière sans service minimal dans les hôpitaux publics:Mgr Ganyet en appelle à la foi chrétienne des sorciers de luxe • impérieuse nécessité de réinventer le syndicalisme

Aucun béninois sensé ne peut rester indifférent à la tragédie qui se joue dans les hôpitaux publics, du fait de la grève des personnels paramédicaux et administratifs. Le dos au mur, le gouvernement est en panne de solutions idoines de sortie de crise. Devant l’ampleur des ravages, Mgr Antoine Ganyet en appelle à foi chrétienne des grévistes. Par Jacques SEGLA A la faveur de l’annonce du séjour du Pape Jean Benoît XVI au Bénin en novembre 2011, Mgr Ganyet s’est apitoyé sur le drame des morts dans les hôpitaux publics, du fait de la grève sans service minimum des paramédicaux et autres personnels administratifs. En effet, depuis trois semaines, on compte les victimes par dizaines dans les centres de santé publics. Le gouvernement, à court d’initiatives porteuses, s’est résolu à un dilatoire indécent auquel les grévistes opposent un jusqu’au-boutisme funeste, à la limite d’un crime contre l’humanité. Les patients meurent par dizaine au grand dam des béninois lambdas qui ne peuvent se faire traiter dans les cliniques privées de la place. Face à la tragédie des ravages irréparables, Mgr Ganyet, archevêque de Cotonou et président de la conférence épiscopale préfère explorer la fibre de la foi chrétienne des grévistes et de la classe politique. Son cri de détresse est accompagné de mots d’exhortation pathétique à l’endroit de la classe politique et de sa sœur chrétienne : « que les acteurs politiques de notre pays quelles que soient leurs différences quelle que soit leur position, se retrouvent autour d’une table pour dialoguer. Aux médecins chrétiens catholiques, pourrai-je leur demander d’aller voir ce qui se passe dans nos hôpitaux et ayant vu cette misère humaine, de se mettre immédiatement au travail. Je leur demande au nom de la foi en Jésus christ que nous partageons tous. Et, après nous allons nous asseoir pour voir et résoudre ce qui est la cause de ce malheur qui se passe aujourd’hui ». Si les citations de versets bibliques par le ministre Takpara n’ont pas été concluantes, on peut espérer que le prélat, cette foi-ci n’a pas prêché dans le désert. Le ministre Takpara mélangeait les genres, en se référant à l’Ephésien B, verset 20 et 21, pour attendrir l’engagement syndical des grévistes. Mgr Ganyet lui, est pleinement dans son rôle, lorsqu’il fait appel à la foi chrétienne des paramédicaux fâchés. Puisse cette exhortation être concluante, pour le bonheur des infortunés des hôpitaux publics car, même abstraction faite de la mise entre parenthèse insensée du serment d’Hippocrate, il est évident que les grévistes se trompent de cible dans ce mouvement qui frise le crime, et qui repose la question de la moralité de ceux qui enfilent aujourd’hui la blouse candide de la santé. Par ce radicalisme meurtrier, les agents de santé font peur, parce que du Front Uni des Organisations Syndicales de la Santé, les béninois ne retiennent que désormais que l’image d’un ‘’assassin joyeux’’ qui se réjouit devant le crime. Encore que dans le contexte actuel, nombre d’observateurs font déjà le saut de soupçonner des mains politiques derrière cette détermination rageuse des grévistes. C’est purement absurde de sacrifier des vies humaines pour réclamer des primes de motivation et de risque qui peuvent être versées à plus ou moins brève échéance. Dans ce cas, comment réparer les dommages consommés ? Il faut y bien penser, pour ne pas tourner en dérision l’appel de l’archevêque Ganyet, qui peut bien faire office d’échappatoire providentielle pour sauver la face.

Forte mobilisation autour de la famille Tchané à Djougou le week-end écoulé

• Plus de 2000 personnes portent ABT en triomphe dans les rues de Djougou
• Parcours atypique de l’illustre disparu
• Le préfet Gervais T. N’DAH SEKOU tente ‘’ d’émousser l’ardeur politique de ABT’’ par une manifestation improvisée

Novembre 1980 – Novembre 2010. 30 ans déjà que quittait ce monde pour la demeure céleste, El Hadj Moussa Bio Tchané, feu père du président de la BOAD, M. Abdoulaye Bio Tchané. Pour rendre un hommage mérité à ce grand homme, qui de son vivant a fait du développement de Djougou son cheval de bataille, une prière a été dite en sa mémoire le samedi dernier à la mosquée centrale de la ville. Quoique strictement familial, l’événement a mobilisé dans la cité des Kpétoni plus de deux milles personnes venues de tous les départements du Bénin. Et ceci, malgré la tentative de sabotage du préfet Gervais T. N’DAH SEKOU, qui a suscité une manifestation improvisée juste pour perturber la ‘’fête’’ des Tchanéistes. La totale réussite de cette commémoration, nonobstant tous les péripéties et pièges est fortement chargée de messages que seul celui qui sait lire entre les signes du destin peut subtilement décrypter.

Par Lorys S. C HOUNON

A événement spécial, mobilisation spéciale. La commémoration du trentième anniversaire de décès de feu El Hadj Moussa Bio Tchané a mobilisé à Djougou le week-end écoulé une foule impressionnante de parents, amis, sympathisants et alliés politiques acquis à la cause du président Abdoulaye Bio Tchané. Celui là, dont la candidature pour les présidentielles de 2011 ne souffre plus d’aucune équivoque. Cet Evénement strictement familial, a tôt fait de devenir une grande manifestation de réjouissance populaire, sur fond de propagande électorale car, il y a bien longtemps que Djougou attend cette occasion pour démontrer à ABT le soutien indéfectible dont il bénéficie. Et cette occasion, les sympathisants de ABT ne l’ont pas raté. Ce fut une vraie démonstration de force à effondrer tout rempart et toute forteresse. Tout a commencé par accueil triomphal du fils du terroir à Founka, une localité de l’axe Ouaké-Djougou. De là, la forte délégation qui accompagnait le président Abdoulaye Bio Tchané s’est ébranlée vers la ville, sous escorte des amis zémidjans et des populations très enthousiasmées. La délégation a échoué au domicile du président où l’attendaient ses frères et sœurs, ses invités et les membres de sa famille politique. Quelques minutes dans le cercle familial, et les délégations s’ébranlèrent vers la mosquée centrale de la ville pour la prière du trentième anniversaire du décès de El hadj Moussa Bio Tchané. La cérémonie de prière a duré une heure d’horloge environ, avec à la clé des témoignages sur l’emblématique personnage que fut El Hadj Moussa BIO TCHANE, cette grande personnalité de DJOUGOU. La cérémonie de prière à dressé le tapis pour les réjouissances populaires, moment au cours duquel ABT a communié avec se frères et sœurs, ses amis, ses invités et la presse dans la ferveur populaire. Les manifestations se sont poursuivies tard dans la nuit, avec les différentes prestations de groupe folklorique dans la soirée. Il faut noter que l’étape des réjouissances populaires a permis au président de la BOAD de recevoir en audience ses frères et sœurs pour des préoccupations diverses.
ABT fait courir Yayi et sbires dans toutes les directions
Décidément, les partisans du Chef de l’Etat ne sont pas prêts pour rompre avec l’absurde logique d’affrontement et de provocation à la quelle ils nous habituent ces dernières semaines. En effet, pendant que la famille Bio Tchané a choisi la date du samedi 27 novembre 2010 pour commémorer le trentième anniversaire de décès de feu El Hadj Moussa Bio Tchané, un homme ‘’ dont l’évocation du nom déclenche chez tous les fils de cette localité, un sentiment de reconnaissance pour son combat en faveur de l’émancipation et le développement de Djougou’’, des sbires du régime du changement ont trouvé que le moment est propice pour organiser une marche au profit de la Lépi.
En effet, par message radio faxé N°6/—–P-SG-SAG-DAG, le préfet des départements Atacora-Donga informe le ministre de la décentralisation de la tenue d’une prière à l’intention de feu père Bio Tchané à la mosquée centrale Djindjiré-Béri à Djougou le samedi 27 novembre 2010. Dans ce même message radio faxé, le préfet souhaite au ministre que les FCBE s’organisent pour préparer des actions de charme pour émousser l’ardeur politique de ABT. Effectivement ce même jour, un mouvement de soutien à la Lépi mené par un squelettique groupe de 200 personnes environ s’est tenu dans la ville pendant que les manifestations en mémoire d feu Bio Tchané allaient démarrer. N’eut été la vigilance et le sens de responsabilité des organisateurs de la prière publique, des affrontements auraient éclatés. Heureusement, le camp des Tchanéistes a su esquiver le piège et tout s’est passé dans le calme.
Cette énième tentative de saboter les sorties officielles de Abdoulaye Bio Tchané donne la preuve que la simple évocation de ce nom met en déroute les Yayistes et trouble le sommeil de leur chef de l’Etat. Tchané fait courir Yayi dans le septentrion. La preuve est là et têtue.

Réouverture des bureaux de l’arrondissement de Gouka (Bantè):Mission accomplie par le CM Jean Gounongbé

Depuis samedi dernier, le bureau de l’arrondissement de Gouka dans la commune de Bantè ont réouvert leurs portes aux populations. Après plus de deux ans de fermeture. La raison principale de cette longue période de fermeture et de hiatus né des communales de 2008 entre les militants de l’Alliance pour un Bantè Emergent (ABE) de l’ancien mère de Bantè Justin Adido et la Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) coordonnée dans ma commune par l’honorable Grégoire Laourou. Les deux forces politiques ont décidé de fumer le calumet de la paix et de promouvoir le développement de la localité. Et exploit est l’œuvre de Jean Gounongbé, Président du Congrès du Peuple pour le Progrès (CPP) et Chargé de Missions du Président de la République.

Par Romaric TOSSOU

Ce que Grégoire Laourou n’a pas pu faire chez lui, Jean Gounongbé l’a réussi au profit de Gouka et par ricochet de Bantè. En effet, la crise entre ABE et FCBE à Bantè et qui a plongé Gouka dans la caverne jusqu’à samedi passé remonte aux dernières communales. Le dialogue de sourds entre les deux entités politiques a occasionné la fermeture des bureaux de l’arrondissement. Cette situation a créé un manque à gagner à l’arrondissement et à la commune en terme de recettes mais aussi et surtout aux populations qui ne pouvaient plus bénéficier de leurs documents administratifs. Rongé par cette misère, le médecin colonel AROUKO Henri, natif de la localité a porté l’information devant la haute autorité qui, sans autre forme de procédure, a confié la gestion de la situation à son CM Gounongbé. Jean Gounongbé s’est mis très tôt à la tâche, a consenti efforts et sacrifices pour en arriver à l’exploit du samedi dernier. Toute la bonne ville de Gouka et même de Bantè lui a fait savoir ses sentiments de reconnaissance. A  la cérémonie du samedi dernier, on notait la présence effective du préfet Nouatin, des conseillers communaux et de villages, de notables, de sages et de têtes couronnées.  Mais, ce que les uns et les autres ne comprennent pas encore, c’est l’absence de Jean Gounongbé, principal artisan de cette fête et celle de Grégoire Laourou, député de la commune, président de l’UMPP et natif de Bantè. En tout cas des investigations sont en cours pour connaître des vraies raisons de cette politique de la chaise vide. Nous y reviendrons.

Tension dans l’enseignement secondaire:

L’année scolaire 2010-2011 démarrée timidement le 04 octobre dernier est loin de nous avoir livré tous ses secrets. Tout évolue au rythme de mouvements d’humeur d’enseignants frustrés pour des motifs divers. Le ministre de l’enseignement secondaire peine particulièrement à retrouver la sérénité et le moral nécessaire à une gestion efficiente du département dont-il a la charge.

Après la grogne des enseignants qui auraient été victimes de mutations ou de nominations arbitraires, le ministre Aké Natondé fait maintenant face à des mouvements plus organisés. Sit in et débrayages s’enchaînent à une intensité sans cesse croissante. Des enseignants de zone d’accès difficile revendiquent les primes de zones déshéritées. Des enseignants vacataires reclament leur reversement en catégorie d’enseignants contractuels de l’Etat. Les enseignants contractuels de l’Etat exigent d’être reversés en catégorie d’agents permanents d’Etats. Parallèlement, la décision brusque et brutale de la gratuité de la scolarité des filles des 6è et 5è des collèges et lycées expose ses tares dans le fonctionnement des établissements publics, surtout dans les établissements nouvellement crées qui n’avaient aucune statistique disponible en la matière. L’improvisation a rattrapé le gouvernement qui ne s’en émeut guère. Le ministre Aké Natondé pense avoir trouvé la meilleure formule de diversion, en suggérant la mise en place d’un comité de suivi impliquant les représentants des enseignants. Mais ces derniers s’appellent à la veille permanente, et avertissent que les mouvements enclenchés vont se poursuivre en s’intensifiant avec, à la clé, les apprenants abandonnées à leur sort dans les classes. Comme quoi, une rentrée apaisée n’appelle pas automatiquement une année scolaire apaisée. On doit repenser globalement les problèmes de l’école béninoise, dans une vision prospective. Nous n’y sommes pas encore. Et c’est dommage

Lire l’intégralité du manifeste du cinquantenaire:MANIFESTE DU CINQUANTENAIRE

“Et si nous voulons remonter, voyez comme s’impose à
nous, le pied qui s’arc-boute, le muscle qui se tend, les dents qui se serrent, la tête, oh! La tête, large et froide!
C’est d’une remontée jamais vue que je parle, Messieurs,
et malheur à celui dont le pied flanche!”
Cette sommation adressée à l’Afrique, en 1966, par Aimé Césaire dans l’éclat du « soleil des indépendances », résonne aujourd’hui avec une
urgence singulière. Elle a la valeur d’un appel au sursaut dans un monde en profonde mutation, dont l’Afrique est un pôle crucial d’interrogations, mais aussi d’espérances.

1-Témoins d’hier et acteurs du présent, venus de tous les horizons d’Afrique et du monde, réunis à Cotonou, au Bénin, du 16 au 20 novembre 2010, nous retenons, au terme de la commémoration du cinquantenaire des indépendances, que l’audace reste l’unique défi pour une Afrique nouvelle.

2-Comme tous les peuples du monde, nous venons, nous aussi, des
profondeurs et des lointains de l’histoire humaine.

3-Nous avons connu la tragédie de l’humiliation, puis celle de nos propres échecs . Mais nous avons aussi connu des triomphes de l’intelligence et des victoires sur nous-mêmes.

4- Cinquante ans durant, notre mission aurait dû être de lutter pour l’émancipation de la société vis-à-vis des pouvoirs, l’émancipation des hommes et des femmes et construire des relations humaines plus égalitaires. L’intelligentsia africaine n’a pas toujours été à ce rendez-vous.

5-Les luttes de libération ont enfanté, dans la douleur, l’Afrique d’aujourd’hui, et, en dépit des mille et une raisons que nous avons de nous plaindre de notre sort, nous reconnaissons que cette liberté, acquise les armes à la main ou sournoisement octroyée, a ouvert à tous de nouveaux horizons.

6-Plus aucun d’entre nous ne vit à l’heure actuelle dans le même monde que celui de ses parents. C’est pourquoi, au terme des commémorations qui ont jalonné ici et là ce cinquantenaire, nous faisons de cette étape un rendezvous de l’Afrique avec elle-même et avec l’Histoire, une heure de vérité qui concerne le continent tout entier.

7-Au nom de cette vérité, nous osons confesser que l’Afrique va mal, très mal. Nous n’avons d’autre choix que de nous résoudre au sursaut salvateur de dernière heure, fondé sur des valeurs positives incompatibles avec la médiocrité et la fatalité. A cette seule condition, notre continent pourra échapper au chaos qui le guette.

8-C’est pourquoi, aujourd’hui, l’Afrique est appelée à emprunter de nouveaux chemins de liberté et de développement.

9-La construction d’une Afrique unie en Fédération des Etats-Unis d’Afrique est un objectif prioritaire. Aujourd’hui, nous relancerons l’espoir en une coopération internationale, une coopération autrement vécue et autrement gérée parce que privilégiant les grands ensembles africains mis à mal par les indépendances « octroyées» à des espaces balkanisés, morcelés ou fragmentés.

10-Notre marché intérieur, fort de plus d’un milliard de
consommateurs, reste la première chance de production de biens et d’échanges rémunérateurs pour chacun des Etats du continent. Nous devons promouvoir une coopération qui renforce les capacités de maitrise de ce marché intérieur africain. Le secteur privé est le maillon faible des économies africaines. L’heure a sonné de rompre avec les pratiques publiques handicapantes, et de soutenir un secteur privé fort et compétitif, capable de tenir la concurrence dans le contexte actuel de la mondialisation.

11-Nous croyons en l’Afrique indépendante, souveraine et unie. Nous croyons en sa place irremplaçable dans le monde. Nous croyons en l’enjeu majeur qu’elle y représente tant par la richesse unique de ses ressources minières et naturelles, que par la diversité culturelle qui caractérise ses immenses potentialités humaines. Nous croyons en la parole singulière qu’elle a à prononcer.

12-Ce cinquantenaire des indépendances est aussi l’occasion d’affirmer collectivement, toutes générations et tous pays africains confondus, que l’essentiel de l’avenir d’un peuple est dans sa capacité à valoriser la personne humaine dans toutes ses dimensions. Sur ce chemin du développement au XXIème siècle, nulle région du monde ne peut vouloir donner de leçon à l’Afrique. Elle porte en son sein des richesses singulières. Malgré nos blessures, nos fragilités et nos doutes, les hommes et les femmes, les fabuleuses richesses dont nous disposons ainsi que nos cultures, constituent des ressources à la mesure de notre volonté de puissance continentale. Nous apporterons ainsi, à nous-mêmes et à l’humanité, notre part, dans la construction d’une mondialisation civilisée, à visage humain.

13-Nous avons puisé dans les cultures d’Occident et d’Orient. Nous offrons à notre tour, la possibilité à tous lés autres peuples, de puiser dans les nôtres. Il y aurait tout à gagner pour le développement humain, que les cultures traditionnelles, les sciences, les arts, les spiritualités, la littérature soient valorisés dans la diplomatie des Etats. L’Afrique peut apporter une dimension multiculturelle dans les instances internationales. Par la voix d’Alioune Diop, les écrivains et artistes noirs nous y invitaient déjà, lors de leur congrès en 1956. « Nous sommes concernés par la culture mondiale quel que soit le niveau de notre équipement moderne …. Il importe que les grands problèmes soient accessibles à toutes les consciences et que toutes les originalités culturelles soient accessibles à chacun… »

14-Pour que l’Afrique prenne véritablement son envol économique, il y a urgence à construire des ensembles régionaux. Le développement est tributaire d’un environnement économique et monétaire favorable aux investissements. En Afrique, au cours des cinquante dernières années, de nombreuses analyses, expertises et études ont évalué les expériences de monnaie faites ici et là sur le continent. Nous disons aujourd’hui que l’heure a sonné pour faire le saut, en toute connaissance de cause, de la construction accélérée de zones monétaires régionales en vue d’ une zone monétaire africaine.

15-La classification des pays en catégories dites pays moins avancés, (PMA), pays pauvres très endettés (PPTE) induit des conditions spécifiques d’aide que nous ne saurions considérer comme une panacée à perpétuer mais plutôt comme un mécanisme de subordination qui appelle rupture. La majorité des pays ainsi classés sont africains. Le nouveau cap du cinquantenaire se fixera un objectif: réduire, dans les plus brefs délais, grâce à une discipline économique vigilante et une gouvernance éclairée , le nombre de pays africains ainsi stigmatisés.

16- Les défis à relever sont encore immenses. Des chantiers gigantesques restent ouverts: la sécurité et la paix, la santé, l’éducation, la recherche scientifique et technologique, la gestion de nos villes et de nos campagnes, la mise en valeur de nos terres grâce à une politique agricole appropriée qui redonne à l’Afrique sa souveraineté alimentaire, la sauvegarde de l’environnement, la réforme du système judiciaire, la formation et l’emploi, la culture, la promotion des langues africaines etc.

17-En matière de gouvernance, le spectacle qu’offrent nos pays est à plus d’un titre, désolant., Le mensonge, la manipulation, la corruption, le meurtre, la dictature, les atteintes les plus graves aux libertés publiques, les violations des droits de la personne humaine, l’impunité, le népotisme et ses excès, et autres dérives ahurissantes sont érigés en règles de commandement. La société civile elle-même se trouve minée par des pratiques répréhensibles telles que: la tricherie, la fraude, la recherche effrénée de l’ascension personnelle. S’agissant des média, la tentation est grande de succomber au pouvoir de l’argent et à l’attrait du gain facile en sacrifiant le droit du public à une information juste et équilibrée.

18-Les solutions viendront principalement de nous, hommes et femmes d’Afrique résolus à prendre nos responsabilités. Nous voulons construire, en ce début du XXIe siècle et un demi-siècle après l’accession à l’indépendance politique,jne Afrique audacieuse, juste et prospère] nourrie par le dialogue pacifique de ses identités multiples et en pleine conscience de la place qui lui revient dans les défis de la mondialisation.

19-Dans la géopolitique mondiale en cours de redéfinition, notre continent a rendez-vous avec lui-même, avec l’édification de sa propre modernité. La double question de la démocratisation et du progrès économique durable se pose à un profond niveau historique et stratégique pour l’Afrique qui possède tous les moyens d’occuper une place centrale dans la communauté internationale et de répondre, avec dignité, aux responsabilités qui lui incombent par rapport à son histoire, à ses ressources matérielles et à la mobilisation de ses capacités humaines.

20-Nous n’avons pas la prétention d’imposer un modèle de développement inédit. Nous veillerons cependant, à ce qu’aucune rupture ne vienne entraver les avancées de la démocratie, l’évolution scientifique, le progrès économique et social et les valeurs culturelles qui constituent le terreau humain primordial et le but ultime de tout développement.

21-Les impasses auxquelles conduit la crise des modèles dominants de croissance du XXIème siècle, posent la question de l’articulation entre les dimensions de la vie humaine et sociale. Nous n’échapperons pas, à notre tour, à I’ obligation d’apporter notre solution à cette question. Nous aurons l’intelligence d’intégrer les impensés des économies dominantes en recomposant nos connaissances, nos certitudes, nos héritages sous un jour nouveau, afin d’adjoindre à toutes nos initiatives de développement économique et politique, la capacité à toujours créer dé l’humain.

22-Nous aurons à coeur de reconsidérer nos propres richesses, de questionner notre conformisme par rapport au modèle dominant, d’évaluer nos partenariats en prenant en compte tous les paradigmes en présence. Cette évaluation et les ruptures qui s’ensuivront, devraient nous permettre de tracer notre voie singulière dans le concert des nations. D’autres continents autrefois colonisés et dominés ont opéré ces ruptures. Cela est donc possible, à force de vision, de travail et de volonté persévérante.

23-Nous ne pouvons passer sous silence l’apparition de nouveaux acteurs et de nouveaux pôles de décision à l’influence croissante qui ont changé la donne géopolitique et qui forcent leur entrée sur l’échiquier international. Ces nouveaux acteurs qui élargissent nos horizons investissent massivement notre continent, en quête de matières premières et de nouveaux marchés. Par rapport à ce nouveau défi, il nous faut, avec intelligence, définir une stratégie concertée de gouvernance de tous nos partenariats.

24-La priorité endogène créatrice d’emplois par millions et génératrice de biens doit déterminer les rapports interafricains aussi bien que les relations avec les pays du Nord et ces nouveaux acteurs. Nous voulons que cette priorité des intérêts vitaux de l’Afrique soit formellement adoptée aussi, comme stratégie de gouvernance et effectivement inscrite dans la pratique quotidienne de nos Etats.

25-Nous considérons la solidarité de la diaspora historique et récente comme un des ferments de la politique de développement endogène de l’Afrique. Elle représente aujourd’hui la sixième région du continent. Le poids de son apport, notamment financier, est incontournable pour le développement de l’Afrique.

26-Pour nous-mêmes, dans l’intérêt de nos populations, il nous faut tout mettre en oeuvre pour atteindre les objectifs du millénaire. Car il s’agit moins d’atteindre un standard de développement, que de permettre aux aspirations individuelles et collectives de se réaliser concrètement.

27-A cet égard, la poursuite de l’amélioration de la qualité de vie est un défi central. En ce sens, il faut placer au premier plan, la santé et la sauvegarde de l’environnement. Notre rapport respectueux à la nature, notre
patrimoine culturel, notre sens communautaire constituent des richesses exceptionnelles à préserver. De même, l’éducation pour tous, filles et garçons, reste une priorité. Mieux, il convient désormais d’affirmer haut et fort que tous doivent ressentir les bénéfices de l’instruction aux plans individuel et collectif. Dans la même logique, nous demandons avec force que toutes les femmes d’Afrique, bâtisseuses inlassables au quotidien du devenir de notre continent et du monde, jouissent du respect de leur intégrité physique qui découle de leur statut de mère de l’homme et de l’humanité, trouvent la place qui valorise leur rôle, accèdent en nombre aux responsabilités de décision et bénéficient des fruits d’une gouvernance qui humanise leur condition.

28- Les langues africaines constituent le socle du patrimoine humain de l’Afrique. Nous voulons qu’elles soient systématiquement inscrites dans les programmes scolaires et enseignées dans tous les cycles scolaires et qu’elles servent de vecteur dans les technologies de l’information et de la communication. De leur appropriation par les africains dépend aussi le rayonnement de l’Afrique dans le monde.

29-En cette année 2010, proclamée «Année de la Paix et de la sécurité» par l’Union Africaine, forces politiques et sociales, pouvoirs économiques, intellectuels, acteurs culturels et médiatiques, nous mobiliserons, grâce à une culture du dialogue, tous les moyens nécessaires à la prévention, à l’alerte précoce, à la médiation, et à la résolution des conflits interethniques et des affrontements politiques. La priorité est de mettre un terme à l’explosion dommageable et criminelle des manquements au droit et des tragédies répétées qui, en paralysant les avancées du continent, nous décrédibilisent gravement.

30-Nous appelons nos dirigeants politiques, au pouvoir ou dans l’opposition, à accroître leur capacité de consultation, de négociation, de réconciliation et de décision en favorisant une diversification des lieux de pouvoir. Cette exigence permettra de réunir les conditions d’un véritable contrat de solidarité entre tous les partenaires sociaux, du sommet à la base. C’est l’appropriation et l’acceptation des politiques de développement par les populations concernées qui est ici en jeu.

3 1-L’éthique se remet à l’ordre du jour et s’impose comme facteur de rupture par rapport à l’action publique de ces cinquante dernières années.
Il nous faut placer le deuxième cinquantenaire de l’Afrique et de son développement, sous le signe de(l’éthique et de la responsabi1it L’économie aura assurément besoin de l’éthique dans le combat pour enrayer l’extrême pauvreté et pour la conquête du minimum social commun au bénéfice des populations les plus démunies.

32-L’Afrique, dans son ensemble, n’a pas fait le bond technologique et scientifique indispensable à son positionnement dans la compétition moderne. La fuite des cerveaux qualifiée avec justesse d’hémorragie, alimente les acquis scientifiques exogènes et prive notre continent d’un atout majeur. Nous voulons qu’à l’échelle du continent, soit substituée à cette saignée, une politique scientifique audacieuse et coordonnée. Une telle politique appelle de la part des pouvoirs publics et en particulier des chefs d’Etat, le financement d’initiatives de formation et de recherche susceptibles de retenir nos scientifiques en Afrique, de créer les conditions favorables au retour et à l’insertion de nos étudiants envoyés ou retenus à l’extérieur, dès leurs études terminées.

33-Nous osons rêver après les grandes figures de la diaspora historique noire, pères d’inventions scientifiques qui ont révolutionné le monde, que l’Afrique ramène la science et la technologie au bercail. Il nous faudra pour cela, mettre en réseaux les femmes et les hommes de science d’Afrique dispersés dans le monde et déjà engagés dans une expérience de partage de technologies avec leur continent, ou renforcer de tels réseaux là où ils existent.

34-Les réussites et les efforts du continent ont été jusqu’ici peu remarqués. L’Afrique levait la tête sans être vue. Pourtant, elle dispose de formidables capacités de savoirs et de savoir-faire techniques, scientifiques et technologiques sur son sol, où les populations démontrent au quotidien, même dans les conditions matérielles les plus précaires, des aptitudes renouvelées à l’adaptation de savoirs traditionnels et à l’innovation scientifique, notamment, par la rapide percée des technologies de 1’ information et de la communication et dans l’exploitation des ressources de la biodiversité.

35-Nous voulons que soit instaurée ou poursuivie la distinction des inventeurs, innovateurs dans tous les domaines du développement, par l’attribution de prix à caractère national, régional et continental.

36-Continent des symboles, continent créateur de sens, l’Afrique est présente sur la scène internationale dans tous les domaines de l’art et de la culture. L’art africain contemporain s’est imposé dans les grandes galeries du monde.

37-L’Histoire a toujours été écrite et illustrée par les vainqueurs. L’Afrique a commencé à écrire et à illustrer la sienne. Nous voulons que soient instaurées, partout où elles n’existeraient pas encore, des distinctions pour encourager et récompenser la création littéraire et artistique pour qu’enfin l’Afrique soit dite par elle-même.

38-Le destin de l’Afrique est lié au destin du monde. Notre indépendance désormais acquise, nous devons construire et gérer plus intelligemment nos interdépendances de manière à valoriser l’humanité.

39-Nous n’oublions pas d’où nous sommes partis ni les épreuves subies par nos devanciers, Africains illustres ou anonymes, piétinés et souvent sommairement exécutés, tous ceux à qui nous devons les indépendances.

40-Rêveurs impénitents, nos pères n’étaient pas dupes des circonstances ambiguès dans lesquelles nos pays accédaient à l’indépendance. Mais ils voyaient dans cette indépendance non une fin en soi mais un élan, le premier pas vers la réalisation de fins supérieures. Sans eux la décolonisation n’aurait jamais eu lieu.

41-Il nous faut sans cesse rappeler que la marche vers l’indépendance n’a nulle part été facile. Il est essentiel aujourd’hui de nous souvenir que c’est pour nous et nos enfants que sont morts dans des conditions atroces, Patrice Lumumba, Félix-Roland Moumié, Ernest Ouandié, Dedan Kimathi, Amilcar Cabrai et bien d’autres.

42-Le cinquantenaire est aussi l’occasion de dire notre immense gratitude à des penseurs de grande envergure et à des hommes d’action courageux dont les noms sont à jamais gravés dans le coeur et dans la tête des Africains de toutes les générations: Cheikh Anta Diop, Frantz Fanon, Alioune Diop, Kwame Nkrumah, Julius Nyerere, Gamal Abdel Nasser, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Agostino Neto, Joseph Ki-Zerbo, Nelson Mandela, Mongo Beti, Wole Soyinka parmi des dizaines d’autres que nous ne savons même plus entendre, en ces temps d’inertie où le manque d’audace semble avoir plombé jusqu’à nos âmes. Entremêlant leurs voix en un formidable hymne à la.dignité de l’homme africain, ils ont donné corps au rêve d’une Afrique debout, pleinement elle-même, apportant sa parole et son génie au développement et à l’humanisation de notre planète.

43-Nous nous engageons à faire en sorte que cette Histoire soit enseignée à tous les enfants d’Afrique, dès l’école primaire, de génération en génération.

44-Héritiers d’aujourd’hui, c’est à vous jeunes, qu’il revient de vous saisir de cette flamme, de la porter haut sur les cimes les plus élevées, de la laisser réchauffer votre coeur, forger votre intelligence, nourrir votre volonté.

45- Tous ces héros de l’indépendance de l’Afrique vous passent aujourd’hui le témoin avec pour instruction de franchir le cap de leurs balbutiements.
C’est vous qui offrirez aux Africains, dans un avenir très proche, les larmes de joie de voir enfin leurs rêves devenir réalité.

46-Tous les dirigeants sont comptables de leurs actes devant l’Histoire. A ce titre, vous avez le droit de demander des comptes. Mais le temps qui passe et les urgences de ce temps, vous appellent déjà à la tâche. Vos aînés auront laissé à l’histoire moins de bravoure et d’abnégation que les héros de la libération de l’homme noir de l’esclavage et de la colonisation.

47-Vous dites « non » à l’instrumentalisation dont vous êtes l’objet. Vous exigez le droit à la parole. Vous cherchez votre place et une identité entre la modernité et les pratiques ancestrales que vous souhaitez libératrices. Vous aspirez à une cohabitation féconde avec les ainés pour tresser une corde nouvelle et solide autour de l’ancienne corde.

48-Nous ne voudrions pas que s’éteigne dans nos mains, le flambeau qu’ont tenu nos pères et qui a pour noms: Sacrifice, Patriotisme, Valeurs du travail et de la discipline, Don de soi, Ethique comme règle de vie.

49-« L’heure de nous-mêmes a sonné ». Cela veut dire que nous prenons l’engagement de travailler, avec tous, pour que, ce qui hier, nous paraissait insupportable, ne soit plus considéré aujourd’hui, comme insurmontable.

50- Des pénombres des cinquante dernières années, nous surgissons, résolument debout. Hommes et femmes d’Afrique et de la diaspora, réunis ici en terre africaine du Bénin, nous proclamons ce samedi 20 novembre 2010, notre engagement à prendre des initiatives audacieuses, à faire nôtre, pour les cinquante années à venir, la culture de la paix , de la discipline et du travail soutenu pour un développement accéléré centré sur notre humanité en progrès.
Nous décidons de mettre un terme au destin de l’ombre et de l’effacement. Nous réaffirmons l’audace de notre unité et de notre renaissance

Cotonou, le 20 novembre 2010

Proclamation du Manifeste du cinquantenaire des indépendances africaines:Les 50 résolutions pour une Afrique qui gagne

Les rideaux sont tombés sur le dernier symposium international sur le cinquantenaire des indépendances africaines. Après 5 jours de débats très enrichissants et très nourris, les assises ont connu leur épilogue samedi dernier par la proclamation du manifeste du cinquantenaire. Un document qui trace en 50 points les lignes pour une nouvelle Afrique.

Par Lorys S.C HOUNON

Qu’est-ce que l’Afrique a pu faire de ses 50 ans d’indépendance ? C’est la grosse interrogation qui a justifié la tenue en terre béninoise, du 16 au 20 novembre dernier, du colloque international sur le cinquantenaire les indépendances africaines. Pendant cinq jours donc, l’intelligentsia africaine s’est penchée sur la question du devenir du continent noir les 50 prochaines années. Scientifiques, historiens, géographes, sociologue, philosophe, hommes de lettre, hommes de culture et hommes politiques, ces témoins d’hier et acteurs d’aujourd’hui, se sont réunis à Cotonou pour penser autrement l’avenir de l’Afrique. Dans son allocution de bienvenue, le professeur Albert Tévoèdjrè, en sa qualité de président du comité d’organisation a rappelé le fondement du thème sur lequel l’intelligentsia africaine est appelée à réfléchir pour un centenaire très reluisant.
 » L’audace, unique défi pour une Afrique nouvelle « , ainsi s’est libellé le thème central autour duquel se sont articulées les différentes communications.
Au cours des travaux, les participants venus de tous les horizons d’Afrique et du monde, se sont d’abord livrés à un devoir de mémoire pour une critique objective du chemin parcouru, avant de jeter les pistes de réflexion pour redresser la barre. Après 50 ans d’indépendance, il est indéniable aujourd’hui que la situation de l’Afrique est semblable à celle d’un mendiant assis sur une mine d’or. L’Afrique reste le maillon vulnérable du système mondial. Et pourtant elle dispose de nombreuses ressources naturelles, les hydrocarbures, l’uranium, les minéraux rares, les terres agricoles… . Ayant pris conscience de cette réalité, le peuple africain doit maintenant se donner les armes pour profiter du système. L’Afrique doit se lever maintenant pour bouleverser l’ordre des choses. Et cela passe par l’audace. L’audace, l’audace et toujours l’audace. L’audace de penser, l’audace d’agir, l’audace de changer les choses… . Pour le ministre d’Etat Irénée Koupaki, ‘’ le combat pour la libération n’est pas fini. Il se pose aujourd’hui en d’autres termes, et se gagnera sur le front du développement. Il nous faut construire une Afrique debout, une Afrique qui gagne, une Afrique, espace de mieux-être partagé.’’ Pour la député de Guyane, Christiane Taubira, il est plus que jamais question pour l’Afrique de se donner l’audace d’ouvrir l’avenir. En s’adressant à la jeunesse africaine en général et celle béninoise en particulier, le président de la République du Rwanda, S.E.M Paul Kagamé demande à la génération montante de s’investisse dans des initiatives novatrices, seul gage d’un nouvel essor pour l’Afrique.
A l’issue des assise, le colloque a accouché d’un manifeste proclamé samedi dernier par le professeur Albert Tévoèdjrè. Ce document, un vrai outil de développement, décline en 50 points les recommandations pour l’éclosion d’une Afrique qui gagne, une Afrique espace de mieux-être partagé.
Les fruits ont tenu la promesse des fleurs.
L’histoire retiendra que les jalons d’une Afrique nouvelle ont été posés au Bénin, l’ex quartier Latin de l’Afrique.

Perspective 2011:

Tout le week-end écoulé, une forte délégation de l’Union fait la Nation était dans les départements du Zou et des Collines pour l’installation des Unions communales provisoires (UCP) de l’union dans ces localités. Au cours de cette tournée, le candidat unique de l’UN a été porté en triomphe par les populations, surtout à Abomey où les Houégbadjavi ont démontré leur adhésion sans équivoque à la candidature de Me. Adrien HOUNGBEDJI.
L’adhésion massive des populations du Zou et des collines ainsi que de leurs cadres aux idéaux de l’UN

Par Romaric TOSSOU
La tournée nationale d’installation des Unions Communales Provisoires de l’UN suit son cours. Les vendredi, samedi et dimanche derniers, les populations les ténors de cette formation politique accompagnés de quelques membres étaient dans les départements du Zou et des Collines. Tout a commencé le vendredi soir par une veillée de prière de l’ensemble des églises évangéliques du Zou à la salle de réunion de la mairie de Bohicon. La journée du samedi a été marquée par plusieurs manifestations dont la visite au Roi Agoli Ago Délagni, au palais central Singbodji d’Abomey, en présence de tous les cardinaux de la cour royale
La visite au roi Houédogni Béhanzin au palais de Djimé, la séance de travail avec les cadres du plateau d’Abomey, la rencontre avec les jeunes du Zou, et la messe catholique à la cathédrale d’Abomey. Au cours de cette même journée, un géant meeting s’est tenu au stade de Glazoué pour consacrer l’installation des Unions communales provisoires des communes du département des collines. Dans la journée du dimanche la cérémonie de libation ‘’Ahanbiba’’ dans la collectivité royale AZIFAN (famille de la grande mère maternelle de Adrien HOUNGBEDJI), a sonné le clou des manifestations. En effet, au cours de cette cérémonie, le candidat unique de l’Un a visité le panthéon familial, le mausolée de la grande mère et bénéficié de diverses prières. Les événements ont connu leur épilogue par la cérémonie officielle d’installation des UCP des communes du département du Zou. Il faut noter que la délégation de cette tournée est composée du président de l’Union Fait la Nation, Bruno Amoussou, du candidat unique Me Adrien Houngbédji, des Présidents Lehady SOGLO et Lazare Sèhouéto, du Coordonnateur national de l’UN, M. Kolawolé IDJI , du Président de Marche, M. DANSOU DOSSA pour l’étape de Glazoué et de plusieurs députés et Directeurs Exécutifs de l’UN dont Eric HOUNDETE, Augustin Ahouanvoebla, Raphael AKOTEGNON,
l’ancien ministre Roger AHOYO, Professeur Maurice AHANHANZO-GLELE , l’ancien ministre DOSSOUHOUI, l’ancien député Eustache AKPOVI, le DST Cotonou Basile TCHIBOZO, le Roi de Glazoué etc.

Me Adrien Houngnédji, le candidat des Houégbajavi

A l’occasion de la descente de l’UN à Abomey le week-end écoulé, on a pu constater la forte mobilisation dont bénéficie Me Adrien Houngbédji pour la conquête du pouvoir en d’abord, le message du premier adjoint au maire de Cotonou, Léhady Soglo est évocateur. En s’adressant aux faux militants qui continuent de susciter sa candidature, Léhady Soglo a martelé devant micros et caméras que l’Union fait la Nation a fait un choix. Ce choix, c’est de soutenir Me Adrien Houngbédji en 2011. Il demande alors aux cadres du plateau d’Abomey de soutenir ce choix. Il a ainsi exprimé son soutien très affiché et sans équivoque à Me Adrien Houngbédji. On a également constaté lors de cette tournée la parfaite entente entre Léhady Soglo et Lazare Sèhouéto, les deux plus jeunes leaders de l’union. De cette tournée, on tire également la leçon que les confessions religieuses, notamment les églises évangéliques ne la chasse gardée de personne.
Somme toute, la tournée de l’UN dans les départements du Zou et des Collines a tenu toute la promesse des fleurs. La machine électorale de l’union est désormais solidement ancrée dans des localités pour une victoire éclatante lors des présidentielles de mars 2011.

Glazoué, un os dans la gorge de l’UN ?
La tournée d’installation des UCP dans les départements du Zou et des Collines aura été une très belle réussite, si la fausse note de Glazoué n’est pas venue gâchée la fête. En effet, contrairement à la forte mobilisation observée à Abomey, l’étape de Glazoué a frôlé le fiasco car, les populations ont presque boycotté la cérémonie d’installation des UCP.
Faute de dysfonctionnement dans l’organisation, la cinquante de zémidjans invités pour accompagner la délégation ont manqué le rendez-vous. Les autorités communales ont également brillé par leur absence à cette cérémonie. Au regard de ce spectacle, on est tenté de dire que Glazoué est un os dans la gorge de l’UN qui s’apprête sûrement pour refaire l’expérience dans le département, comme c’était le cas d’Abomey.

Présidentielle de 2011 / dynamique unitaire des forces politiques soutenant bio Tchané:Alternative ABT sur les fonts baptismaux

(Lire la déclaration de constitution de ce nouveau creuset politique)

Test Match – Ouedraogo : « Un signe fort »

Ecarté pour le match contre l’Argentine à La Mosson, le troisième ligne de Montpellier Fulgence Ouedraogo est le seul joueur rappelé pour affronter l’Australie samedi. Il réagit sur notre site après la polémique dont il a été l’objet cette semaine à la suite de ses déclarations dans Midi Olympique.

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Comment avez-vous appris votre convocation ?

Fulgence OUEDRAOGO : Par téléphone ce dimanche midi. En fait, j’avais laissé traîner mon téléphone et en tombant dessus, j’ai vu que j’avais de nombreux d’appels en absence. J’ai donc rappelé et j’ai ainsi su que j’étais retenu pour la rencontre face à l’Australie. Je suis vraiment très heureux de retrouver le groupe des Bleus.

Vous y attendiez-vous ?

F.O. : Franchement, je ne savais vraiment pas. J’étais présent pour assister au match à Montpellier hier soir (samedi, NDLR) et j’ai pu discuter avec tout le monde. Mais j’étais réellement dans l’expectative avant l’annonce du groupe, surtout que j’ai trouvé l’ensemble de la troisième ligne française très performante contre l’Argentine. C’est pourquoi je suis d’autant plus content de faire partie des 23.

Surtout après la semaine que vous avez vécue (après la polémique née de son mécontentement de ne pas être retenu pour le match à Montpellier, NDLR) ?

F.O. : Oui, c’est vrai. Tout le monde a beaucoup parlé de moi cette semaine et avec le recul, je le regrette un peu. Maintenant, cette histoire est terminée. C’est derrière moi et en ce sens, le fait d’être retenu pour ce dernier test contre l’Australie est un signe très fort.

Pourquoi ?

F.O. : La réception de l’Australie au stade de France, c’est le match phare de la tournée. Y être fait vraiment plaisir et c’est une belle marque de confiance de la part du staff. Au-delà, cela représente une grande fierté pour moi.

Quand rejoignez-vous le groupe ?

F.O. : Je serai à Marcoussis ce dimanche soir. Je prends l’avion à 15h20 à Montpellier.

Propos recueillis par Jérémy FADAT / Rugbyrama

Pierre OSHO en tournée de proximité dans le Septentrion:Une offensive politique originale, dans la perspective de la présidentielle de 2011

monture. Pierre OSHO candidat à la présidentielle de 2011 fait sien cet adage. Depuis plusieurs semaines, il s’est engagé dans une tournée de proximité pour recueillir directement les préoccupations et les aspirations profondes des populations à la base.

 

Après l’étape du MONO-COUFFO, il est actuellement dans le septentrion où il harangue les populations. L’homme a tranché avec la langue de bois de la période révolutionnaire. Visiblement, il se trouve dans une dynamique nouvelle d’offensive politique. Les contacts de proximité sont une offensive originale qui promet d’être concluante. A terme, Pierre OSHO compte élaborer un programme de développement qui colle avec les vraies réalités au besoin des populations. Partout le discours est resté le même, prêchant la paix, la concorde nationale, l’amour et la fraternité entre les citoyens tant du sud que du centre et du Nord. Car, la nation béninoise est une et indivisible. Sans la ferveur nationaliste et patriotique, le développement du pays ne sera qu’un simple mirage. C’est l’intime conviction de l’ancien ministre du président Mathieu KEREKOU, Pierre OSHO qui, à l’étape de Natitingou, s’est prescrit un devoir moral de recueillement aux mausolées de Feue Maman YOKOSSI et de Feu Président Maurice KOUANDETE. L’homme reste attaché aux vertus humanistes qui l’ont jusqu’ici caractérisé.

Par Romaric TOSSOU