Lutte sans merci contre la corruption au Bénin:La preuve que Yayi ne veut pas s’éterniser au pouvoir

La nécessité pour tous les Etats du monde de lutter contre la corruption tient du caractère nuisible de ses conséquences sur les actions de développement du plus grand nombre. Au Bénin, cette lutte a été de tout temps le leitmotiv clairement affiché des gouvernants. Dès l’entame de son second quinquennat, le Président Boni Yayi affiche une lutte sans merci contre le fléau de la corruption qui, n’épargnant guère plusieurs de ses plus proches collaborateurs, doit être perçue comme sa disposition à ne pas s’accrocher au pouvoir.

Par Lorys S.C HOUNON

Au regard de la configuration actuelle de l’Assemblée Nationale, on constate aisément que le chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi, dispose d’une majorité confortable qui lui laissera les coudées franches pour apporter toutes sortes de modifications de la loi fondamentale du Bénin, y compris les verrous de limitation de mandats et d’âge.

Même si l’intéressé a clairement déclaré à l’occasion de la cérémonie d’investiture du 6 avril dernier qu’il va respecter le critère de limitation de mandats tel que fixé par la Constitution, des exemples sont légion en Afrique qui prouvent qu’entre les déclarations d’intentions et la réalité politique, bon nombre de chefs d’Etat en exercice ont ravalé leurs vomissures en tripatouillant la loi fondamentale de leur pays pour s’éterniser au pouvoir. Le cas qui défraie actuellement la chronique sur le continent noir est bien celui du Sénégal où le pseudo démocrate Abdoulaye Wade fait des pieds et des mains pour briguer à nouveau le poste de Président de la République, alors même qu’il avait juré par tous les dieux qu’il ne se représenterait plus.

Au Bénin, la montée en puissance du Président Boni Yayi ( le tout premier à rempiler dès le 1er tour d’une élection présidentielle) aussi bien dans l’opinion qu’à l’Assemblée Nationale ainsi qu’en terme de ralliements de partis ou alliances de partis en sa faveur, a effectivement de quoi inquiéter les uns et les autres quant au respect de critère de limitation de mandats par la Constitution du 11 décembre 1990 à deux rigoureusement. Mais il est un fait qui lève un coin de voile sur les réelles intentions du chef de l’Etat par rapport à cette exigence de la loi fondamentale : le caractère non partisan de la lutte contre la corruption qui sous-tend la gouvernance dès l’entame de son second quinquennat.

En effet, qu’ils soient nouveaux ou anciens, tous les collaborateurs du Dr Boni Yayi dont la gestion prête à confusion sont, non seulement cités mais savent surtout qu’ils feront l’objet de poursuites judiciaires. Une façon pour le premier magistrat du pays de prendre le contre-pied de cet adage qui voudrait qu’on s’essuie les mains à la voile si l’on est ami ou dans les bonnes grâces du capitaine. Aujourd’hui, ces temps sont-semblent-ils, révolus. Qu’on ait été ministre, conseillers, directeur de société ou cadre à divers niveaux de l’administration ou de l’appareil d’Etat, le simple fait d’avoir été partisan ou laudateur du chef de l’Etat ne suffit plus à couvrir les irrégularités qu’on aurait commises. Le communiqué du dernier Conseil des Ministres en donne abondamment la preuve. Dans ces conditions, on voit mal comment, Boni Yayi pourrait bénéficier du soutien de ceux qu’il lâche aujourd’hui en pâture aux corps de contrôle de l’Etat si éventuellement il caressait dans le secret de son cœur l’envie de se maintenir au pouvoir. Autrement dit, en ne couvrant aucun de ses collaborateurs, il lui serait quasiment impossible de trouver des gens dans son entourage pour le couvrir, lui, si par extraordinaire il nourrissait l’envie de tripatouiller la Constitution pour se maintenir indéfiniment au pouvoir. Car, à cette allure, Boni Yayi déclenchera bientôt chez ceux de ses ‘’obligés’’ qui voudraient le voir fouler au pied l’ordre constitutionnel, un certain essoufflement dans leurs soutiens.   

 

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