Secteur agricole au Bénin:Sabaï Katè vise un boom agricole en 2012

 

L’achèvement de l’élaboration du plan stratégique de relance du secteur agricole donne désormais les armes aux Béninois pour développer le secteur agricole. Un secteur qui est le moteur de l’économie nationale. Une diversification agricole accompagnée d’une augmentation de la production va propulser la croissance économique et permettre au Bénin de s’assurer une stabilité économique et sociale avec un taux de croissance à deux chiffres. C’est dans cet objectif que le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche invite ses compatriotes à accorder de l’importance à l’agriculture sous toutes ses formes. Les résultats qu’il a obtenus depuis sa nomination à ce poste obligent chaque Béninois à accorder de l’intérêt à son appel.

« Il n’y a de richesse au Bénin que dans l’agriculture. A partir de 2012, tous les Béninois doivent aller au champ ». C’est désormais l’objectif du ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. C’est ce message qu’il a lancé aux Béninois jeudi dernier à l’occasion d’une cérémonie de remise de matériels de pêche. En parlant ainsi, Sabaï Katè invite les Béninois à s’investir et à investir dans le secteur agricole, moteur du développement économique du Bénin. Aujourd’hui, grâce à la renaissance de la filière coton, tous sont unanimes sur l’opportunité de croire aux potentialités agricoles du Bénin. En moins de six mois, le ministre Katè a réussi à faire rêver les Béninois qui ne croyaient plus réellement aux capacités des gouvernants à faire décoller l’agriculture. « J’ai une conviction et je sais là où nous devons aller. Nous devons mener le combat », dit-il pour inviter ses compatriotes à le suivre pour atteindre des résultats. En matière de résultats, il y en a aujourd’hui beaucoup qui forcent l’admiration et justifient l’estime dont bénéficient le ministre auprès de ses compatriotes toutes provenances socioculturelles ou politiques confondues.

Le plan stratégique de relance de la filière agricole en souffrance depuis 2007 est enfin adopté en conseil des ministres. En  raison  de  l’importance  de  ce  plan pour le développement soutenu du Bénin, un séminaire gouvernemental présidé par le président Boni Yayi lui a été consacré le mercredi 13 décembre 2011 à Cotonou. Etaient présents tous les ministres, des experts, des économistes, le patronat, des agro-industriels…pour sceller un partenariat public privé. Sur le plan de la production, les réalités ne se dénient pas. Environ 300 000 tonnes de coton après un engagement dans la campagne en cours qui l’a même conduit à parcourir un aller retour en voiture à Bobo- Dioulasso au Burkina Faso afin de sauver les champs de coton menacés par les parasites. Une tournée ministérielle – la première dans l’histoire du Bénin – dans les plantations de palmier à huile des Coopératives et Union de Coopératives d’aménagement rurales. Mais avant, une médiation entre les groupes rivaux de ces coopératives. Des échanges francs avec les producteurs. La filière palmier à huile va bientôt reprendre entièrement vie. Une opportunité pour les investisseurs chinois qui frappent à la portent pour y investir plus de vingt milliards de francs Cfa. « Le Bénin ne peut pas compter sur une seule filière pour se développer », dit Sabaï Katè. Raison pour laquelle, il encourage les acteurs à faire de cette filière une alternative au coton dans le sud Bénin qui n’est pas très essentiellement favorable à une culture à grande échelle du coton. Pour lui, c’est autant une question de diversification de la production et de l’exportation qu’une priorité en matière de justice et d’équilibre régional. Les producteurs, fascinés, organisent une conférence de presse pour féliciter le ministre de l’agriculture. Etonnante démarche envers un ministre de l’agriculture dans un environnement où la contestation est la règle.

On ne peut oublier la mise en œuvre de la décision du gouvernement d’accroître la production agricole par l’intensification de la culture du riz. Déjà plus 20 mille hectares mobilisés par Sabaï Katè, avec l’appui des conseils communaux. Six usines de transformation de produits agricoles en cours de construction et fonctionnelles au plus tard à la fin du premier trimestre 2012. La relance de la procédure de construction des ateliers de réparation et de maintenance des machines agricoles pour soutenir la mécanisation agricole qui se retrouve aujourd’hui à plus de 20% contre 1%, il y a encore quelques années. Le dernier acte inédit est l’organisation pour la première fois au Bénin d’une cérémonie officielle de lancement de la campagne de vaccination des bœufs. Une initiative qui a mobilisé l’ensemble des acteurs du monde de l’élevage et raffermi leurs engagements notamment ceux des éleveurs qui se sont sentis pour la première fois accompagnés et soutenus par leur ministre de tutelle. La liste est bien longue et exhaustive. Mais c’est grâce à un management inaccoutumé et unique.

Un management

novateur

 

«Nous vous supplions de nous accorder les mêmes efforts et le même dynamisme comme vous l’avez fait pour le coton ». C’est l’appel au secours que les producteurs de palmier à huile des Unions régionales des coopératives d’aménagement rural ont lancé à l’endroit de Sabaï Katè. Ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche depuis mai 2011, il a multiplié les descentes sur le terrain. «  Je  ne  suis  pas  un  ministre  qui  reste au  bureau. Mon bureau, c’est le terrain et je serai à vos côtés dans les champs, sur les pistes de pâturage et sur les lieux de pêche », indique-t-il pour marquer sa différence de management. Aux directeurs généraux des Centres régionaux de promotion agricole (CeRPA), il exige un rapprochement plus direct avec les agents d’encadrement à la base. « Vous devez faire au moins une fois par quinzaine le tour des localités sous votre tutelle pour assurer le suivi du travail d’encadrement que font vos agents à l’endroit des producteurs », recommande-t-il. Aux responsables des Centres communaux de promotion agricole, il impose une visite de terrain par semaine pour s’enquérir des conditions de travail des agents d’encadrement dans les villages et être à l’écoute des producteurs. Un management efficace qui assure le suivi de la campagne agricole depuis le sommet jusqu’à la base. Le ministre lui-même s’impose une descente mensuelle sur le terrain. Ce qui lui vaut l’image de « L’homme à la natte au dos » que lui a collée en octobre dernier un producteur de palmier à huile dans le département du Mono au Sud-ouest du Bénin.

C’est un système novateur de contrôle et de suivi qu’il a mis en place pour contourner les lourdeurs administratives. « Je ne peux pas rester à Cotonou pour attendre les rapports transmis par voie hiérarchique et qui prennent des mois pour me parvenir sans refléter les réalités du terrain », justifie le ministre Sabaï Katè. Pour cette raison, il a élaboré un répertoire de tous les numéros de téléphone portable de chacun des soixante-dix-sept (77) responsables communaux de promotion agricole que connaît le Bénin. Il n’hésite pas à appeler directement et individuellement chacun de ces responsables communaux sans passer par les Directeurs généraux des CeRPA. « Avec cette méthode, chaque directeur général de CeRPA est obligé d’être en contact quotidien avec ses collaborateurs dans les communes et les villages afin de ne pas se faire surprendre par le ministre. Les gens ne dormaient plus pratiquement. Même à des heures avancées dans la nuit, le ministre appelle pour savoir ce qui se passe dans telle ou telle localité. Il vous donne parfois des informations que vous n’avez pas parce qu’il est aussi en contact avec les producteurs et il est ouvert à tous les producteurs qui l’appellent et l’informent de l’évolution de la situation. Les paysans sont dans leur champ de coton et appellent le ministre quand ils constatent quelque chose. C’est une stratégie forte, participative que Katè a utilisée pour gagner la confiance des cotonniers », témoigne Séverin Challa, Directeur général du CeRPA Borgou-Alibori. « Je veux être informé régulièrement et instantanément. Pour les rapports, vous me les ferez parvenir plus tard par la voie administrative traditionnelle », répète souvent le ministre. De la sorte, aucun directeur général de CeRPA ne peut faire des rapports tronqués. Depuis sa nomination, il a déjà effectué, en, six mois, plus d’une vingtaine de descente dans les champs et dans tous les départements du Bénin. Parfois même sans informer les Directeurs généraux. Il ne manque aucune occasion d’afficher son bonheur d’être dans les champs en mettant en garde : « Je ne suis pas venu tergiverser au ministère de l’agriculture. Nous devons mener le combat ensemble », déclare-t-il, pour inviter à la mobilisation générale. A l’endroit des agents du ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, il ajoute « Quand le rythme du tam-tam change, les pas de danse changent aussi ». Une manière de leur dire que la priorité de développement du Bénin et d’une meilleure vie pour chaque Béninois dépend d’eux et de leur engagement pour le travail avec pour objectif de meilleures performances dans le secteur agricole.

L’accompagnement

des élus locaux

 

Dès ses premières descentes sur le terrain, le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche avait invité les maires et autres élus locaux à le soutenir pour le développement du secteur agricole. Une demande qui avait reçu un écho favorable. Dans l’ensemble des communes visitées par le ministre, les élus locaux, notamment les maires le rassurent de leur entière disponibilité. En août 2011, la maire de Kérou, déclarait à Sabaï Katè : « Votre nomination est un défi que le chef de l’Etat a lancé aux élus locaux. La réussite de votre mission sera aussi la nôtre. Nous avons l’obligation de vous accompagner dans cette tâche ». Des déclarations similaires se sont fait entendre dans l’ensemble des communes. Les maires alignent alors des demandes de visite du ministre de l’agriculture dans les exploitations agricoles de leurs communes. Certains se fâchent même quand le ministre n’a pas le temps d’y aller. Tous rivalisent d’ardeur dans une compétition positive pour démontrer à leur ancien collègue leur engagement pour le développement agricole et leur disponibilité. « Le résultat obtenu est aussi celui de ces élus locaux », reconnaît Sabaï Katè. La plupart d’entre eux ont même organisé des tournée de sensibilisation des producteurs de coton afin de les rassurer de l’espoir qu’incarne Sabaï Katè pour le secteur agricole en général et pour le coton en particulier. C’est désormais un mariage de raison entre le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, les maires et les chefferies traditionnelles. Conscient, par son expérience à la tête de la commune de Banikoara, que le développement à la base dépend de ces acteurs clés, Sabaï Katè ne veut rien faire sans eux. Ils comptent beaucoup pour lui. L’engagement des autres élus comme les députés qui encadrent désormais cette alliance par leur présence régulière sur le terrain aux côtés du ministre constitue désormais le socle sur lequel l’agriculture béninoise va s’appuyer pour « Faire du Bénin une puissance agricole dynamique à l’horizon 2015, compétitive, respectueuse de l’environnement, créatrice de richesses répondant aux besoins de développement économique et social de la population ».

Source : Cell Com/ MAEP

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