Présidentielle de 2011:Privilégier le dialogue et le Consensus
On a tout le temps vanté les vertus de la LEPI. Mais en fin de compte, la liste manuelle risque de ravir la vedette à la liste Electorale Permanente informatisée. Quand la béninoiserie s’en mêle, tout sombre toujours dans la confusion et dans le chaos.
Par Jacques SEGLA
Le processus électoral a connu diverses fortunes au Bénin du changement. Depuis l’événement du renouveau démocratique, le pays n’a jamais connu une crise électorale aussi aiguë. Tout s’est joué entre le parlement et la Cour Constitutionnelle. La bataille des lois électorales a été rude ; et finalement, c’est le peuple qui est pris en otage par les politiciens qui ne tiennent qu’a leurs intérêts personnels. La crise de confiance s’y est mêlée et a accentué les suspicions. On ne fait confiance à personne. Dans les discours, on prône la paix mais les comportements préparent la guerre. On se réjouit d’une campagne électorale apaisée et civilisée. Mais au fond des calculs politiciens, il n’y a rien qui rassure. Nombre de béninois ne pourront pas votés le 13 Mars prochain. La société civile et l’opposition réclament un report utile qui permettrait de prendre en compte de façon exhaustive la plupart des Béninois en âge de voter. Mais leurs cris de détresse ne semble pas entendu par ceux qui, dans ce domaine ont encore une parcelle de pouvoir. De façon flagrante on abuse du pouvoir au lieu d’en user pour assurer le bien-être des populations. Le chef de l’Etat, garant du respect de la constitution du 11 décembre 1990, au lieu de se mettre au dessus de la mêlée, en tant que père de la nation s’invite dans toutes les polémiques, s’attirant ainsi la foudre des opposants qui le soupçonne de tricher. Le pays se porte mal par ces temps d’élection. Le doute s’est définitivement installé. Et il est clair que si l’on ne prend aucune disposition alternative, le pays risque de basculer dans un cyclé infernal de contestations dont personne ne peut encore définir les conséquences. Un dialogue sincère, sans exclusive s’impose. On parle de plus en plus d’un clivage Nord-Sud. Et le père de la nation se permet de relayer ce débat malsain et indécent, à la faveur de la campagne électorale. On a beau se vantes d’être un pays de paix. Si on n’y prend garde, le Bénin risque d’accueillir les premières missions de paix de l’ère du renouveau démocratique. Il faut renouer avec la raison et transcender les égoïsmes. Le peuple béninois est très jaloux de la paix, à défaut du pain. Que les politiciens s’entendent pour préserver le Bénin des tourments d’une guerre civile. En tout état de cause, il faudrait privilégier le dialogue et le consensus qui, en 1990 avaient sauvé le Bénin du pire.

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