Face au climat post-électoral très délétère:Les étudiants du campus d’Abomey Calavi s’inquiètent, s’indigent et appellent à la culture de la paix
Les derniers faits marquant de l’actualité politique nationale n’en finissent pas de nourrir le débat au sein de l’opinion publique béninoise. Sur le Campus Universitaire d’Abomey-Calavi les cadres de demain apprécient diversement les résultats provisoires proclamés par la Cour Constitutionnelle. Chaque jour, des points de grands débats se forment où les étudiants apprécient les propos de tel ou tel acteur politique. Pour s’imprégner davantage de la substance de ces débats, une équipe de reportage de votre journal est descendue dans les locaux de l’UAC samedi dernier.
La Rédaction
Quelques jours après la tenue du scrutin du 13 mars dernier, la Cour Constitutionnelle a tranché, du moins provisoirement, en faveur du candidat Boni Yayi qui l’emporte avec une majorité absolue de plus de 53% des suffrages exprimés. Mais ce verdict provisoire de la Cour n’est pas du goût de l’opposition qui crie au hold-up électoral et dénonce des fraudes massives. Dans ce climat de contestation, Me Adrien houngbedji, le principal challenger du président sortant se proclame ‘’ président élu des béninois’’ pendant que l’opposant Abdoulaye Bio Tchané demande l’annulation pure et simple du scrutin. Sur le campus où la vie renaît après de longs mois de léthargie, la reprise des cours pour le compte de l’année académique 2010-2011 n’empêche pas les étudiants de se prononcer sur cette situation actualité. Il n’y a pas de jour où ne s’observent de groupuscules d’hommes, et même parfois de femmes, animant de brûlants débats politiques sur les grands points de rassemblements. Les arrêts bus, les centres commerciaux, les amphis, les restaurants… sont les lieux où le débat est des plus vifs. Chacun donne son point de vue par rapport aux différentes péripéties de ce qu’on peut désormais appeler ‘’crise post électorale’’ au Bénin. Le plus souvent, il s’agit d’houleux débats contradictoires qui n’aboutissent presque jamais à une conclusion unanime et consensuelle. Les fanatiques de l’opposition défendent avec ardeur les actes et propos du candidat Adrien houngbedji, tandis que ceux de la mouvance s’attellent à justifier le K.O du chef de l’Etat, Dr Boni Yayi. Dans cette confrontation des idées, le débat finit souvent par prendre l’allure d’une lourde dispute, tant chaque camp veut avoir le dernier mot. Parfois, on se lance des mots très peu courtois quand les arguments manquent pour convaincre le camp d’en face de la justesse de la cause défendue. Il faut noter cependant que les esprits finissent toujours par se calmer et l’on se quitte toujours à la fin sans heurts. Dans les cas où la discussion vire à l’affrontement verbal, il y a toujours une voix de sagesse qui transparaît dans ce tohu-bohu généralisé pour introduire un autre sujet et détourner ainsi l’attention de la question politique. Le plus souvent, on s’attaque aux sujets relatifs au football, au TIC ou carrément on discute de l’actualité sur le campus. On parle des cours, du restau, des difficultés quotidiennes … de tout et de rien. Il faut souligner que toutes les discussions, aussi houleuses quelles soient, convergent toujours vers le mot paix. A l’unanimité, les étudiants réclament la paix pour la sauvegarde de la démocratie, chèrement acquise et très convoitée par les pays de la sous région. L’attitude de ces futurs cadres qui retient l’attention est le fait qu’ils s’indignent tous, contre une éventuelle menace contre la paix. Ils s’insurgent vivement contre ceux qui, d’une manière ou d’une autre, posent des actes ou situations attentatoires à cette précieuse colombe blanche.
De ces constats, on en vient alors à la conclusion que malgré les divergences, la recherche de la paix reste la préoccupation majeure de tous sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi. Vivement donc que le peuple béninois y parvienne.

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