Joseph Tamègnon au sujet du paysage social béninois:« En ce début de second cinquantenaire de l’Indépendance du Bénin, il nous faut consentir assez de sacrifices »

Joseph Tamègnon n’est plus à présenter outre mesure. Il est à la fois observateur et acteur politique du Bénin. De sa tribune de directeur général de la Sogéma, il vit le cœur dans la gorge la déliquescence du paysage social dans ce pays. Convaincu qu’avec docteur Boni Yayi, le Bénin émerge et se refondera, il adresse aux travailleurs béninois ses mots pour guérir les maux qui les enquiquinent. Lisez plutôt …

       « Je l’ai dis sur une chaine de télévision récemment, aucun pays ne se construit sans un minimum de discipline. Je crois que tout le sens de la Refondation passe par là. Si nous ne nous remettons pas en cause à la fin du premier cinquantenaire, nous n’allons pas tirer les leçons utiles pour voir ce que nous avons bien fait. Et, c’est tirant ces leçons que nous allons construire utilement le second cinquantenaire. Il ne faudrait pas alors que nous passions le premier cinquantenaire de notre Indépendance pour nous confondre dans les regrets. De ce point de vue, tous les travailleurs de ce pays, qu’ils soient travailleurs de la fonction publique ou du secteur privé devraient faire cette réflexion et tirer les leçons qui s’imposent et s’ajuster, chacun pour ce qui le concerne. Pour parler de la fronde sociale, je dirais que c’est regrettable. C’est regrettable parce que je pense qu’il faut reconnaître les efforts qui sont faits au niveau du gouvernement. Je suis fonctionnaire, je suis salarié de la fonction publique, et je sais où j’en étais au départ et où j’en suis aujourd’hui. Je veux bien une situation meilleure, tout le monde cherche mieux, mais on doit tenir compte de ce qui  est possible que la situation économique actuelle peut faire pour le pays ? C’est la question qu’il faut se poser.  Il n’est pas normal de tirer à bout portant  sur le développement du Bénin et casser la baraque. Je suis heureux que ce soit la COSYNAP qui a déclenché le mouvement et non les centrales syndicales. Je m’attendais à ce que les centrales réagissent autrement.  Malheureusement, les centrales ont réagi d’une manière qui m’a un peu déçu.  Et quelle que soit la prise de position du gouvernement, les centrales qui ont toujours discuté avec lui  auraient pu rappeler les travailleurs à l’ordre. Mais, j’ai eu comme le sentiment que chacuna durcit le ton et nous sommes entrés dans ce que nous avons connu. Fort heureusement, je crois que les choses vont mieux maintenant. A mon humble avis, je crois qu’ils auraient mieux géré cette situation autrement.  Après tout, c’est de créer de la valeur ajoutée qu’il s’agit, et si nous ne créons pas cette valeur ajoutée, nous aurons beau réclamer les choses, mais, il n’y aura pas satisfaction.  Il vaut mieux que tout le monde se mette au travail  et que le projet de société que le président de la République a concocté puisse être mis en œuvre pour que le secteur privé qui est créateur de richesse puisse produire suffisamment de richesse et dégager suffisamment de la valeur ajoutée pour que tout le pays reprenne. Car, c’est la somme de tout cela qui fait la croissance économique. En début de ce second cinquantenaire, il nous fait assez de sacrifices. Il nous faut travailler pour préparer le terrain aux jeunes qui viendront après nous. Les soulèvements en Tunisie, en Egypte et ailleurs, c’est des problèmes mal solutionnés qui les ont engendré. Si nous ne résolvons pas correctement ces problèmes à nous, nous allons les aggraver pour demain ».

Propos recueillis par Romaric Tossou

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