Pour son second mandat, les priorités du président Boni Yayi s’articulent autour de trois principaux axes : la relance du secteur agricole, le développement des infrastructures et l’assainissement des finances publiques. Pour ce faire, nombre de Béninois sont dans l’expectative de la mise en œuvre des grands chantiers du chantre de la Refondation. Là-dessus, l’actuel ministre du développement, de l’analyse économique et de la prospective Marcel de Souza est attendu dans l’exécution des priorités du plan 2011-2016 du quinquennat. Mais les premiers résultats enregistrés depuis sa prise de fonction augurent d’un lendemain meilleur.
Réalisé par la Rédaction
La responsabilité du ministère du développement, de l’analyse économique et de la prospective dans la définition et la conduite du processus de développement du Bénin à l’ère de la Refondation est majeure. Promu ministre de l’analyse économique, du développement et de la prospective à l’issue de la formation du premier gouvernement du second quinquennat du président Boni Yayi le 28 mai 2011, l’actuel locataire de ce portefeuille ministériel Marcel de Souza en est conscient de son rôle clé. Et c’est à juste titre et avec humilité qu’il affirme lors de sa prise de fonction en juin 2011 que : « Oui, le plus dure commence pour nous ». Toutefois, il s’est engagé à poursuivre sur la même lancée que son prédécesseur tout en comptant sur sa compétence et ses multiples qualités de manager. Depuis lors, la rigueur et le travail bien fait prisent sur toutes les autres considérations afin d’obtenir des résultats probants avec les moyens de bord dudit ministère. La saison de la Refondation étant pleine de défis, le ministre Marcel de Souza a balisé le terrain en définissant ses priorités : meilleure organisation de travail, ponctualité et assiduité au poste, mode d’action groupé, renforcement de l’inspection général du ministère, dialogue avec les partenaires sociaux. Tout ceci lui a valu la complicité du personnel qui a opté pour une synergie d’actions en vue de mettre ce ministère stratégique au cœur du développement du Bénin.
Mission délicate nécessitant une expertise avérée
A tout point de vue, le seul ministère qui représente la clé de voûte de la mise en œuvre de la politique du président Boni Yayi est bel et bien le ministère du développement, de l’analyse économique et de la prospective. Ce ministère dirigé de main de maître par un financier attitré Marcel de Souza, a pour mission d’impulser et de piloter le développement économique et social et d’assurer le suivi et l’évaluation des projets et programmes. A ce titre, il est chargé d’animer la réflexion stratégique, d’élaborer les politiques et stratégies de développement national, de suivre leur mise en œuvre et d’assurer leur évaluation ; de centraliser et de promouvoir les projets de développement intégrateurs ; de contribuer a l’élaboration des stratégies de promotion du développement régional et local ; d’assurer la mise en œuvre, au niveau national des stratégies de développement internationales et régionales, notamment dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le Développement Economique de l’Afrique (Nepad) ; de coordonner la production statistique ; de rechercher les ressources extérieures pour le financement des programmes de développement en rapport avec le ministère chargé des finances, le ministère chargé des affaires étrangères et les ministères sectoriels concernés ; de préparer et de conduire, en collaboration avec les structures concernées, les réformes structurelles, les programmes de suivi, de restructuration ou de privatisation des entreprises publiques ou semi-publiques, de même que les programmes de promotion des investissements privés ; de promouvoir, en concertation avec les structures concernées, le développement de l’entreprise privée ; d’entreprendre les études ou enquêtes visant à évaluer l’impact des politiques publiques mises en œuvre ; de rendre compte périodiquement au Président de la République et de publier les résultats des évaluations des projets et programmes mises en œuvre ; d’assurer le suivi de toutes les questions relatives a la politique de développement ; d’assurer la veille stratégique sur toute question de développement. Autrement dit, c’est à une tâche difficile mais pas impossible que Marcel de Souza est appelé depuis mai 2011.
Actions d’envergure sans tambour ni trompette
Au regard des tâches à exécuter, c’est une évidence que le ministère du développement, de l’analyse économique et de la prospective ne peut pas être en action permanente dans les médias. C’est beaucoup plus un laboratoire producteur des initiatives d’impacts. Du coup, il importe que les agents dudit ministère aient le moral au point. Pour ce faire, le ministre Marcel de Soura a inauguré dès sa prise de fonction l’infirmerie de son ministère. Car, il est révélé que 30% des agents sont absents pour raison de santé. Et c’est pour corriger cet état de chose que l’initiative a été prise sous le ministre Iréné Koupaki. Mais il n’empêche pas que le ministre du développement visite quelques entreprises ayant fait preuve de réussite. C’est ce qui justifie les descentes sporadiques du ministre Marcel de Souza. En exemple, la visite l’ayant conduit dans les locaux du Cpda et de Agrisatch de l’opérateur économique Jean-Baptiste Satchivi. C’est dire que pour la recherche d’opérateurs financiers de l’aéroport international de Glo-Djigbé ou encore du Port minéralier et commercial en eau profonde, capable d’accueillir des bateaux de 20 m de tirant d’eau à Sèmè-Podji, il n’est opportun et même utile de crier sur tous les toits les détails des actions entreprises. La population est surtout préoccupée par la concrétisation des projets.
Engagement pour un
environnement des
affaires de plus en plus amélioré
Sûr de lui-même le ministre Marcel de Souza ne cesse de certifier : «En matière d’affaires, le Bénin a des atouts qu’il doit exploiter. Le pays bénéficie de la stabilité politique, d’une sécurité relative qui est mieux que dans d’autres pays, et d’un système bancaire fluide ». Selon lui, c’est pour profiter de ces différents atouts que le gouvernement Yayi a entrepris un certains nombres de réformes dont l’objectif est de créer un cadre propice au développement des affaires. Sur le front des réformes, le premier chantier mis en œuvre par le président Boni Yayi concerne le Port autonome de Cotonou avec le Programme de vérification des importations- Nouvelle génération (Pvi-Nouvelle génération) et la mise en œuvre du Guichet unique. Selon le ministre du développement, ces différentes actions devront permettre au secteur privé de gagner en temps. « Une démocratie dont l’économie ne se développe pas, n’est pas consolidée », soutient Marcel de Souza qui formule le vœu que les investisseurs aussi bien nationaux qu’étrangers drainent de nombreux capitaux vers le Bénin. « Tout changement entraine une résistance, mais le gouvernement trouve que cette reforme est irréversible, et nous tiendrons bon pour que à la fois les importateurs, les transitaires, et les douaniers puissent suivre cette reforme, afin que les recettes de l’Etat soient doublées». Par ailleurs, dans le processus de création d’une entreprise, en lieu et place du casier judicaire qui était exigé, la possibilité est désormais donnée au requérant de fournir une attestation sur l’honneur, quitte à fournir le casier judiciaire dans un délai de 2 mois sans oublier l’élargissement de la liste de la gamme des actifs qu’on peut mettre comme éléments de sureté. Pour la majorité des Béninois, les réformes engagées par le gouvernement de la Refondation sont salutaires en ce sens qu’elles participent à une sécurisation des investissements à destination du Bénin.
Exécution méthodique
des priorités
Pour le financement des programmes de développement, le ministre durant les mois passés au gouvernement n’a pas eu de répit pour la recherche de ressources extérieures. Pour preuve, en septembre passé par exemple, se sont tenues à Washington les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Au cours de ces assises, le chef de la délégation béninoise, Marcel de Souza a défendu plusieurs points dont le portefeuille de la Banque mondiale au Bénin et la qualité du partenariat Bénin-Banque mondiale. Dans les échanges, il a été aussi question de l’emploi des jeunes qui, selon le ministre, est une bombe qui attend tous les dirigeants. C’est dire que le Bénin peut compter sur l’assistance de la Banque mondiale pour concevoir un programme pour la promotion des emplois durables et décents des jeunes. Et l’un des secteurs qui va résorber le chômage des jeunes est l’agriculture. En effet, pour la mise en œuvre de son plan stratégique du secteur agricole, le gouvernement a choisi le développement des filières et des usines de transformation locales. En dehors du coton, l’État est en train d’organiser des filières telles que maïs, riz, manioc, anacarde, palmier à huile. Il reviendra au maestro Marcel de Souza de bien organiser les différents acteurs afin d’atteindre les objectifs fixés. D’autant plus que, pour soutenir le développement du secteur agricole, six usines de transformation de produits agricoles (tomates, ananas, agrumes, noix et amandes d’acajou, mangues) vont voir le jour et devraient être opérationnelles avant la fin du premier trimestre de 2012. En définitive, si le chef de l’Etat sera comptable de son bilan devant le peuple béninois, il n’en demeure pas moins vrai que le ministre du développement, de l’analyse économique et de la prospective Marcel de Souza a sa part de responsabilité dans la conduite des grands chantiers.