Nomination d’un nouveau DC au ministère de la décentralisation:Eugène AZATASSOU, ou la rançon du courage et de la fidélité en politique
A l’issue de la séance du conseil des ministres du 24 aout dernier, le maire de la commune d’Agbanhizoun, le docteur en sciences Physique et Mathématique Eugène AZATASSOU est promu au poste de Directeur de Cabinet du Ministère de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire. Après de longs mois de loyaux services pour la réussite du régime changement et son renouvellement, le courage, la détermination et la fidélité du capitaine du navire Cauris Verts sont enfin couronnés par une reconnaissance. Radioscopie du parcours politico-professionnel d’un soldat qui a su conduire la troupe FCBE au travers de l’ouragan des présidentielles et législatives de 2011.
Par Lorys S.C HOUNON
‘’Fuis les honneurs et l’honneur te suivra ; convoite la mort et la vie te sera donnée’’. Homme vertueux, perspicace, humble, et même trop effacé, le coordonateur des FCBE, Eugène AZATASSOU est en train de découvrir surement le sens profond de ces mots de l’écrivain Abou Bakr. Docteur en sciences Physique et Mathématique (Université d’Abomey-Calavi), Trésorier Général de la prestigieuse Chaire Internationale en Physique Mathématique et Application (CIPMA), un important creuset d’échange des scientifiques de haut niveau du continent africain, le tout nouveau Directeur de Cabinet du ministère de la décentralisation est une personnalité dont le rayonnement se mesure à l’aune de certains repères individuels saisissants. En effet, avant de se retrouver promu DC du ministère de la décentralisation, Eugène AZATASSOU a fait son itinéraire politico-professionnel qui donne un éclat exceptionnel à ce double signe de la rançon du courage et de la fidélité en politique, qui résume sa personnalité. Sorti du ‘’néant’’, il a été désigné coordonnateur national des Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), contre toute attente et à la grande surprise des observateurs avertis de la vie politique. Bouclier politique du changement, il a connu la croix et la bannière depuis sa nomination dans l’œuvre de conciliation des voix divergentes au sein de la mouvance présidentielle, afin de constituer un bloc solide derrière le chef de l’Etat pour faire front aux attaques d’une force coalisée de l’opposition qui était très menaçante. Souvent mal compris, le Président malicieusement refusé selon certains, a souffert à bien d’occasions le martyr. Mais dans un silence qui fait son envergure et son charisme. Au temps fort de la crise qui a déchiré la famille mouvancière, il a tenu bon le cap. Aux différents soubresauts qui ont ébranlé la sérénité du groupe, le fidèle disciple a opposé un calme olympien étonnant. Trop souvent relégué au banc des oubliettes lors des nominations aux fonctions étatiques et remaniements ministériels, à un moment donné, il était attendu dans l’opposition comme c’est la mode au Bénin, pour mieux ruminer ses ressentiments. Mais, c’était sans compter avec ses convictions politiques qui le lient intimement à la vision du chef de l’Etat. Il a résisté aux offres les plus alléchantes, résisté aux attaques les plus violentes, pour marquer sa fidélité à un homme : Dr Boni Yayi. ‘’S’il en demeure dix, je serai le dixième ; Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !’’, disait Victor Hugo dans Les Chatiments. Courageusement, il a assumé ce choix politique et défendu les couleurs cauris partout où le vent l’amène. On se souvient encore de ses déclaration lors du deuxième congrès du PSD où, sans grande verve, sans détour et sans humour, Eugène Azatassou, est allé droit au but en déroulant sa bande d’éloges sur les réalisations du régime Yayi : «prospérité partagée, micro crédits aux plus pauvres, gratuité de l’enseignement et de la césarienne, efforts de relance du secteur agricole, lutte contre la corruption… ». Invite le 18 septembre 2010 dernier au congrès de la RB, il poussa son audace jusqu’à attaquer en des termes à peine voilés la grande union des opposants, l’Union fait la Nation, sur un territoire ennemi. L’attente à été longue, très longue même. Mais, au bout du rouleau, la reconnaissance est tombée. Par cette nomination, le chef de l’Etat n’a fait que renvoyer l’ascenseur à un fidèle serviteur qui lui aurait tout donné. Surtout l’historique K.O des présidentielles dernières. Et puisque le courage est la vertu du commencement, de même que la fidélité est la vertu de la continuation et le sacrifice celle de la fin, sa nomination ne saurait être considérée comme la fin du combat. C’est maintenant que commence le plus dur.
