Suppression du droit de grève aux douaniers d’accord !:Mais il faut aller plus loin
On a beau condamner le gouvernement d’avoir livré les douaniers à la vindicte populaire. Il est évident que la loi contre la grève dans le secteur de la douane vient à point nommé. Il faut maintenant aller plus loin si l’on veut sécuriser la stabilité financière de notre pays dont l’économie repose essentiellement sur la fiscalité.
Par Jacques SEGLA
Au nom de la démocratie, le droit de la grève a été biaisé dans notre pays depuis plusieurs années. Les choses se sont empirées depuis l’avènement de Dr Boni Yayi, très sensible au social dans sa gouvernance politique. Pour un oui ou un non, les travailleurs déclenchent des mouvements de grève absolument inopportuns. Curieusement, le pouvoir fini toujours par se dédire et renonce aux sanctions justes qu’il avait préconisé contre l’anarchie syndicale. Les syndicats, même des travailleurs à statuts spéciaux et particuliers, usent et abusent du droit de grève. C’est pourquoi les députés de la 6ème législature ont vu juste en initiant une proposition de loi interdisant la grève aux douaniers. L’initiative est louable et courageuse, puisqu’il faut maintenant mettre fin à la réaction suicidaire pour la nation. Mais ce n’est pas assez. Il faut, d’une part, envisager en compensation l’étude en procédure d’urgence des statuts particuliers des agents de la douane. On les mettra ainsi à l’abri des provocations qui les remontent au quotidien. D’autre part, il faut étendre la mesure de restriction aux paramédicaux qui, récemment, ont laissé mourir des âmes innocentes, pour des questions de prime qu’ils ont pourtant finalement réussi à obtenir au terme de leur mouvement, sans pour pouvoir réparer les préjudices causés par leur débrayage systématique sans service minimum. Il faut maintenant arrêter la saignée, en encadrant radicalement les humeurs des agents de certains corps de l’Etat dont particulièrement les paramédicaux et les agents des impôts. Autrement dit, il faut privilégier le dialogue à certains égards. Dans certains cas, la grève devrait être une exception. Actuellement, le gouvernement tient le bon bout ; et il n’est question de rebiffer. Il faut un régime fort pour une démocratie sérieuse et solide, dans le respect des lois de la République. En tout état de cause, la suppression du droit de grève à certains corps de l’Etat n’est pas contraire à la loi, ni aux principes fondamentaux de l’Organisation internationale du travail. Sauf si l’on veut consacrer l’anarchisme. L’individu ne transcende pas l’Etat. Le régime Yayi doit se le retenir pour une boussole, pour ne pas reculer devant le chantage de certains syndicats. Désormais, c’est la fermeté qui doit être le sceau de toutes les décisions à prendre au sommet de l’Etat. Dans toute démocratie, les manifestations d’humeur sont entourées par des lois, pour le bien être de toute la nation et non d’une corporation spécifique. Les douaniers doivent revoir leur position, pour renouer le dialogue avec le pouvoir. Un consensus est encore possible si l’on y mêle la fibre patriotique si chère aux Béninois.

Laisser une reponse