Réflexion:La faillite des élites en Afrique subsaharienne

 

En Afrique subsaharienne le bilan des élites politiques est peu reluisant. Malgré quelques avancées, comme l’attestent aujourd’hui l’exemple de la réussite de l’alternance démocratique au Sénégal après une certaine crispation et le modèle de la démocratie apaisée du Botswana dans le cadre d’un bien-être collectif relatif de la population, la situation générale de l’Afrique laisse à penser que le devoir des élites modernes, qui consiste à conduire et à réaliser le projet de l’émancipation et du bien être communs, en articulant judicieusement la tradition et la modernité dans une synthèse originale, n’a pas été globalement accompli.

Afrik.com

 

L’enthousiasme qui célèbre, en ce moment, le succès de la démocratie formelle au Sénégal ne doit pas faire oublier comme le souligne aujourd’hui un article du journal Le Monde que  » Wade laisse ce pays pauvre dans un état médiocre : beaucoup de corruption, un secteur public accumulant les déficits, un chômage des jeunes désespérant. La croissance, ces dernières années, a été faible ; sur quelques 13 millions de Sénégalais, un sur deux est sous le seuil de pauvreté « .

De même, la condamnation unanime des putschistes maliens qui viennent de porter un coup à la démocratie malienne ne doit pas non plus faire oublier que cette démocratie n’a pas permis de réaliser la justice sociale et d’abattre la misère qui est à la source du putsch actuel autant qu’à celle de l’insurrection touareg.

Or cette situation de misère et d’injustice sociale qui génère l’instabilité politique s’inscrit dans une longue continuité historique. Un peu partout en Afrique, les bourgeoisies nationales et les intelligentsias locales, qui avaient pris la direction des Etats postcoloniaux s’étaient, dès le lendemain des Indépendances, invariablement transformées en une aristocratie administrative corrompue qui perpétuait à son profit les privilèges coloniaux. Sous la forme des partis uniques, les Etat postcoloniaux s’étaient dans la plupart des pays mués en machines autoritaires, répressives, insoucieuses du bien public et indifférentes à la dégradation des conditions de vie du plus grand nombre.

Aujourd’hui, les élites politiques modernes semblent largement engagées dans un processus de blocage du mouvement de démocratisation ou de sa perversion sous la forme de la démocratie du partage du pouvoir entre des obédiences politiques sans idéologie ni programmes communs que tout oppose. La lutte politique se réduit à une compétition entre les élites en vue de s’approprier les appareils d’Etat pour s’aménager des voies d’accès à la richesse et au prestige personnels. A cette fin, les populations sont instrumentalisées au moyen de l’ethnicisassions de la politique, de la manipulation du régionalisme, du confessionnalisme, et du séparatisme.

la faillite d’une intelligentsia

A l’occasion de la récente crise politique sénégalaise, la défiance populaire et la dénonciation de la faillite des élites politiques modernes se sont exprimées symboliquement dans le sigle du mouvement de révolte de la jeunesse  » Y-en-a-marre « . Sous l’expression  » Y-en-a marre  » est dénoncée l’entière responsabilité des élites dans la régression et la stagnation économique, politique et sociale de l’Afrique. Le mouvement de la jeunesse sénégalaise exige une révolution des mentalités qui fasse de l’intérêt général et du bien être collectif des populations l’objet central de la nouvelle politique africaine.

A l’image de Ruben Um Nyobè ou de Ernest Ouandié ou de Nelson Mandela en tant qu’hommes politiques, de Cheikh Anta Diop ou de Cheikh Hamidou Kane comme universitaires et écrivains, de Thomas Sankara sur le registre militaire , de nombreuses exceptions à cette faillite existent mais elles ne font que confirmer la règle générale qui consiste à capituler en oubliant l’intérêt général au profit des intérêts personnels et particuliers, en cédant aux contingences historiques et aux séductions des privilèges attachés à l’exercice du pouvoir.

Dès lors, la question des causes de la faillite des élites africaines s’impose. Pourquoi les élites africaines ont-elles été incapables de servir l’intérêt général et de promouvoir le bien-être collectif ? Pourquoi ont-elles été incapables de construire l’unité nationale dans les Etats-multiethniques africains ? Pourquoi ont-elles été incapables d’exercer un rôle de médiation entre la tradition et la modernité ? Pourquoi n’ont-elles pas pu devenir des ponts et des passeurs culturels ? Pourquoi ont-elles échoué à exercer leur fonction d’éclairement dans un contexte de dualisme culturel et de crise des chartres traditionnels ? Pourquoi ont-elles plutôt été des forces de confusion, des générateurs de division, de clivage, de rupture et de conflits, des élévateurs de barrières, des forces de régression, de blocages et d’inertie ?

Le rôle de l’intelligentsia africaine semble, en effet, s’être cristallisé dans une fonction de clivage social et de séparation, au lieu de s’exprimer dans celui de la synthèse harmonieuse de la tradition et de la modernité, de la construction de l’unité nationale et de la solidarité sociale entre les diverses communautés rassemblées dans l’espace de l’Etat territorial postcolonial. Cette spécialisation dans le clivage, l’instrumentalisation, la dislocation sociale et économique, pourrait avoir sa source dans la genèse d’une nouvelle catégorie sociale qui fut produite par la colonisation pour des fins spécifiques.

Les élites modernes n’ont pas été les créations autochtones du développement historique endogène des sociétés africaines. Elles furent au contraire les produits spécialisés d’un ordre étranger qui aspirait à remodeler les sociétés africaines pour les soumettre à ses objectifs économiques et politiques propres. L’intelligentsia africaine, autant dans le cadre de l’acculturation forcée de la période coloniale que dans l’acculturation planifiée de la période postcoloniale, fut une nouvelle catégorie sociale qui fut produite pour en être l’opérateur autochtone.

L’instruction moderne fut introduite par l’autorité coloniale dans les sociétés traditionnelles africaines sous domination afin de créer une nouvelle dimension de statut autre que les anciens statuts liés aux lignages. Il s’agissait au moyen de ce nouveau statut auquel étaient désormais afférents le savoir le pouvoir et le prestige, de désorganiser la consistance archaïque des systèmes sociaux africains, par le dedans, pour les transformer irréversiblement selon les normes et valeurs occidentales. Les élites modernes ne furent, dans cette perspective, rien d’autre, que des sortes d’atomes radioactifs chargés de provoquer l’éclatement des anciennes structures sociales de leur hiérarchie et de leurs valeurs. La fonction sociologique et politique impartie à cette nouvelle élite autochtone née de la colonisation pour mener le jeu acculturatif, fut de briser la cohésion sociale ancienne pour reconfigurer la société traditionnelle selon une logique et des finalités différentes.

Sous la direction de ces nouveaux modèles sociaux, conformément à l’idéologie du développement, le jeu acculturatif aurait dû conduire à une transformation qualitative des sociétés traditionnelles africaines qui devrait aboutir à leur arrimage réussi au train de la modernité. Or, les diverses stratégies occidentales d’acculturation des sociétés africaines furent des échecs retentissants. Les élites modernes formées au moule de l’Occident ne furent pas des modèles à imiter pour le reste des populations. Elles apparurent très vite comme des étrangers désadaptés par rapport à leur milieu d’origine qui suscitèrent la méfiance des populations soumises par la force. Celles-ci les perçurent comme les relais de la domination étrangère. Leur rôle de médiateur interculturel fut largement supplanté par celui de rupteur social.

Une coupure entre le peuple et les élites s’institua dès les débuts de l’acculturation forcée durant la période coloniale. Elle s’approfondit après les Indépendances, au moment où les élites modernes occupèrent les appareils d’Etat laissés vacants par les colonisateurs, et mirent la dimension instrumentale de la connaissance occidentale au service de leur propre entreprise de domination interne.

Dans ce contexte, la reconstitution de l’unité du corps social fut artificielle. La marginalité de l’intelligentsia ne conduisit pas à une miscégénation culturelle dont elle devait être l’incarnation et le conducteur. Elle produisit des individus désadaptés incarnant un dualisme culturel insurmonté qui brisèrent les solidarités sociales africaines et furent les acteurs de nouveaux clivages dans les sociétés modernes en tant que nouvelle catégorie sociale dominante consciente de ses intérêts de classe.

Le dépassement de la coupure entre les élites et le peuple s’opéra alors sur le mode de l’instrumentalisation de l’ethnicité, de l’autochtonie, de la tradition et du plus grand nombre. La domination des nouvelles élites dans les Etats indépendants s’exécuta à travers l’exploitation politique des formes fossilisées de la culture traditionnelle. Cette instrumentalisation des traditions va permettre de maquiller tous les processus de clivage et de division sous le couvert d’une articulation de la modernité avec les coutumes.

Dans les sociétés africaines postcoloniales, ce qui apparaît alors à l’observateur extérieur comme une cohésion et un consensus social fondés sur une subtile adaptation de la modernité à la tradition, est en réalité une instrumentalisation de la culture traditionnelle. Cette instrumentalisation des structures traditionnelles permet aux élites de reconduire dans la société moderne les rapports d’inégalité et de dépendance personnelle caractéristiques de la vie communautaire traditionnelle tout en les pétrifiant.

C’est ainsi aussi que sous le prétexte de l’autochtonie, le recours aux traditions fossilisées, et non pas à l’esprit vivant des cultures traditionnelles et à leurs forces de spontanéité créatrice, permet d’introduire insidieusement des logiques anciennes dans les institutions modernes pour en corrompre le fonctionnement. C’est ainsi que les rapports d’inégalité, propres à la vie du village à structure lignagère fortement différenciée et à la grande famille dominée par la gérontocratie, sont réintroduits dans les sociétés modernes africaines par les élites qui transforment le peuple en clientèle politique personnelle et accaparent tous les postes influents aussi bien dans l’Etat que dans l’économie et dans toutes les organisations des sociétés civiles en gestation.

Grâce à cette subversion, la chefferie traditionnelle est dans le droit fil de la politique indigène coloniale convertie en autorité administrative de circonscriptions ethniques, clientèles des élites politiques dominant le gouvernement. Un conseil constitutionnel peut fonctionner sur le mode clientélaire pour garantir la conservation du pouvoir par un chef d’Etat. Un chef de l’armée ou de la police peut être nommé selon le critère précolonial de la dépendance personnelle pour asseoir la fidélité des forces armées. Sous la direction d’un président du parlement et d’un président de la cour suprême eux aussi nommés selon le principe traditionnel de la dépendance personnelle et des allégeances tribales, le législatif et le judiciaire peuvent être asservis à l’exécutif pour garantir la domination d’un autocrate dans l’Etat centralisé. Le parlement peut fonctionner comme un cadre où s’élaborent des lois servant exclusivement des intérêts particuliers. Le judiciaire peut être articulé par la logique de la palabre pour garantir l’impunité des élites modernes dominantes, être l’arme de la protection de la corruption ou être celle de la punition des adversaires politiques.

Dans cette instrumentalisation et cette manipulation multisectorielles de la tradition et des coutumes locales, la fonction de médiation et de synthèse culturelle est abandonnée par les élites modernes au profit de celle de rupteurs sociaux avides et corrompus qui clivent, obstruent empêchent la communication vivante entre la société traditionnelle et la société moderne, prélèvent leurs bénéfices personnels sur les deux systèmes sociaux mal articulés qui n’ont de contact que par leur intermédiaire.

Le principe de la division et de l’instrumentalisation fut le legs de la rationalité instrumentale qui a structuré le programme de l’éducation coloniale et postcoloniale, centré sur la formation d’une élite moderne au service de l’ordre nouveau, dont elle devait assurer la direction en tant que pouvoir autochtone.

Le rôle attribué aux élites modernes en tant qu’agents autochtones de transformation sociale fut donc celui de la rupture de l’ordre africain ancien et de son extraversion sous la logique de l’idéologie du développement et de ses finalités. Eduquées dans la séduction de la raison analytique occidentale qui permet de dominer la nature pour la soumettre, les élites modernes africaines en ont intériorisé le principe d’instrumentalité.

Relais autochtones de la domination de l’ordre nouveau en tant que responsables politiques, leaders du développement et meneurs du jeu acculturatifs, ils se sont réapproprié la logique interne de la rationalité instrumentale occidentale et le principe économique du profit personnel maximum fondé sur l’exploitation du plus grand nombre. L’usage de la force qui soumet, de la division qui permet de contrôler, de l’instrumentalisation qui permet d’utiliser un tiers pour atteindre une fin qui n’est pas la sienne, ont été ainsi établis en qualité de principes cardinaux de l’action politique des gouvernements et de l’administration des Etats par les élites modernes africaines. Le savoir moderne leur a conféré par-dessus-tout le pouvoir de dominer le plus grand nombre et de servir avec habileté leurs intérêts personnels.

Dans l’exercice de leur fonction de rupture et d’extraversion une marge d’indétermination qui est toujours la part irréductible de la liberté humaine existait cependant. Les élites modernes avaient la possibilité de refuser de servir le système. Elles le firent momentanément sous la colonisation en dirigeant les mouvements de révoltes qui aboutirent aux Indépendances africaines. Dans ce nouveau cadre, elles avaient la liberté de donner une autre orientation en se réappropriant la modernité pour la mettre au service du bien-être des populations des Etats dont elles dirigeaient le destin. La plupart choisirent par avidité et cupidité, la voie de la facilité en raison des bénéfices personnels qui en découlaient. Pour sortir de ce cycle où le legs malheureux du passé se transmet de génération en génération il ne reste encore aux élites modernes que le libre choix d’une autre direction qui fasse du service de l’intérêt général des populations et de la réappropriation culturelle de la modernité dans ce sens les principes sacrés et les buts en soi de la politique. Il ne reste encore aux élites politiques modernes que ces décisions individuelles inconditionnées et l’engagement qui renversent le cours de l’histoire. Il ne reste que l’exemplarité de plusieurs Nelson Mandela qui ensemencent l’histoire en devenant des modèles effectivement imités dans la succession des générations.

Remise en vigueur du Port de casque dans les départements de l’Atlantique et du Littoral:Les populations victimes d’une surenchère maladroite

 

Le port de casque obligatoire par les populations des départements de l’Atlantique et du Littoral est  entré en vigueur hier dimanche 1er Avril 2012 même si certains continuent de douter la  réalité de la décision de la première autorité préfectorale. Mais malheureusement déjà, ce que l’on constate sur le terrain au niveau des vendeurs de casques est regrettable. Les prix de vente de ces casques sont fixés selon la volonté de ces marchands. Les populations demandent l’intervention du préfet Placide Azandé par rapport à cette affaire.

Par David DOLTAIRE (Stagiaire)

Quelques jours seulement après la décision du port de casque obligatoire dans l’Atlantique et Littoral, les vendeurs de casques dictent leur loi aux populations qui sont tenues de respecter les injonctions de la première autorité préfectorale.  Ces populations sont victimes de la hausse des prix de ces casques qui sont exposés un peu par tout dans la ville de la ville économique. A l’heure actuelle, les vendeurs sont décidés d’imposer les prix de vente de casque aux usagers des voies. Aujourd’hui, les plus moyens casques sont vendus à des prix très élevés aux pauvres populations qui à leur tour, se disent incapables d’en acheter. Depuis quelques jours avant la date retenue pour amener les populations à porter obligatoirement les casques, les vendeurs augmentent anarchiquement les prix sur chaque casque. Ces prix sont désormais passés de 10.000Fcfa à 15.000F. Et comme si cela ne suffisait pas, ils gonflent les prix jusqu’à plus que les 15.000Fcfa. Cela permettra de comprendre que ces vendeurs de casques profitent actuellement de cette occasion pour abuser des populations. Mais il faudrait que  le préfet Placide Azandé prenne ses responsabilités en invitant ces commerçants à maintenir un prix qui serait le même sur chaque casque et très abordable afin de faciliter la tâche aux pauvres populations. Le port de casque d’accord, mais l’accent doit être mis sur un certain nombre de choses. La réaction du préfet est vivement attendue.

Roger Dovonou au sujet du potentiel agricole du bénin: » Les chantiers inexplorés sont énormes et la jeunesse doit s’y intéresser « 

Intervenant sur l’émission Zone Franche de Canal 3 Bénin du dimanche dernier, l’ancien ministre de l’agriculture du Dr Boni Yayi, Roger Dovonou a posé un diagnostic édifiant de la situation de l’agriculture béninoise et formulé des propositions concrètes pour l’effec tivité de la révolution verte. Dans son exposé, il a entre autres inviter la jeunesse béninoise à s’intéresser au secteur agricole.

Par Lorys S.C HOUNON

Le Bénin dispose d’un important potentiel agricole qu’il faudra mettre en valeur pour la création des devises. Sur le plateau de Canal 3 Bénin, l’ancien ministre de l’agriculture n’a pas manqué de mots pour relever cet atout dont dispose le Bénin, mais qui reste malheureusement inexploité. Dans son diagnostic des maux qui minent l’agriculture béninoise,  Roger Dovonou va affirmer que le seul gage d’une croissance agricole soutenue reste la mise en œuvre efficiente des axes majeurs du plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA). En effet, à travers cet ambitieux projet dont la mise en œuvre  exige la couverture des besoins agricoles, l’amélioration de la productivité et de l’attractivité des jeunes dans le secteur, le Bénin entend booster son émergence économique. Toujours pour appuyer la mise en œuvre de cette réforme,  le Programme de Promotion de la Mécanisation Agricole (PPMA) a été lancé dans un processus de complémentarité afin d’intensifier la production et de réduire le temps de travail.

Seulement, l’insuffisance de ce projet qu’il va falloir corriger reste l’indisponibilité des pièces de rechange et le retard noté dans la création des centres de maintenance, va souligner Roger Dovonou. En plus des efforts enregistrés sur le plan de la mécanisation, il y a également eu la subvention des intrants qui constitue une autre avancée avec plus de 10 milliards d’intrants commandés. Au-delà de ces aspects essentiels à l’intensification de la production, figure la question essentielle de la valorisation des périmètres inexploités que sont les vallées et les bas-fonds.

La mise en exploitation des vallées  pour accroître la production

 

Au nombre des atouts agricoles du Bénin, figure en bonne place les riches vallées et autres espaces cultivables inexploités jusque là. Selon le ministre Dovonou, cette situation est liée au problème foncier, en occurrence la sécurisation des terres agricoles. Le défaut de sécurisation de ces terres explique le manque d’entrain des investisseurs tant nationaux qu’internationaux à valoriser cette richesse nationale. L’urgent selon lui, est d’accélérer le processus de sécurisation de ces zones pourvoyeuses de la richesse nationale. Pour Roger Dovonou, le chantier est vaste et le taux de couverture de la production nationale demeure faible au regard du niveau d’importation.

La mécanisation agricole pour passer d’une agriculture de rente à une agriculture de développement

Le paradoxe au Bénin est que le pays produit des céréales mais se voit bien obliger d’en importer pour assurer la couverture nationale. En se prononçant sur cet état de chose, Roger Dovonou laisse entendre qu’à part le maïs et les tubercules dont la production est relativement stable, le taux des céréales comme le riz, les produits halieutiques, les œufs et la viande sont encore en deçà du niveau d’importation, ce qui nécessite un besoin d’intensification de la production. Outre l’intensification, la transformation reste aussi un autre défi qu’il faudra relever.  » Les chantiers inexplorés sont énormes et la jeunesse doit s’y intéresser parce que le besoin est encore énorme. En plus, il faudra œuvrer progressivement à la transformation. C’est aussi une valeur ajoutée importante « , a-t-il ajouté.

Développement agricole:La campagne 2012-2013 sous le signe des défis et des opportunités du PSRSA

 

C’est désormais parti pour la campagne agricole au Bénin. Après la tournée nationale de préparation dans les 12 départements, le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Sabaï Katè, a procédé vendredi 23 mars dernier, à Banikoara, au lancement officiel de la campagne agricole 2012-2013. C’est sous le thème « Les défis et opportunités de la mise en œuvre du Plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA).

Par Romaric TOSSOU

C’est la première campagne depuis l’adoption par le gouvernement du Plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA). Sur les  différentes banderoles qui jonchent les points stratégiques du stade Bani Gansé de Banikoara qui a servi de cadre à cette cérémonie,  on pouvait lire : « Aidons le gouvernement à promouvoir l’installation des jeunes dans l’agriculture, en libérant les terres non mises en valeur », « Utilisons à grande échelle des semences améliorées saines et respectons les itinéraires techniques de production, de transformation et de conservation pour améliorer la compétitivité de nos produits ». Des messages de mobilisation, d’engagement et d’encouragement.  C’était la mobilisation générale. Les responsables des organisations paysannes et des producteurs, les députés de la plupart des circonscriptions électorales du septentrion, les maires de Pèrèrè, Gogounou, Nikki, Kandi, Sègbana et Bembèrèkè… Tous étaient présents pour honorer de leur présence la cérémonie. Le maire de de Banikoara, Jean Bio Bougo Bio,  s’est réjoui du choix porté sur sa commune pour accueillir l’événement qui a lieu au moment où le coton, grâce aux réformes entreprises dans le domaine agricole par le gouvernement, est en train de ressusciter. Il a ensuite félicité le ministre Sabaï Katè, pour avoir su redonner au département dont il a la charge, notamment à l’agriculture, toute la dimension de sa réelle diversité. « Si le Bénin, grâce aux nombreux efforts déployés par le gouvernement, jouit depuis quelques années de l’auto suffisance alimentaire, force est de reconnaître que la problématique au cœur du monde rural demeure encore entière », fera remarquer le préfet du Borgou et de l’Alibori, Dénis Ali Yérima à la suite du maire. Il souhaite donc, dans l’objectif de la relance effective du secteur agricole, qu’un accent particulier soit accordé à l’aménagement des bas-fonds, à la mise en place des crédits agricoles appropriés, à la réhabilitation des barrages et la maîtrise de l’eau dont la rareté oblige les producteurs à effectuer des semis tardifs, réduisant leurs efforts à une seule récolte dans l’année.

Rappelant la tournée préparatoire qu’il a effectuée à travers le pays en prélude à ce lancement, le ministre Sabaï Katè a indiqué, qu’elle lui a permis d’apprécier sur le terrain avec les acteurs à la base, les actions entreprises, les conditions de déroulement de la campagne agricole 2011-2012, ainsi que les résultats obtenus. Au titre des actions menées, beaucoup d’efforts ont été consentis afin d’apporter aux producteurs, des services agricoles de qualité devant permettre, a-t-il assuré, une amélioration de la compétitivité dans la perspective du développement des filières porteuses.

Les résultats enregistrés et les efforts consentis pour la dernière campagne

75.825 tonnes d’engrais dont environ 20 % pour la culture vivrière et 80 % pour le coton, ont été mise en place. 15.000 tonnes de semences améliorées dont 47 % pour le coton, ont été distribuées aux producteurs. Des aménagements sommaires sur 5.000 ha équipés de 3.000 motopompes ont été réalisés. Il y a aussi la construction de 35 magasins de stockage et 48 aires de séchage, la mise en place des intrants vétérinaires pour 332.902.000 F CFA représentant 7.752.012 doses de divers vaccins recommandés, environ 78.000 alevins dont 80 % de Tilapia. En matière de production végétale, on note la production de 1.544.230 tonnes de céréales sur une prévision de 1.300.636 tonnes, soit un accroissement de 17 %. 6.475.000 tonnes de racines et tubercules contre 6.000.000 tonnes au cours de la campagne précédente. Ce qui fait une augmentation de 5,34 %. Pour les légumineuses, 277.185 tonnes ont été produits contre 360.000 tonnes précédemment. Soit une baisse de 23 %. Il y a aussi 256.000 tonnes de produits maraîchers en 2011 contre 304.000 tonnes en 2010. La production cotonnière a aussi significativement augmenté en quantité et en qualité. Quant à la production animale, elle est de 61.646 tonnes de viande, 10.664 tonnes d’œufs et 101.000 tonnes de lait. Soient des taux d’accroissement respectifs de 2,69 %, 8,26 % et 2,64 % par rapport à 2010. La production halieutique a été de 86.000 tonnes en 2011 sur une prévision de 75.000 tonnes.

Bien que la dernière campagne a été marquée par une pluviométrie moins abondante et mal répartie dans le temps et l’espace. Les résultats enregistrés sont toutefois globalement satisfaisants, a annoncé le ministre Sabaï Katè. Au regard de ces résultats encourageants, il a exhorté les producteurs à maintenir le cap, afin d’assurer au Bénin en quantité et en qualité, des productions vivrières indispensables à sa sécurité alimentaire, ainsi que des productions industrielle et de rente génératrices de devises nécessaires. « Ces résultats nous renforcent dans notre conviction qu’il est possible de faire du Bénin, une puissance agricole sous-régionale les jours et les années à venir, conformément à la vision du chef de l’Etat » a déclaré Sabaï Katè. « Le défi pour nous, consiste, au regard des nouveaux enjeux de développement à améliorer la capacité de notre agriculture, à se développer par la modernisation des outils de travail, une meilleure organisation des acteurs, l’intensification et la diversification des produits agricoles et la réduction des coûts de production » a-t-il ajouté.

L’honorable Lazare Sèhouéto sur l’émission  »Débats actuels » dimanche dernier: »A défaut d’intrants, il n’y aura pas de coton cette année, sauf miracle »

 

Député à l’assemblée nationale, ancien ministre de Commerce, ancien ministre de l’Agriculture, membre influent de l’union fait la nation, Lazare Sèhouéto était dimanche dernier l’invité de l’émission  »Débats actuels » sur Golfe FM / Golfe TV, émission qui avait pour thème  »Le coton béninois aujourd’hui ». L’heure est grave, puisque le Bénin se retrouve actuellement sous la menace fatale d’une année blanche cotonnière. Alors, interpellé par la conscience morale et citoyenne de l’observateur averti, Lazare Sèhouéto n’avait autre choix que de tirer la sonnette d’alarme mais il n’avait pas été question du coton.

 

Par Jacques SEGLA

Opposant sans langue de bois

Lazare Sèhouéto était toujours attendu sur les grands sujets d’intérêt national. Mais pour des raisons de convenance politique, l’homme s’était jusque-là résolu à une observation silencieuse et attentiste de l’actualité nationale. Maintenant, il fait l’option de rendre sa voix plus audible, et par conséquent la voix de l’union fait la nation. Clarification oblige, il fait observer qu’être opposant ne peut pas être plus difficile que diriger au quotidien. A priori donc, du statut de ministre à celui de député de l’opposition, il n’ y a aucune gêne. Ce qui complique les choses au Bénin, ce sont les amalgames où l’opposant est perçu comme un ennemi. Or, toute démocratie vitale a besoin d’une opposition constructive. C’est donc un danger si tout le monde se retrouve dans la mouvance. Et c’est en tant qu’opposant critique qu’il apprécie le projet actuel de révision de la constitution du 11 décembre 1990. Selon lui, toute révision opportuniste de la constitution qui conduirait un homme à s’accaparer du système démocratique, et à s’accrocher au pouvoir est nuisible pour le Bénin. Ce qui étonne, c’est que les députés attendent encore de connaître le texte qui sera soumis à l’étude au parlement.   

Au sujet de la crise dans le secteur éducatif

Pour l’honorable Sèhouéto, les enseignants posent des problèmes très clairs, mais le gouvernement embrouille les débats. Ce qu’on a donné à tout le monde ne peut pas tenir lieu de revalorisation spécifique de la fonction enseignante revendiquée par les syndicats. Il faut donc accorder une attention particulière aux préoccupations des enseignants, pour que l’école reprenne vie. Les dirigeants, par leur mode de gestion, conduisent à des situations délicates, et ils se dépêchent de communiquer abondamment, pour masquer la vérité. Le mal c’est toujours les autres, jamais le gouvernement. Ce n’est pas admissible. Ce n’est pas honnête. Il faut changer de méthode de gestion des crises sociales.

Le coup d’Etat est un raccourci qui ne mène nulle part

Selon l’invité, le peuple malien a rejeté formellement cette manière de prendre et d’exercer le pouvoir. Quelles que soient les justifications, ce coup de force militaire est condamnable. Toutefois, les démocrates d’ici doivent redoubler de vigilance, et se battre corps et âme contre la mauvaise gouvernance. C’est le seul moyen pour empêcher les gens d’être tentés par une telle aventure. Si tout le monde reste insensible aux dérives du gouvernement, aux actes de mauvaise gouvernance ambiante, le risque n’est pas à totalement exclure. Donc, le meilleur antidote contre les coups d’Etat, c’est un gouvernement responsable, une opposition critique, des citoyens éveillés qui savent dire non. Nous avons dit que les militaires ne doivent plus intervenir dans l’arène politique en se saisissant du pouvoir. Il reste à les maintenir dans les casernes, en travaillant nous-mêmes pour qu’ils n’aient pas la mauvaise idée d’intervenir dans la politique. Mais l’armée béninoise est assez raisonnable. Je regrette de temps à autre l’instrumentalisation de forces publiques par le pouvoir en place. Les militaires doivent savoir définir les limites de leur loyauté vis-à-vis de pouvoir. Un coup d’Etat, c’est un raccourci qui ne mène nulle part. Seulement, pour éviter tout cela, il faut demander à ceux qui gouvernent le pays d’améliorer la gouvernance, aux citoyens, aux hommes politiques, à tout un chacun de nous de faire ce qu’il doit faire

Le coton sous la menace d’une année blanche

L’idée est rentrée dans le langage usuel depuis quelques jours. L’honorable a choisi de tirer la sonnette d’alarme parce que, au sujet du coton, le Bénin est en train de vivre un drame inédit qui risque de se solder par une année blanche cotonnière si l’on n’y prend garde. En effet, dit l’ancien ministre de l’agriculture, l’or blanc est pour le Bénin une poule au œuf d’or. Plus il est produit en quantité et en qualité, plus le Bénin engrange de précieuses ressources. Curieusement, cette filière est affectée par d’énormes dysfonctionnements qui justifient les contre- performances de ces dernières années. C’est l’acuité des dysfonctionnements actuels qui a fini par sortir Lazare Sèhouéto de son mutisme. Sinon, l’homme averti aura tort de n’avoir pas alerté la nation quant au drame qui se joue a ses yeux. Certes, reconnaît l’honorable, c’est la première fois qu’à l’issue de la campagne 2011-2012, toute la qualité du coton produit est du premier choix, et exceptionnellement convoité en Afrique aujourd’hui. Malheureusement, le Bénin n’arrive pas à atteindre les deux cent mille tonnes. On ne peut donc pas se réjouir lorsque le Bénin est incapable de florer le seuil des quatre cent mille tonnes, alors qu’au début de son quinquennat, le chef de l’Etat Boni Yayi avait caressé le rêve de six cent mille tonnes de coton. La contre performance est la résultante d’une mauvaise gouvernance, d’une gestion approximative d’une filière aussi prometteuse. A preuve, à la veille de la campagne 2012-2013, on tourne toujours en rond sur la question des intrants. Les producteurs de coton sont dans le désarroi total, alors que le temps joue contre toutes les espérances. D’ailleurs, vendredi dernier, ces producteurs ont donné de la voix depuis Bohicon. Ils attirent l’attention du ministre de l’agriculture sur les risques de l’échec de la campagne 2012-1013, en raison de ce que, jusqu’à l’heure actuelle, les intrants nécessaires ne sont pas encore commandés. Très inquiets, les cotonculteurs implorent l’implication personnelle du chef de l’Etat pour éviter une année blanche cotonnière.

Le mal de l’instabilité dans les décisions gouvernementales

Au Bénin, la question des intrants est un jeu d’intérêt. Derrière chaque produit, détaille l’honorable, il y a un laboratoire, des entreprises, des gens qui commercialisent. C’est donc normal que sur le sujet, il y ait beaucoup de bruit. Pour l’invité, le rôle du gouvernement devrait être d’établir les programmes en fonction des intérêts bien compris de la production cotonnière au Bénin. Malheureusement, se désole l’ancien ministre, tout ne s’est pas toujours passé de manière correcte. Ce qui est préoccupant, ce sont les décisions dont le gouvernement ne prévoit pas les effets dramatiques sur l’économie et pour le pays tout entier.  Aussi faudrait-il être assez prévoyant pour lancer la commande des intrants plus tôt, au risque de subir plus tard la fluctuation des prix liée aux commandes en procédure d’urgence. Le député loue l’omniprésence du ministre de l’agriculture aux côtés des paysans ; mais il n’apprécie guère les arguments qui l’ont fondé à annuler l’appel d’offre de février dernier pour la fourniture d’intrants. Et voilà que l’appel d’offre subséquent est resté infructueux. Les investisseurs ne sont plus très motivés pour soumissionner aux appels d’offre à cause de l’instabilité dans les décisions gouvernementales. Ils ne sont plus assurés d’une sécurité juridique. Car, l’Etat béninois n’honore plus ses engagements vis-à-vis de ses partenaires. Une crise de confiance s’est installée entre les prestataires de service et le gouvernement.

L’année blanche cotonnière et ses conséquences

A défaut d’intrant, il n’y aura pas de coton cette année, sauf miracle. Depuis 1926 que notre pays a commencé à faire le coton, le pays, à l’heure de la refondation est en passe d’inaugurer des années sans coton, s’alarme le député Sèhouéto. Le cas échéant, les usines d’égrenage ne vont pas travailler, faisant ainsi des milliers de chômeurs, les transporteurs seront obligés de garer leurs camions, les industries tributaires du coton ne tourneront plus, pendant plusieurs années on manquera de semences, les cultures vivrières qui profitaient des engrais du coton en pâtiront (et la famine s’installera)… Le drame est là. Mais puisque le miracle est encore possible prions pour que le miracle se produise, lance t-il ironiquement pour alerter l’opinion.

Que faire pour éviter le pire ?

A cette question, l’honorable Sèhouéto répond sans ambages :  » ce dont j’ai besoin, c’est que le gouvernement puisse profiter de toutes les compétences techniques du pays sans exclusion ni discrimination politique. Il faut rechercher ceux qui savent, et les écouter. Je demande au gouvernement de prendre les décisions en tenant compte du calendrier agricole, de la saison des pluies, d’un certain nombre de contraintes qu’on ne peut pas lever par incantation. En avançant tête baissée, le gouvernement met le pays en danger « . Selon lui, le Bénin doit renouer avec une action compétente, informée et éclairée. Une action gouvernementale qui n’est pas compétente, informée et éclairée ne conduite qu’à la catastrophe. C’est pourquoi il faut ramener de l’ordre dans le pays.  Alors, suggère l’invité, il faut tout faire pour que les intrants soient disponibles à temps. Et c’est quasi impossible maintenant, sauf miracle, s’est-il désespéré.

Comme sortie d’ancien  ministre de l’agriculture, elle est très enrichissante, en ceci qu’elle permet une meilleure appréciation de la menace d’une année blanche cotonnière qui frappe à nos portes, tout en orientant vers les actes idoines pour éviter le pire.

Côte d’Ivoire:Guillaume Soro monte au «perchoir»

Le nouveau président du parlement ivoirien s’appelle Guillaume Soro. Il a été élu à l’unanimité ce lundi, à Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne. Son parti, le Rassemblement des Républicains (RDR), détient la majorité à l’Assemblée nationale. Guillaume Soro avait démissionné jeudi dernier de la primature pour se consacrer à ses fonctions de député de la circonscription de Ferkéssedougou-commune, dans le nord du pays. L’ex-Premier ministre ivoirien Guillaume Kigbafori Soro a été élu à la tête du parlement par 236 voix sur 249 ce lundi dans la capitale politique ivoirienne, Yamoussoukro. Son parti, le Rassemblement des Républicains (RDR, au pouvoir), détient la majorité absolue avec 138 députés. Le secrétaire général de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) devient le deuxième personnage de l’Etat ivoirien et le dauphin constitutionnel du Président Alassane Ouattara. Guillaume Soro a démissionné ce jeudi après la proclamation des résultats définitifs des législatives. Ces derniers ont confirmé son élection à la tête de la circonscription de Ferkessédougou-commune, sa région natale dans le nord du pays.

Le plus jeune président de l’Assemblée nationale

Son élection n’est pas une surprise bien qu’il n’ait pas encore officiellement les quarante ans requis pour accéder à la présidence de l’institution. Guillaume Soro est né le 8 mai 1972. Il sera le plus jeune président de l’Assemblée nationale de l’histoire de la Côte d’Ivoire. L’ancien Premier ministre a été investi par le RDR ce dimanche. La première vice-présidente de l’Assemblée est également issue des rangs du RDR : Me Sarah Fadiga-Sacko a été élue députée de la circonscription de Touba. Le principal allié politique du RDR, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), est représenté par 86 députés. Les autres alliés du du parti au pouvoir, à savoir l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI), le Mouvement des forces d’avenir (MFA) détiennent respectivement 8 et 3 sièges. L’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI) dispose, quant à lui, d’un siège. Les 17 sièges restant sont occupés par des indépendants. Le parti de l’ancien Président Laurent Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), est absent de l’hémicycle. Il a boycotté les législatives de décembre dernier.

ATELIER DE VALIDATION DU PLAN DE DEVELOPPEMENT COMMUNAL PDC 2EME GENERATION:Abomey Calavi engage des reformes pour son développement

Pour aboutir au développement dont rêve toutes les populations de la commune, d’Abomey Calavi, le maire Patrice Hounsou-Guêdè ne manque pas d’initiatives et multiplie les actions. Vendredi dernier, il a présidé l’atelier de validation du Plan de Développement Communal PDC 2ème génération. Ce document entend booster le degré de développement de la commune afin d’assurer de meilleures conditions de vie à l’ensemble de la population. Par Claudel ZONDJI Le Plan de Développement Communal est un document qui retrace l’ensemble des programmes, projets, actions et activités cohérents de développement visant à atteindre, en adéquation avec les orientations régionales et nationales, au terme d’une période donnée, un but, des objectifs ainsi que des résultats définis de concert avec tous les acteurs de développement. C’est donc en conformité avec la loi n° 97-029 du 15 janvier 1999, portant organise des communes en république du Bénin que cet atelier de validation a eu lieu à Abomey Calavi. Cette loi stipule en son article 84 que  » la commune élabore et adopte son plan de développement. Elle veille à son exécution en harmonie avec les orientations nationales en vues d’assurer de meilleures conditions de vie à l’ensemble de la population… « . Dans son discours d’ouverture, le maire Hounsou-Guêdè a expliqué de long en marge les tenants et aboutissants de ce document. A l’en croire, le PDC est un instrument qui, en fonction des potentialités et contraintes du milieu, des choix opérés par le conseil communal, la société civile, les services déconcentrés de l’Etat et les partenaires au développement, permet d’établir un programme pluriannuel de développement, en réponse aux préoccupations et besoins de la population de la commune.  » C’est aussi le résultat d’un processus d’analyse, de définition des priorités d’arbitrage et de choix tenant compte à la fois des réalités locales, des aspirations des populations et des ambitions des dirigeants « , a-t-il ajouté. C’est fort de tout cela qu’à l’expiration du PDC première génération depuis 2009, le conseil communal d’Abomey Calavi a décidé non seulement de se conformer aux prescriptions légales, mais aussi de se doter d’une boussole qui devra guider les actions de la commune pour une période 2012-2016. D’où l’atelier de validation de Vendredi dernier. il faut préciser que cet atelier est l’épilogue d’un processus qui a démarré depuis le lancement des travaux d’élaboration du PDC. Le maire Patrice Hounsou-Guêdè a remercié les différents protagonistes à l’élaboration du document avant de souhaiter plein succès aux travaux de validation.

Autorisation et encadrement de la marche des enseignants: Voici comment le gouvernement a déjoué le plan des syndicats

 

 

Les Béninois ont assisté hier à la gigantesque marche des enseignants au sujet de la crise qui secoue depuis peu le système éducatif béninois. Et ils sont nombreux à se demander pourquoi et comment le gouvernement et les autorités préfectorales en sont venus à autoriser cette marche, malgré les fermes interdictions prononcées 24 heures plus tôt. Est-ce une reculade, une fuite en avant ou un aveu d’échec ? Loin delà. Et pour cause 

Par Lorys S.C HOUNON

Des centaines d’enseignants des trois ordres de l’enseignement étaient hier matin dans les rues de Cotonou. Ils ont battu le macadam pour protester contre le gouvernement au sujet de la grève qui secoue le système éducatif national. Partie de la bourse du travail, cette marche bien encadrée par les forces de l’ordre a échoué à la primature où une motion a été lue.  Aucun incident à signaler, aucun débordement observé. Et pourtant, à 24 heures de cette manifestation assimilable à un trouble à l’ordre public, tout indiquait des heures très chaudes ce mardi. En effet, personne ne savait que l’autorité préfectorale de l’Atlantique Littoral allait  autorisée elle-même cette marche. Lorsqu’on s’en tient aux dernières déclarations du ministre de l’intérieur prononcées en fin de semaine écoulée, toute manifestation pour ou contre la crise dans l’enseignement est proscrite et ceux qui tenteront de se met tre aux travers de cette disposition s’exposent à la rigueur de la loi. De là, tout le monde savait que le préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral allait l’interdire, parce que le risque de trouble à l’ordre public était réellement grand.  Mais c’était sans compter avec la ruse du gouvernement Yayi et la clairvoyance du préfet Placide Azandé qui en homme averti, a su prendre ses responsabilités. Le Bénin étant engagé sur la voie de la démocratie depuis plus de deux décennies, ce n’est pas à l’ère de la refondation qui suppose la restructuration des bases fondamentales de la nation qu’une marche sera interdite. La marche a été donc autorisée pour permettre aux enseignants de s’exprimer librement. L’autorité préfectorale a donné des instructions très fermes au Directeur départemental de la police nationale et au Délégué militaire départemental afin de prendre toutes les dispositions pratiques idoines pour faire encadrer la marche.

Les syndicalistes qui s’attendaient à ce que leur marche soit interdite pour trouver un prétexte fallacieux, afin de paralyser le pays devront encore attendre très longtemps. En décidant de défier l’autorité, Paul Issè Iko et sa bande savaient pertinemment qu’ils exposaient les enseignants marcheurs aux représailles. Mais résolument engagé dans une démarche ‘’machiavélique’’ de paralysie générale, pour rendre le pays ingouvernable au chef de l’Etat, ils ont pris d’assaut les rues hier.

Il importe donc de souligner que l’attitude du gouvernement ne saurait être assimilée à une reculade, encore moins à un aveu d’échec. Il s’agit donc d’une décision très bien pensée pour éviter les pièges des syndicats qui attendaient la moindre situation pour crier sur tous les toits que les libertés démocratiques sont mises en mal au Bénin.

Célébration de la 11ème Edition du Festival Rencontre Sur tout Terrain:La ville de Parakou abrite les manifestations officielles le 15 mars prochain

La 11ème Edition du Festival Rencontre Sur tout Terrain (ReST) démarre officiellement le jeudi 15 Mars 2012 prochain. Les manifestations entrant dans ce cadre sont prévues pour être abritées dans la citée des Kobourou, précisément à l’Institut Français de Parakou.

Par David DOLTAIRE

L’édition du festival rencontre sur tout terrain entend être placée sous le haut patronage du ministre de la Culture, de l’Alphabétisation, de l’Artisanat et du Tourisme, Jean Michel Abimbola et du comédien Sènan Judicaël Caïra vivant en France. En effet, selon le directeur de la compagnie de théâtre, Alexandre Bienvenu Atindoko, alias Alèmèdjè, aussi initiateur de cette rencontre, les manifestations entrant dans le cadre de cette célébration sont prévues pour se dérouler du 15 au 17 mars prochain. Donc, trois jours seront consacrés à cette effervescence culturelle qui s’annonce déjà très préoccupante. Il faut signaler qu’au terme de cette édition, 15 trophées officiels, 09 spéciaux suivis d’un grand prix du festival seront distribués aux vainqueurs de la vingtaine d’établissement scolaires qui en ont pris part. Il faut retenir que toujours pour la circonstance, plusieurs innovations marqueront la fin de cette célébration. Il aura entre autres innovations, la répartition de Rest Info, le journal du festival ; la présence de la compagnie belge avec un spectacle Clown ; le grand prix du festival qui va contenir d’un ordinateur complet pour l’école lauréate, un lot en  nature pour sn metteur en scène et des tissus pour ses festivaliers. Enfin, il faut dire que plusieurs délégations des pays voisins feront le déplacement dans la cité des Kobourou afin de savourer les moments forts de toutes les surprises culturelles. Le déplacement de tout le monde est vivement souhaité, histoire d’accompagner cette 11ème Edition du Festival Rencontre Sur tout Terrain (ReST) dans la réussite effective de ses réalités culturelles.

Séminaire de validation des contenus de formation dans le Secteur de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle:Une nouvelle approche pour la restructuration du secteur

Par David DOLTAIRE

 

Le réajustement des offres de formation dans la vision d’accroître l’intérêt des jeunes pour les sciences et techniques administratives a  mobilisé les acteurs du sous secteur de l’enseignement technique et professionnel mercredi dernier au chant d’oiseau de Cotonou… Une manière selon Alassane Soumanou, ministre de l’enseignement secondaire, d’associer les cadres intervenant dans ce sous secteur à l’élaboration d’un programme d’enseignement qui soit en adéquation avec les besoins exprimés sur le marché de l’emploi. Les acteurs concernés ont l’occasion de porter un regard critique sur l’expertise réalisée avec le soutien de l’Unesco. Ce qui va permettre à terme d’inverser la tendance qui est à une absence manifeste d’intérêt des jeunes pour la formation en sciences et techniques administratives et de gestion. «Le présent séminaire cadre parfaitement avec le souci du gouvernement d’apporter une réponse de choix à la problématique de l’insertion professionnelle des jeunes «a indiqué Alassane Soumanou. Iréné Agossa, représentant le représentant de l’Unesco a pour sa part émis le souhait que de ces assises se dégagent des perspectives heureuses pour la promotion du sous secteur de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

Atelier de dissémination du projet de statut général de la Fonction Publique:Mêmouna Kora Zaki Léhadi s’engage pour le réaménagement des ressources humaines

 

Les locaux de l’Infosec de Cotonou ont abrité  mardi dernier, le lancement des travaux de l’atelier de dissémination du projet de statut général de la fonction publique. C’est la ministre de la Fonction publique, Mêmouna Zaki Kora Léhadi qui a ouvert officiellement lesdits travaux en présence des travailleurs de son ministère, des directeurs généraux et techniques et des secrétaires généraux des centrales syndicales.

« Le développement d’une nation dépend de la qualité de ses ressources humaines» a fait savoir, madame Mêmouna Kora Zaki Léhadi, ministre de la fonction publique. Dans son  engagement d’amener les hommes et femmes chargés d’élaborer les politiques de développement à être motivés dans la fourniture des services publics de qualité, la ministre de la fonction publique trouve qu’ils soient mieux gérés. Devant les participants, elle a expliqué que la construction d’une administration nécessite la mise en œuvre des règles claires et modernes de gestion des ressources humaines chargées de l’animer. Car, pour elle, la prospérité d’un projet dépend des ressources humaines compétentes et motivées capables de fournir des services publics de qualité. Il faut signaler que pour finir, la ministre Mêmouna Kora Zaki Léhadi invite tout le monde à accompagner effectivement le Bénin dans cette initiative pour la reconstruction d’une administration au service de l’intérêt général et du développement du secteur privé.

22 ans après la conférence des forces vives de la Nation:Le 28 février décrété  » Journée du Consensus National »

 

Depuis 1990, le Bénin célèbre chaque année au mois février, l’anniversaire de la conférence des forces vives de la Nation. L’édition de cette année aura été toute particulière, en ce qu’elle consacre l’institution de la Journée du Consensus National. En effet, pour immortaliser ces dates mémorables des 19 au 28 février 1990, le gouvernement vient de décréter la date particularité du 28 Février, Journée du Consensus National. Lire la déclaration du Ministre Chargé des Relations avec les Institutions à cet effet.

Message du Ministre Chargé des Relations avec les Institutions dans le cadre de la Journée du Consensus National

Mes Chers Compatriotes ;

Comme chaque année, nous célébrons en cette fin du mois de février l’anniversaire de la Conférence des forces vives de la nation, événement qui, en 1990, a révélé au monde entier le génie du peuple béninois et son attachement profond aux idéaux de tolérance, de réalisme et de paix.

Le pays était plongé dans une crise à dimensions multiples caractérisée notamment par un marasme économique généralisé, la faillite des entreprises publiques et du système bancaire, les difficultés de trésorerie de l’Etat, la rupture du contrat social entre les dirigeants du pays et les citoyens, les grèves cycliques, les agitations politiques.

Alors que plus rien ne semblait possible ensemble, certaines bonnes volontés, sans doute inspirées par Dieu, ont conçu l’idée géniale de convoquer toutes les forces vives de la Nation pour réfléchir aux problèmes communs essentiels et y trouver des solutions de compromis durables. Je veux rendre hommage à chacun de ces bâtisseurs, les moins en vue comme les plus illustres, ceux qui ont eu le privilège de participer à la Conférence des forces vives de la Nation comme ceux qui l’ont soutenue d’une manière ou d’une autre.

Permettez-moi de saluer tout spécialement le Président Mathieu Kérékou pour son rôle irremplaçable dans la tenue et le succès des assises de février 1990. Je rends un vibrant hommage à sa clairvoyance, à sa grandeur d’âme, son esprit de sacrifice, son courage et son charisme.

Je voudrais saluer aussi Monseigneur Isidore de Souza de vénérée mémoire qui a eu la redoutable charge de conduire les travaux de la Conférence. Il s’en est acquitté avec une efficacité remarquable, relevée par tous. Nous devons à son savoir-faire l’ambiance de famille qui a régnée tout au long des travaux. La Nation n’oubliera jamais l’humilité de Monseigneur de Souza, sa sagesse, son doigté, sa foi dans la divine providence qui ont contribué à éviter qu’aucun bain de sang n’éclabousse les délégués.

Je salue enfin tous les participants à la Conférence pour leur culture de la tolérance, leur sens de responsabilité, leur abnégation. Ils ont permis de jeter les bases du renouveau démocratique au Bénin.

Mes Chers Compatriotes ;

La Conférence Nationale a été un évènement historique majeur qu’il nous appartient aujourd’hui de valoriser pour rendre pérennes les principes fondateurs de notre démocratie qu’elle a générée.

Les options convenues à cette occasion appellent de la part de chacun de nous la culture de la responsabilité. Nous devons travailler à mériter des sacrifices des pères fondateurs du Renouveau démocratique et assumer à notre tour, le rôle que la Nation et la postérité attendent de nous, dans la rigueur, l’éthique, la meilleure gouvernance des affaires publiques  et l’efficacité. C’est dans cette perspective que s’inscrivent l’ensemble des réformes que le Gouvernement du Docteur Boni YAYI a entreprises. Elles visent à promouvoir toutes les valeurs citoyennes et républicaines dont la Conférence Nationale fut  le référentiel. Notre démocratie ne prospérera qu’à la condition de créer la prospérité qui apportera le mieux être à chacun et à tous.

Mes Chers Compatriotes ;

Une  Nation est comme un foyer. L’harmonie qui y règne dépend du dialogue et du respect que ses membres entretiennent entre eux. La Conférence Nationale a eu le mérite spécial de nous enseigner la valeur et la nécessité de l’harmonie, du dialogue et du consensus de tous les acteurs de la vie publique autour de ce qui est essentiel.

lC’est ainsi que je comprends la décision de la Cour Constitutionnelle de notre pays de consacrer le consensus comme  » principe à valeur constitutionnelle lC’est pour perpétuer ce consensus qui suppose un dialogue permanent entre tous les acteurs politiques et sociaux que le Gouvernement du Docteur Boni YAYI a décidé la célébration chaque 28 février, date de la clôture de la Conférence Nationale, comme Journée du Consensus National. lC’est dans le même souci de rendre permanent le dialogue social et de sauvegarder le consensus national que le Président de la République a confié à Monsieur le Premier Ministre la gestion du dialogue social. Je profite de cette occasion pour inviter les partenaires sociaux à répondre toujours favorablement aux efforts du Gouvernement allant dans le sens du dialogue et de l’apaisement, pour perpétuer ensemble les nobles idéaux de la Conférence des Forces Vives de la Nation.

Mes Chers Compatriotes ;

Ceux qui ont inventé la Conférence nationale des forces vives n’ont pas agi que pour le Bénin. L’exemple de notre pays a été suivi en Afrique. Cette révolution sereine est une marque du génie de notre peuple.

Nous pouvons être fiers d’avoir contribué à montrer au monde le caractère irrésistible de l’idéal démocratique.

Mes Chers compatriotes ;

Après vingt deux ans de Renouveau Démocratique, il est nécessaire, au plan politique de revoir quelques aspects de notre Constitution, qui a pris quelques rides afin de la rendre plus apte à traduire les profondes aspirations de notre peuple. En outre, face à la grande fragmentation du paysage politique qui appauvrit le débat public, il nous faut mettre en place un cadre réglementaire et législatif à même de permettre à nos formations politiques d’assurer leurs fonctions d’encadrement des citoyens, d’agrégation et d’expression de leurs intérêts. L’ensemble de ces réformes en chantier auxquelles mon Ministère participe activement donnera une plus grande cohérence et efficacité à notre système politique. Mais, il est aussi vrai que tout ceci ne peut aboutir si l’environnement économique n’est pas assaini, si nous ne mettons pas davantage d’éthique dans notre comportement quotidien. Tel est le sens de la Refondation, chère au Président de la République. Refondation qui vise un plus grand attachement aux valeurs morales, éthiques, citoyennes et républicaines. Refondation qui promeut une consolidation de l’acquit  de la Conférence qu’est le  » Consensus  » politique autour des valeurs démocratiques et citoyennes.

La volonté d’assurer la pérennité de cet acquit, conduit mon Ministère à envisager de proposer prochainement au Gouvernement, à l’occasion de la célébration de la Journée du Consensus National, l’institution d’un prix du Président de la République, pour récompenser tout acteur politique, tout acteur de la Société Civile, toute personne morale qui, par son comportement et ses actes, aura contribué à la sauvegarde de ce Consensus National.

Vive la Conférence des Forces Vives de la Nation !

Vive la Démocratie !

Vive le Bénin !

Je vous remercie